Trêve de salamèques.*

Très cher visiteur,
Bienvenue à toi dans la saison 2 de JNSPUF! qui, nous l’espérons, sera plus complète que la saison 1 précédente qui était légèrement en mode grève des scénaristes à Hollywood. Mais à nouvelle vie, nouvelle base. La nôtre se situe dans la charmante ville bretonne et comme :
1. A Rennes, il y a des concerts
2. Nous allons voir les concerts
3. Nous pouvons donc PARLER des concerts que nous avons vu.

Théoriquement l’épisode 1 de cette nouvelle saison devrait être le concert de Peter, Bjorn&John (c’était bien) mais comme on crée de la complexité dans la narration, on entame directement l’épisode 2 (du rythme! du rythme!) qui ne sera pas en allemand sous titré (bien que la projection du Ruban Blanc de Michael Haneke ait fortement traumatisé Cassius).

Episode 2 : Plantons le décor (featuring le Jardin Moderne).

La soirée du vendredi 7 novembre fut déterminée par la décision inopinée d’aller voir des groupes pas connus dans un lieu lointain et underground. Le **trajet fut fabuleux :** appartement-métro** (sous** la pluie) arrêt de métro-arrêt de bus (sous la pluie)** annonce par la conductrice **de bus que ‘si si le terminus c’est bien l**à et pas dans quat**re **arrêts’ solitude dans une zone industrielle (sous la pluie) naufrage glorieux et humide sur les rivages du Jardin Moderne.**

L’objectif de la soirée était les Lanskies dont nous gardions un souvenir ému***. Depuis le festival Beauregard, nous avions développé une légère addiction à ‘However’ ainsi qu’au très classe et sautillant gallois qui tient le micro (la petite boule de poil la plus enthousiasmante que nous ayons vu depuis longtemps). Inutile ne s’étendra pas sur le fait que le bassiste, bon bah voilà quoi, parceque c’est un article commun, mais croyez la, le bassiste, bon bah voilà quoi quand même un peu.

La première partie des Lanskies et de Lala Power (oui. Lala Power.) s’installe : Goldfish Don’t Bounce sont angevins, quatre et fringants. De plus, ils ont visiblement écouté ce qu’il fallait pour jouer ce qu’il fallait écouter : Arctic Monkeys, The Strokes, et tout pleins de bonnes choses (comme dans les Super Nanas un peu mais en moins effrayant). Concert très sympathique, des intros et des breaks hautement respectables, ainsi qu’une très digne reprise de 5 Years de David Bowie. On se retrouve malgré nous à bouger d’abord le pied, puis la jambe, puis à tressauter d’une fesse (sale!) et enfin, avouons le, à se dandiner franchement. Se dandiner franchement, certes, mais de manière plutôt discrète car la salle est grande mais le monde peu nombreux.

Vient ensuite Lala Power, quatre longues choses dont le regard flou est cerné de khôl commencent à installer leur matos sur scène. La première impression fut très positive de par la veste du guitariste doublée d’une Gisbon Les Paul de gaucher. Le concert commence : musicalement il y a peu de choses à redire : de très bonnes compositions pysché-rock, des boucles et effets bien gérés, et un ensemble finalement vachement bien, même si on préfère peut être ce qu’il y a sur le Myspace à une version live moite, diluée dans l’alcool et qui avait l’air mieux vécue de l’intérieur.

Puis viennent les Lanskies, toutes Wayfarer dehors, et l’ambiance change radicalement. Les yeux se rallument, les gens s’approchent pour apprécier l’ambiance “intimiste” d’une intro accoustique qui annonce le “crescendo” qui va suivre. En effet, Lewis-le-chanteur relance le public qui se retrouve à bouger et à sourire bêtement. Des rythmiques rock, une batterie très post-punk, et une voix quelque part entre Robert Smith et un Eddie Argos (d’Art Brut) qui aurait pris des cours de chant donne le sentiment d’être malgré tout passé à un niveau supérieur musicalement (avec tout le respect pour les autres groupes). L’effet Lanskies est implacable, en une poignée de chansons, on a déjà envie de sauter sur scène et danser convulsivement comme le chanteur sauf qu’en plus on a l’impression de regarder des potes en train de jouer. Au milieu d’une chanson, on a ainsi droit à leur récit des dérives nantaises de la veille (incluant entre autres un bar gay, un mensonge sur un passé en milieu carcéral, et une moustache).

On ressort complètement euphorique, et ceci malgré la perspective de devoir rentrer de la zone industrielle après le dernier métro, soit à pied. Belle performance donc.

****

*Trêve de salamèque = Trêve de salami à la Mecque puisque de fait les gens qui vont à la Mecque sont musulmans et ne mangent pas de porc. Ceci était un message de la Dictatrice.

**Bafouille.

***Emu = long slam, chaussures lourdes dans le visage, rencontre inopinée de poitrine inconnue au bataillon et de billet de 20€.

****En fait, un mec nous a ramené en stop.

Be quiet, listen, i’m not this kind of person :
Arctic Monkeys – Dance Little Liar

The Whitest Boy Alive – High On The Heels

Cassius&Marion.