Watch this ! Watch this !

(Avertissement au lecteur : Comme vous me voyez là, je filerais bien la métaphore de l’épisode de série TV encore pour cette nouvelle review de concert, étant donné le fait que c’est censé être la deuxième saison de JNSPUF! (délocalisée à Rennes pour l’occasion) mais ça inclut de trouver un titre à la con à ce troisième épisode. Milles excuses donc s’il manque d’originalité, mais il s’agit d’un refrain qui est damn god so catchy et qui reste dans la tête.)

Episode 3 – Da!na!na!na!nay! KROYD!

Il y avait un mélange d’excitation et de grandes attentes fondées dans cette deuxième virée de l’année à l’Ubu pour JNSPUF!, en effet, on avait entendu parler des Glasgowiens de Dananananaykroyd (avec 5 “a” sinon c’est pas drôle), on était aussi au courant que les Servant, c’était fini et que Dan Black-le-chanteur avait sorti un album, apparemment très bon, et on était confiant sur la découverte CQFD qu’annonçait cette session Inrocks Indie Club (Bertram Wooster).

Tirant les leçons du passé (c’est à dire l’épisode 2), nous nous somme gentiment pointés à l’Ubu pour 21h, et avons aperçu du coup la dernière chanson de ce cher CQFD à la chanson folk-pop sympathique, ukulélé, refrain Cocoonien, tout ca tout ca. “Ah bon, c’est la fin, ah euh déjà, ah bah ok.”.
Petite montée d’adrénaline donc, au fur et à mesure que Dananananaykroyd installe sur la petite scène de l’Ubu un dispositif scénique relativement atypique puisqu’au final tout les instruments sont doubles mis à part la basse. Quatre petits coups de baguette et le déchaînement punk-funk des 6 écossais aux cheveux épanouis et aux pantalons serrés peut commencer. Des cris, des batteries rapides, des changements constants de signature rythmique/tempo, des guitares enchevêtrées& joliment dissonantes : une très grande sympathie se dégage très rapidement de la scène (sauts synchronisés, fréquentes descentes des deux chanteurs dans le public, reprise de Life On Mars de David Bowie à la demande du public, etc.). Mais pour Dananananaykroyd, le gros son bourrin et le punk hardcore, c’est bien gentil, mais ca ne constitue qu’un côté de leur musique autodécrite “fight-pop”. Pop donc, car entre deux rythmiques à s’en désosser la colonne vertébrale, on trouve quand même en Ecosse le temps de séparer le public en deux et de faire courir une partie vers l’autre pour se faire des câlins. On est comme ça quand on est jeunes & écossais, on trouve que le punk, c’est mieux avec des poneys quand même.

On ne peut finalement que regretter un public relativement mou (oserais-je critiquer la moyenne d’âge des rangs du fond?), et un groupe qui semble un peu dépité en quittant la scène. “Un rappel ! un rappel ! Allez quoi, soyez sympa, on voit bien que vous attendez backstage là, ah bah non, de la musique d’ambiance, c’est bien aussi..” Bon, on leur a quand même soutiré un autographe et on a pu admirer leur don en matière de ventes de t-shirt.

Après une petite pause au bar, nous reprenons nos esprits, tentons de faire table rase de l’incroyable concert précédent, et repartons vers de nouvelles aventures à la voix plus nasillarde. Le moins qu’on puisse dire, c’est que Dan Black s’affranchit véritablement de l’univers de Servant, et nous propose une setlist qui emprunte plus à la techno pour les beats destructeurs et au hip hop pour son flow impeccable (oui quand on peut chanter aussi bien, y’a des choses qui passent beaucoup mieux d’un coup) qu’à la pop (trop?) acidulée des Servants. L’ambiance est beaucoup plus intimiste, et Dan Black le souligne dans un français très correct : “J’ay l’ainmpression d’être dans votre salon ! Vous m’apportez du they?”. On le sent un peu “floppy” mais on apprécie le côté bricolage de sa boite à rythmes et son application à sampler les beats. Soutenu par un tandem basse/guitare impeccable, Dan Black nous entraîne dans son univers qui a l’air globalement plutôt impressionnant par sa diversité et sa folie, et se fend en rappel (passage obligé) d’une très belle version d’Orchestra des Servants.

Il était clair que le public était donc majoritairement venu pour voir Dan Black, (fans connaissant les paroles, etc.) mais bon du coup, je suis un peu triste pour les Dananananaykroyd qui étaient vraiment géniaux et qui avaient quand même carrément plus la patate en plus d’une technique musicale hautement plus complexe. Tant pis, je continuerais de les aduler en espérant les revoir dans un contexte un peu plus punk et avoir droit à un peu plus de calins (subtilisé par le gros con de devant, si tu nous lis, SMB!!).

Useful links :
Bertram Wooster
Dananananaykroyd
Dan Black

En ce moment, j’aime bien écouter ça :
Atlas Sound – Walkabout (ft. Noah Lennox)
Harlem Shakes – Strictly Game

One thought on “Watch this ! Watch this !

  1. Hello,
    Si tu ne fais rien vendredi 18 décembre, sache que Bertram Wooster joue au Ty Anna Tavarn avec Sunday Sunday !
    A+,
    Olivier

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