(L’article caché qui est un épisode secret.)

L’Episode Secret : Liberté. (j’écris ton nom).

La review de très bon concert, nous l’avons déjà évoqué, se mange froid. Or, la température extérieure actuelle me rappelle que malgré tout ce qu’on peut dire, les doigts c’est assez utile dans la vie et qu’éviter qu’ils tombent sur la neige constitue en soi un objectif relativement compliqué à atteindre aujourd’hui. (la transition va être violente).

C’est pourquoi le concert de Franz Ferdinand au Liberté avec les deux premières parties que chacun sait était quelque chose d’absolument incroyable avec le recul. Franz Ferdinand, il faut le recontextualiser, est quand même le groupe qui m’a poussé à écouter de l’indie-rock pour la première fois, et à ce titre les accords en strumming de l’intro de Jacqueline sont tout simplement mes premiers émois de musique respectable. Je les avais déjà vu au Rock Dans Tout Ses Etats un truc comme en 2006, et bien qu’ils aient tout déchiré à cette occasion, je ne connaissais pas suffisamment leur musique, ils n’avaient sorti que leur premier album et le son était vraiment pas génial, d’après les références ultérieures que j’ai pu avoir.
C’était donc un moment de grande musique ainsi qu’un souhait de confirmation de la puissance sonique (n’ayons pas peur des mots) du dernier et excellent album Tonight qu’espérait mon cerveau, fonctionnant en boucles de plus en plus restreintes à l’approche du concert. Il y a eu donc l’entrée dans le Liberté, puis John and Jehn, à savoir des Français vivant à Londres et tout content d’être là et d’avoir une réaction du public démagogiquement qualifiée de “bien meilleure qu’à Paris la veille”. Ils ont joué très bien leur rôle de première partie efficace, ont balancé de très bonnes chansons, entre electro ambiant et rock rythmique robotique. Le chant de John et celui de Jehn se marient très bien et comble du hasard, le chanteur a des manières très Kapraniennes.
The Cribs prennent le relai-première-partie alors que le public est déjà bien enthousiaste et entament un set qui ne manque pas d’énergie, et qui a même la gentillesse de comporter l’ex-guitariste des Smiths Johnny Marr comme trophée sur scène, tout en caban mancunien, mais malheureusement, je n’ai toujours pas réussi à percer le mystère qui est mien depuis que j’ai entendu parler des Cribs, mystère qui est le suivant : comment se fait-ce qu’un groupe d’aussi gros branleurs prétentieux se fassent produire par Alex Kapranos, soutenir par le guitariste des Smiths (les Smiths bordel!) et par Kate Nash ?

La question reste donc en suspens, parce que oui, les deux guitaristes étaient bons, voire très bons, mais Ryan Jarmans et le batteur s’étaient échappés de Sum 41 pour l’occasion, ce qui constitue au mieux un handicap.

Mais bon, cette petite déception ne restera pas bien longtemps gênante car Franz Ferdinand commence à pointer le bout de leur nez du côté de la scène, ce qui ne fait qu’exciter d’avantage un public qui a l’air visiblement de connaître son affaire ce soir là. Ils entrent finalement de manière relativement modeste et lance un Bite Hard tonitruant, qui voit une fosse se mettre à tenter de toucher le plafond du Liberté, tentative vaine il est vrai, mais néanmoins très impressionnante. Le reste du set est tout simplement à la hauteur de l’opener lancé à toute allure, les meilleures chansons n’étant évidemment pas oubliées (Dark Of The Matinee, Take Me Out et autres Do You Want To), les chansons que j’affectionne particulièrement non plus (Outsiders, Can’t Stop Feeling, What She Came For, tout simplement le meilleur moment du concert) mais le fan inconditionnel que je suis y trouvera même de véritables pépites à la hauteur du talent des quatre Ecossais (Shopping For Blood, tellement mieux que la classique Van Tango, ou même l’excellente reprise de LCD Soundsystem, All My Friends ainsi qu’une version inédite et belle à pleurer de Jacqueline, absente de la scène depuis des lustres). On aura même droit à un bassiste improvisé dans le public qui connaîtra pour le coup son heure de gloire (ou plus précisément son 3.41 de Michael de gloire) et à un quartet de batterie magistral. Ils ont fait bien plus que je pouvais espérer, ont livré un concert tout simplement parfait d’un bout à l’autre et ont même fait au delà de ce qu’on pouvait demander, à l’image de Take Me Out, qui comme décrite très justement par Pitchfork, réalise bien plus que la majeure partie des chansons d’indie-rock classique, le ralentissement funk opérant comme un dépassement supérieur des codes musicaux, une forme de ralliement quasi-universel.

Sur ces considérations hautement objectives et très professionnelles, je vous laisse, je vais écouter Julian Casablancas qui nous chante une chanson de Noël et Lily Allen, parce que j’aimais ce qu’elle faisait quand ses paroles n’étaient pas vidée de son sens espiègle (genre Fuck You).

Julian Casablancas – I Wish It Was Christmas Today

Lily Allen – Littlest Things

Ah et puis Joyeux Noël à vous les amis, avec tous les bons sentiments et les clichés que ça draine.