Décryptage post-mortem.

Chapeau les Râteaux

C’est donc moi le petit nouveau, Greenwood pour les intimes, invité par ce cher Cassiu¨s à apporter ma très humble contribution à JNSPUF!, en espérant bien évidement, que cette collaboration sera fructueuse.

Bon, trêve de bavardages inutiles, nous commencerons donc par une petite rétrospective sur la fin de l’année 2009 et un événement qui nous a tous bouleversés : non pas l’hospitalisation de Johnny mais la dissolution d’un groupe marquant de ces dernières années.

Pas celui des frères Gallagher, mais bien des Rakes, qui, le 22 octobre dernier ont donc décidé d’un commun accord (et pas après un pugilat familial) de se séparer en pleine tournée après 5 ans de bons et loyaux services rendus à Sa Majesté. La faute à qui ? C’est eux qui en parlent le mieux :

“Nous n’avions plus le coeur à jouer ensemble […] Si nous ne pouvons pas nous y consacrer totalement alors nous ne continuerons pas. Après beaucoup de discussions, nous avons tous été d’accord pour décider que nous ne pouvons plus nous y consacrer à 100% et nous regrettons d’annoncer que The Rakes se séparent”.

Petite piqûre de rappel :

The Rakes – groupe de rock britannique on ne peut plus classique :
– Quatre membres (chant, guitare, batterie, basse).
– Un nom qui commence par “ The “ aux multiples interprétations (au sens propre “ Les Râteaux “ parce qu’ils sont minces, ou alors figuré “ Les Débauchés “, “ Les Libertins“).
Ils signent avec la maison de disques V2 Records (The White Stripes, Grandaddy, Bloc Party notamment) en 2004 et font les premières parties de Bloc Party ou Franz Ferdinand (excusez du peu) dans leurs tournées européennes jusqu’en 2005 où sort leur premier album.

Et c’est comme souvent dans ce genre de moment tragique qu’on se replonge avec une pointe de nostalgie dans une discographie peu fournie à notre grand regret. Avec trois albums au compteur : Capture/Release ( 2005 ), Ten New Messages ( 2007 ) et enfin Klang ( 2009 ) qui forment tout de même un triptyque assez cohérent.

Capture/Release

Acheté il y a maintenant cinq ans parce que je m’ennuyais ferme chez mes grands-parents, je n’ai pas tout de suite accroché mais en y mettant un peu de bonne volonté, on trouve en fait une jolie pléiade de petites bombes punk-rock ravageuses. En fait, la moitié des chansons ne dépasse pas les 3 minutes ce qui n’est pas un bon point pour moi à première vue, mais on ne peut que s’incliner devant l’efficacité des Retreat ( 2’58 ), 22 Grand Job ( 1’47 ) et autre Violent ( 2’35 ). Quelques chansons plus calmes et plus travaillées comme Binary Love ou Open Book que même ta grand-mère connaît (Oooh Oooh ! Oooh Oooh !), chanson qui a fait les beaux jours des pubs CanalSat. Le second CD de la version collector n’apporte pas grand chose de plus, mis à part All to Human, paradoxalement le premier single du groupe mais qui, comme We Are All Animals, annonce le deuxième opus.

Ten New Messages

Car cet album est celui de la maturité à mon sens ( et donc mon préféré ). Le deuxième album est toujours le plus compliqué surtout quand le premier a reçu un accueil favorable.

( À ce sujet l’article qui commence à dater d’Hugo Cassevetti www.telerama.fr/musique/16916-epreuve_du_deuxieme_album.php )

The Rakes se sont calmés, les guitare ne vont pas au placard à râteaux mais sont moins énervées. Le groupe bascule peu à peu vers un esprit plus new-wave. Les chansons s’allongent, se complexifient dans le bon sens du terme, notamment sur Suspicious Eyes (deux chanteurs en plus avec la jolie voix de Laura Marling et le flow de Raxstar) qui est sûrement la meilleure chanson de l’album (de leur discographie?). Dans cette veine plus sombre on peut distinguer Time Stop Talking, When Tom Cruise Cries ou encore Down With The Moonlight. Mais pas de panique pour les amoureux des sauts de cabris, l’album cache quelques tubes plus énergiques avec le single We Danced Together ou On A Mission.

Klang

On arrive donc au dernier album au titre “ onomatopesque “ sur lequel je ne m’étendrais pas, Cassiu¨s l’ayant déjà chroniqué. Mais bon, comme je ne suis pas complètement d’accord, tout de même quelques mots pour essayer de nuancer les accusations qu’on a pu entendre sur The Rakes qui seraient à la croisée de Franz Ferdinand, Bloc Party et The Strokes. Tout d’abord les références feraient plaisir à plus d’un groupe, mais surtout je trouve que le groupe londonien a su, tout au long de ses trois albums se forger une identité propre et ceci en dépit du fait qu’ils ne partâssent pas du bon pied en choisissant un nom commençant par “ The” comme les 3/4 des groupes de la scène anglaise, identité propre qui a indéniablement marqué les années 2000. Pour terminer on assiste plus sur l’album à un retour aux sources qu’à un approfondissement de Ten New Messages, on retiendra principalement le tube 1989 (clin d’oeil à l’enregistrement qui s’est déroulé à Berlin ?), la première chanson You’re In It (qui renoue avec Capture/Release) et la dernière The Final Hill, plus proche elle de Ten New Messages avec une ligne de basse inaugurale qui ferait pâlir Interpol (enfin ça reste une expression car les Américains sont déjà plutôt livide…).

J’ai eu la chance de les voir en concert à deux reprises à Rock en Seine ( fin de l’été 2006 ) et à l’Élysée Montmartre, à ce qui a du être leur dernier concert parisien le 13 mai dernier.

The Rakes en concert, c’est un bon moment assuré avec une ribambelle de tubes, toujours une reprise de Gainsbourg (Le Poinçonneur des Lilas devient Just a Man With a Job le temps d’une chanson), de superbes mitaines rouges écarlates, mais surtout les mouvements frénétiques et uniques en leur genre d’Alan – le chanteur – sur la scène qui compensent largement une voix parfois défaillante quand Matthew – le guitariste – ne le soutient pas.

Il est vrai que la deuxième prestation fut moins percutante, sachant qu’il est facile de dire aujourd’hui “On voyait qu’ils allaient droit dans le mur !“. Mais tout de même des signes qui ne trompent pas : seulement une heure de concert, sans rappel (de toute façon la batterie et nos espoirs avait été réduit à néant par un coup de pied d’Alan) c’est un peu léger quand on dit être “ amoureux de la France “…

Mais bon, on leur pardonne, sachant que dans dix ans – et je suis optimiste – tout le monde les aura oublié, et on leur souhaite bonne chance pour la suite !

Eh bien voilà, premier article terminé, je vous laisse à l’écoute de ces quelques morceaux que j’ai pioché dans les trois albums.

À la revoyure pour de nouvelles aventures.

CQFR( = Ce Qu’il Faut Retenir) de The Rakes.