"Ils sont obligés de boutonner leurs chemises jusqu’en haut?"

S’il y a une chose que j’ai appris en lisant les articles au sujet de Vampire Weekend, c’est combien il est facile de chroniquer un disque et surtout combien il est facile de le descendre en flèche. J’aurais donc pu très facilement moi aussi, à l’instar de tous les blogueurs hype, les présenter comme les U2 de l’ère 2010, comme le fine fleur des fils à papa qui s’essayent à l’indie-rock, comme les pourcentages écoeurants de discrimination positive qui valorisent l’ethnique-chic jusqu’en dans l’industrie musicale. En bref, les taxer de groupe pour bobos attardés et m’arrêter ici. Je m’en serais ainsi retourné à des groupes bien moins exposés et aurais eu l’air tellement plus sympathique. Mais il n’est plus à souligner que Vampire Weekend est indubitablement un groupe qui divise et que (spoiler alert !) je ne me range pas de ce côté précédemment décrit. J’assume par ailleurs entièrement le consensuel mainstream mou autour du groupe au point même de trouver excellent leur deuxième album. Concrètement, je trouve d’ailleurs assez surprenant qu’un disque aussi simple et ouvert d’esprit puisse susciter une telle virulence.

Sur Contra, il n’y a pas de heurts, pas de violence, tout est contrôlé (même la toute fofolle “Cousins”) et rien n’incite à agresser E. Koenig dont la voix semble plus forte et peut être encore plus démonstrative (White Sky notamment). Les influences africaines se font à la fois plus discrètes et plus nombreuses, deux points qui sembleraient tenter de mettre tout le monde d’accord sur les qualités musicales indubitables du disque. Contra fait donc indéniablement progresser le son de Vampire Weekend, nous donne à voir leurs influences qui se mélangent de manière plus floue que sur le premier disque, et incorpore par petites touches de l’électronique très bien dosée (California English, Diplomat’s Son).
Leur deuxième disque devait révolutionner leur son, on se contentera de penser qu’il le fait évoluer, ce qui est déjà un pas que peu de groupes parviennent à franchir avec succès pour leur deuxième album. Je me suis beaucoup interrogé sur le fait de savoir s’il était meilleur que leur premier. Question évidemment beaucoup trop subjective pour être honnête, mais je crois pouvoir dire qu’un album qui parvient à demeurer aussi bon qu’un debut album sans se doter de l’effet de surprise est fatalement un disque sans doute musicalement plus abouti.
Pour en revenir aux détracteurs, Vampire Weekend, il faut le comprendre, c’est avant tout une tension entre deux gros risques : celui d’une trop grande légèreté mélodique (Exemple de critique s’inspirant de ce risque : “C’est tellement niaiseux…”) et celui d’une complexité musicologique très ennuyeuse (Autre exemple peut être plus fréquent : “Ils sont tellement snob”). Vampire Weekend navigue à vue entre ces deux écueils et ceux qui ne parviennent pas à suivre ce chemin un peu tordu manquent de toute évidence beaucoup de belles choses. Genre Horchata.

Bon et puis sinon, vous pouvez toujours investir la piscine privée de votre voisin pour essayer de faire exploser l’eau chlorée, on sait jamais ça peut marcher :