Néo-Baroque.

Episode 6 : Mangez donc de la brioche.

Après pratiquement deux mois et demi sans concerts notoires pour JNSPUF!, la diffusion de la série reprend avec cet épisode essentiellement consacré au concert d’Arctic Monkeys et des Mystery Jets. Peu de mystère donc, la soirée s’annonçait très bonne.

On pouvait malgré tout s’étonner de voir la pop-rock plutôt douce et joyeuse des 4 londoniens en première partie des plus sombres mais néanmoins sympathiques gaillards de Sheffield. Il n’en fut rien, et nos avions mystérieux firent gentiment bouger la salle aux rythmes de leur trois albums, plus ou moins electro, mais toujours très agréables et parfaitement interprétés, bien que j’ai personnellement déploré l’absence de Laura Marling pour leur mini-tube Young Love. Dommage, mais compréhensible, je la vois assez mal se pointer sur scène en plein milieu de la chanson, chanter un couplet, harmoniser un coup pour le fun, et s’en aller. Rien de plus à ajouter, concert qui a surement permis de faire connaître leur musique à un grand nombre de personnes, ce qui est toujours une bonne chose, surtout quand la musique en question est d’aussi bonne facture, et que le groupe est aussi injustement méconnu. Bon, Eagles Of Death Metal aurait surement été différent, mais au moins la première partie a chauffé convenablement la salle, et n’a pas dépassé la performance d’Arctic Monkeys, pour le coup très attendue après le set très court des Mystery Jets.

Derrière un écran de fumée apparaissent donc les 4 chevelus qui posent d’emblée une atmosphère très stoner avec l’excellente Dance Little Liar, et son solo final qui en a fait frissonner plus d’un. L’enchaînement se fait au pied levé et Brianstorm est lancé à toute berzingue (comment en être autrement de toute manière avec cette batterie-cavalcade, je pose la question.) déchaînant un public qui n’attendait de toute manière plus que l’étincelle qui mettrait le feu aux poudres. Suivent ensuite des morceaux plus modestes dont une reprise de Nick Cave & The Bad Seeds inconnue à mon bataillon et un inédit un peu superflu à mon goût (Catapult). Puis c’est à nouveau du bon Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not qui revient sur le devant de la scène, et l’on ne peut que constater l’importance de l’album aux yeux de la quasi-totalité du public présent qui connaît (et crie) toutes les paroles par coeur. Quelques morceaux de Humbug plus tard (notamment le très surestimé Cornerstone ainsi que la beaucoup plus drôle Potion Approaching), survient ce qui fut à mes yeux l’un des pics du concert : When The Sun Goes Down, au démarrage absolument classique, mais néanmoins absolument irrésistible. Le chorus de Secret Door est prétexte à une explosion de confettis en tout genre et le public se donne à coeur joie : “Foooools on paraaaaade!” Le concert se termine sur deux rappels, extraits de Favourite Worst Nightmare : Fluorescent Adolescent et 505, qui scotchent définitivement le public au plancher, public pourtant à terre depuis bien longtemps.

Le point noir habituel d’un concert d’Arctic Monkeys n’est donc pas leur setlist maîtrisée d’un bout à l’autre, alternant stoner mélancolique et dynamique à ressort, mais leur réputation de rock-star blasées (selon bon nombres de critiques). Je tendrais à penser pour ma part que si j’ai également ressenti ce détachement, c’est surtout leur cheveux qui sont en cause, le batteur, seul membre qui possèdent encore des yeux non dissimulés, distribuant ses sourires à qui mieux mieux. A débattre donc.
Ah. Et j’en profite pour dire que JNSPUF! a eu un an le 24 janvier dernier, et que ca m’a fait chaud au coeur de constater avec le recul à quel point les débuts étaient mauvais. Et aussi, puisque l’heure est aux annonces, que la nouvelle catégorie “retrospective” qui a vu le jour en même temps que Greenwood sur ces pages tentera de faire le point sur un artiste ou un disque décédé effectivement ou médiatiquement. Je vous promet, ca sera moins glauque que ça en vrai.
Bon et puis j’ai vraiment pas le choix, je vous file le lien pour que vous alliez admirer la vidéo très créative de Young Love et un petit peu de cosmopop de Brooklyn déjà has-been.
Young Love – Mystery Jets_ 
Surprise Hostel – Fool’s Gold_