"Comment ça The XX sont remplacés par These New Puritans?"

Avant-propos : La Route du Rock collection hiver est un festival à majorité de vieux. Pas de vieux croûtons mais plutôt de vieux lecteurs Télérama-Inrocks. En conséquence, l’ambiance y était chaleureuse et conviviale mais loin d’un festival digne de ce nom, d’ordinaire riche en détérioration de membres contre les barricades et autres accolades fracassantes. L’avantage, c’est qu’il devient très facile de déceler les groupes qui remportent l’adhésion du public, et l’on peut sans conteste affirmer qu’il y en a eu quatre à susciter l’enthousiasme, répartis sur les deux jours du festival.
Day One
Le festival s’ouvre sur les Fiery Furnaces, groupe réputé pour ses performances lives aussi déroutantes que leurs albums. On ne peut effectivement qu’être surpris voire désorienté par la complexité des morceaux, qui contrastent avec le caractère très brut du “matériau sonore” utilisé. La voix d’Eleanor Friedberger associée aux tonalités de la guitare de son frère Matthew donne une tonalité plutôt blues à l’ensemble, mais la structure des morceaux rebute plus qu’elle ne fascine (au contraire de Clues le jour suivant pour faire un petit flashforward). Le problème est à peu près similaire à ce que rencontre le math-rock le plus expérimental, style Giraffe Giraffe!, où le public se contente d’opiner du chef, ne pouvant faire guère plus avec un enchaînement arpèges en 12/8, refrain 3/4 et accélération de tempo en 5/4. C’était ici le même problème, même si un peu moins radical.
Vient ensuite ce qui fut l’un des moments les plus flamboyants de la soirée, si ce n’est du festival entier, les très impressionnants Beach House. Le décor est immédiatement planté avec une ambiance sapins en mousse et paillettes argentées qui ravit le public, dont la moyenne d’âge a subitement rajeuni face au fond proposé. Le duo s’installe, augmenté de leur batteur de concert, et leur pop stratosphérique s’installe dès les premiers accords plaqués par Victoria Legrand sur son piano électrique. Les morceaux s’enchaînent avec un naturel impressionnant et transportent à chaque fois un public de plus en plus béat d’admiration devant la force mélancolique des trois américains. Les Inrocks en sont tombés amoureux, et nous aussi, beaucoup.
Ensuite vient Jackie-o-Motherfucker, concert que l’on peut décrire comme un long réglage des balances de 45 minutes, avec à peu près le même effet léthargique sur le public, et où on y trouve également à peu près le même genre de réactions hors-sujet : ” – (roadie) One, Two, One, Two, Test, Test – (public) WOOHOO ! ONE TWO !”, sauf que J-o-M ne chantent pas. Ils font du gribouilli arythmique. Je me suis ennuyé puis je suis parti parce que honnêtement, il y a des groupes qui ne donnent strictement rien à voir en concert.
Heureusement, la suite s’annonçait intense, sombre et méchante. The Horrors rentrent en scène, et lancent la machine garage bien huilée par un Mirror’s Image d’anthologie. Les ténébreux londoniens emmenés par le très impressionnant (et très illuminé) Faris Badwan déroulent ensuite la quasi-totalité de Primary Colours (à l’exception d’un Whole New Way très honorable), balançant avec autant de noirceur et d’énergie le krautrock de Three Decades que le shoegazing de Scarlet Fields. Le final absolument superbe Sea Within A Sea fut apocalyptiquement incroyable ce qui fait beaucoup de qualificatifs pour une seule phrase, mais quand même.
Malgré la lessive assez intégrale du concert précédent, on était quand même curieux de voir ce que pouvait donner un concert de Beak>, projet de Geoff Barrow, producteur du dernier album des Horrors sus-décrits (best new transition : 9.8 !), aussi connu pour être le bassiste de Portishead.  On apprécie l’originalité de la formation (basse au centre – batterie – synthétiseur-modulateur), même si les premiers morceaux restent trop expérimentaux pour remporter un franc succès. Au fur et à mesure, on parvient malgré tout à rentrer dans leur univers complexe et à suivre les cavalcades rythmiques du projet, à défaut d’en saisir le sens mélodique. Pour faire une comparaison un peu plus éclairante, on peut comparer  le concert aux jolies choses qui arrivent sur le Dashboard de Tumblr, parfois on ne comprend pas le sens de la photo qu’on a sous les yeux, on est juste ébloui par les paillettes, on les trouvent un peu superficielles, mais on aime  bien quand même.
Turzi, ça devait être bien, mais on l’a joué papy-style-dodo-2h, et on a pas vu.
Day 2 coming soon !
Oh et j’allais presque oublier, mais en fait, Foals et Kate Nash ont tout deux sorti un extrait de leur nouvel album, et ca fait très très plaisir à écouter :
Spanish Sahara – Foals_
I Just Love You More – Kate Nash_