"Comment ça These New Puritans sont remplacés par The Tallest Man On Earth ?"

Day 2

La deuxième soirée de la Route du Rock hiver commençait par Clues, des montréalais relativement discrets, mais nous faisant l’agréable plaisir de comporter nombreux dissidents d’Arcade Fire et des Unicorns. En toute honnêteté, il serait simple de comparer ce premier concert avec la soirée précédente et de constater qu’à la différence des Fiery Furnaces, la tempête canadienne avait emporté le public après à peine 30 secondes d’introduction, en grande partie grâce à des rythmes complexes, puissants (et pour cause, les deux batteurs y sont surement pour beaucoup) mais surtout maîtrisés. Car, les montréalais sont certes peu connus – la faute sans doute à des compositions tordues, malaisées, volontairement difficiles même – mais disposent d’un potentiel insoupçonné lorsqu’il s’agit de faire danser un public pendant une heure. Ils l’ont très largement prouvés, en mêlant des crescendos pop mélancoliques aux rythmes rock les plus fous qu’ils soient donnés d’entendre, le tout emmenés par un chanteur au falsetto parfait, d’autant plus surprenant de la part d’une personne ayant la particularité de ressembler à un expert-comptable en service. Les trois rappels furent exceptionnels, avec en final majestueux Ledmington, tout simplement la chanson la plus représentative de l’énergie/folie/mélancolie du quintette.
Venait ensuite les Texans de Shearwater, qui sont à ranger sagement pour tous les hipsters dans le tiroir des genres sous le label “dreampop”, soit dans le même sac que les Beach House de la veille, à ceci près qu’il n’y a vraiment pas de rapport entre les deux groupes, si ce n’est un certain goût pour la rêvasserie moite, qui semblait de toute manière être partagée par la majorité des groupes du festival. Tout cela pour dire que Shearwater est un groupe sympathique, mais qui ne m’a convaincu qu’assez modérément, la faute peut être à une voix à la Chris Martin, peut être à une overdose de mélancolie justement. Je ne sais pas, mais ce n’était pas le concert du siècle.
Le truc qui était bien avec The Tallest Man On Earth, c’est que c’était un mec qui, à la base, n’avait pas trop de pression. Non, c’est pas vraiment comme s’il avait du remplacer au pied levé le groupe censé remplacer la tête d’affiche du festival, ayant annulé l’ensemble de sa tournée pour aller à des funérailles en Angleterre. Je pense que ça se gère à l’aise ce genre de situation. Bon, il faut dire qu’il était un peu aidé dans sa lourde tâche, puisque sa folk épurée à l’extrême (guitare/voix) ne ressemblait ni de près ni de loin aux groupes qu’il avait pour mission de remplacer. Pendant que d’autres faisaient leur deuil autour d’une bière apparemment plus réconfortante que notre suédois sur scène, j’en profitais personnellement pour apprécier le talent du charismatique jeune homme à composer d’habiles chansons folks dans la droite lignée du jeune Bob Dylan. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la Route du Rock venait de me surprendre par deux fois ce soir-là.
(On signalera au passage le très bon goût des DJs qui a eu le culot de passer un remix de Crystalised entre les deux concerts. Big up les gars, les gens ont du bien kiffé je pense.)
Bon c’est pas tout, c’était sympa les petites ballades à la guitare et tout et tout, mais Local Natives se faisait quand même sacrément attendre après tout ça. Et pour cause : ce qui était un recueil de pop-songs aussi illuminées qu’inventives sur CD (l’excellent Gorilla Manor) s’est métamorphosée sur la scène de l’Omnibus et sous mes yeux ébahis en une monumentale claque dans ma tronche. Je ne suis toujours pas véritablement remis mais le mélange harmonies à trois voix,  percussions  montées sur ressorts et habiles mélodies était absolument divin.
Il restait Clara Clara pour conclure, et je dois dire que je n’ai pas véritablement d’avis sur la question. La voix de François Virot est très agressive, la batterie est très mise en avant, ce ne sont pas les Animal Collective français (je sais plus où j’avais lu ça, mais s’ils me lisent, ils se sont TROMPES), et je ne réécouterais pas en boucle les chansons, mais dans l’idée, le concept a priori, j’aime presque bien.
The End
Et puisque c’est la fête ce soir, Kate Nash a ressorti une autre chanson pour aller avec le printemps qui arrive, avec un clip délicieux retro-nunuche à souhait. Et autre message personnel : les danois d’Efterklang ne sont pas aussi bizarres qu’ils en ont l’air, donc allez voir ce que ça donne, peut être que vous aimerez vous aussi. Ou réécoutez l’album de Two Door Cinema Club, il est bien si vous vous donnez la peine de bien l’aimer.
Kate Nash – Do Wah Doo_
Efterklang – Allke_