"Non mais des bruits de laser quand même quoi !"

Pour faire court, on définit fréquemment la hype comme une vilaine bulle qui ne demande qu’à éclater à la sortie d’un album. On était donc extrêmement curieux de voir comment les Two Door Cinema Club, soit le groupe ayant le plus buzzé ces derniers mois (avec notre modeste contribution, ça va de soi), allait se tirer des déceptions potentielles inhérentes à la sortie d’un album tel que ce Tourist History.

Comme l’Acolyte de Delphic quelques mois plutôt, l’album une fois sorti n’a pas suscité de réactions particulièrement vives dans le petit monde de la blogosphère, étant entendu qu’il a été énormément écouté depuis la sortie de Something Good Can Work, a leaké quelques semaines précédant sa sortie, et était en écoute en avant-première un peu partout. On peut même considérer que ne pas l’écouter avant sa sortie constituait une résistance très active de ma part.
 

Le topo avait déjà été fait sur ces mêmes pages concernant les tubes immédiats que sont Do You Want It All, I Can Talk, et autres Undercover Martyn donc l’idée serait plus maintenant de voir ce qui change véritablement sur ce premier album.
 Premier point : la production de Philippe Zdar (producteur du dernier album de Phoenix notamment) est immédiatement reconnaissable à la forme de glacis posé sur les morceaux des irlandais, qui se rapproche effectivement du Wolfgang Amadeus Phoenix des versaillais. Tout paraît plus léger, synthétique, et plaisant à écouter.
 Autre différence notable est le sentiment plus lâche qui se dégage de l’album dans son ensemble. Alors que les premières démos semblaient enchevêtrer les pistes comme si les irlandais jouaient les uns sur les autres, la nouvelle production fait de la place dans les compositions, laisse dialoguer les instruments sans pour autant en ôter la fougue nerveuse qui les caractérisent.
 Pour ce qui est des nouveaux morceaux, il reste dans la même veine de composition : rythmes fous, légèreté mélodique, guitares aériennes-saturées-clean. What You Know se démarque autant du lot que This Is The Life s’oublie bien vite.
Le gros point noir de ce disque reste qu’il a été beaucoup surestimé, les Two Door Cinema Club étant effectivement l’essence de tout ce qui se fait de mieux en matière d’indie-pop, ce qui n’en fait pas d’eux le groupe parfait pour autant. A fortiori, leur disque n’est pas non plus parfait, malgré les nombreuses tentatives.
Les erreurs ne sont pas absentes, car Tourist History est un disque de control freaks, composé par trois jeunes gens en constante évolution, influencés chaque jour par leurs nouvelles découvertes musicales. Leur sens du détail les poussent d’ailleurs vers des compositions toujours plus extrêmes et complexes qui noient la mélodie innocente sous des superpositions parfois incroyables, parfois simplement déroutantes ou encore sous des tonnes d’écho et de réverbération.
Apprécier Two Door Cinema Club, c’est tout simplement ne pas se laisser prendre au piège de leur mélodie facile, de la légèreté de la production, de l’innocence de leurs sentiments, c’est se prendre dans la tronche leur folie créatrice, leurs délires parfois trop guimauve, parfois trop perfectionniste. Même les petits bruits de laser sur Undercover Martyn ont (parfois) du charme.

Bon, et pour conclure du bon vieux post-punk qui fait plaisir et un petit avant-goût de mon article sur les geeks et le math-rock, pour faire monter le suspense (ouh!) :

Gang Of Four – Damaged Goods_
Battles – Race : In_