Aïe Aïe Aïe Aïe !

Heureusement il y a Hey Hey My My…

C’est à peine remis de mes désillusions footballistiques du jour que je me penche sur le nouvel album de Hey Hey My My, le bien nommé A Sudden Change Of Mood.

J’avais quitté le duo français à l’issu d’un concert folk “HHMM + Syd Matters” (où ils avaient d’ailleurs tenu la dragée haute à ces derniers), et voilà qu’on les retrouve dans un registre résolument plus rock comme en témoignent le titre et la pochette de l’album : le paisible arc-en-ciel a laissé place à un jumeau tout feu tout flamme !

À quoi est dû ce revirement de bord ? D’abord à l’arrivée d’un troisième membre, un batteur qui a remplacé les boîtes à rythmes et mis son grain de sel dans la composition des morceaux. Mais surtout à une envie de se détacher de cette étiquette “groupe folk”, alors qu’ils le disent eux mêmes : “Notre premier album était très proche des démos qu’on avait enregistrées chez nous : on avait des guitares acoustiques parce qu’on ne pouvait pas faire beaucoup de bruit” ! Ce à quoi on peut ajouter leur volonté de faire appel au producteur américain Tony Hoffer (Supergrass, Beck, notamment) pour renforcer le son rock qu’ils recherchaient.


Avec tout ça et ayant beaucoup aimé le premier album, je me retrouve quelque peu désappointé… Désappointement que la chanson inaugurale est loin de dissiper “One voice and one guitar, we are ready for war“, le ton est donné et confirmé par un riff de guitare limite punk.

Heureusement (pour moi) tout l’album n’est pas de cet acabit et les douze chansons font finalement miroiter un paysage musical assez varié.
Une partie des chansons est résolument rock comme le très bon Groove Combat ou bien Pool qui ne sont pas sans rappeler Weezer mais attention car on frise parfois le mauvais rock FM avec Oh LordNot Fun Anymore part dans tous les sens comme une chanson de Queen à qui elle emprunte les notes de piano. On lorgne parfois vers la new wave et vers The Strokes avec l’étonnant Jazzol.
Mais pas de panique, on retrouve tout de même des chansons qui auraient pu figurer sur le premier album comme le ravissant (oui c’est le mot !) Hopeless Girls ou le duo The Next BarYou Look All the Same to Me en fin d’album.
Les deux chansons qui s’imposent sur les autres rappellent pour l’une la pop de Phoenix : We’re not Meant to Last (lalalalala lalalalala ♪♫) et pour l’autre la dance de Maroon 5 : Go to Hell.

Le dernier morceau résume bien l’évolution du groupe, un bon compromis entre des aspirations folk passées dans les couplets et des refrains qui envoient plus de bois (et en bonus une balade country rigolote comme tout). Contrairement à ce qu’on pourrait croire de prime abord les HHMM ne se sont pas perdus, leur force est d’avoir réussi à garder une unité et une personnalité qui font que cet album se place d’avantage dans la continuité que dans la rupture avec le précédent opus.

We’re not meant to last_

Go to Hell_

Sur ce je vais ruminer la défaite lyonnaise…

À la revoyure !