Time for the débile.


Revenue des tréfonds de mon mutisme (cette jolie phrase avec du vocabulaire vise à me faire pardonner mon titre lamentable), laissez moi vous parler de John & Jehn.

Au départ, il y a Camille et Nicolas, français (même pas parisiens en plus), amoureux, vaquant à leurs occupations musicales au sein de Asyl pour lui, de Motel pour elle. Ensuite il y a une démo “l’amour ne nous déchirera pas” en 2005 (on y trouve 20LO7, qui reste une des meilleures chansons du duo) qui tombe dans les bonnes oreilles.
Après ils partent à Londres et enregistrent tranquillement leur premier album éponyme (2008). Succès au moins d’estime, tournées en France (les Transmusicales et la Route du Rock entre autres, signe de qualité s’il en est) et en Angleterre, premières partie prestigieuses (The Kills ou Franz Ferdinand pour ne citer qu’eux) et enfin le second album “Time for the devil”, sorti il y a quelques semaines.

 
Le premier album avait un son très Lo-Fi qui faisait notamment penser au Velvet, c’était en grande partie attribuable au fait que John et Jehn avait enregistré dans une chambre en jouant eux même de tous les instruments (elle manie le clavier et la guitare, il se charge de la batterie et de la basse). Il ont d’ailleurs longtemps tourné seulement tous les deux, avec en guise de batteur une boîte à rythmes (oui, il y a un coté The Kills chez ces deux là).

Le second opus a été enregistré dans un studio avec quelques musiciens en renfort, et ils auraient pu y perdre leur fraîcheur et leur côté un peu crade qui était quand même très sympa. Mais non. Parce qu’ils sont très forts et que Time for the Devil est, selon mon humble avis, une réussite. Un disque qui dégage une vraie ambiance, sombre, complexe et sinueuse. Le couple a déclaré avoir voulu parler de dédoublement, de claustrophobie, d’intimité, et on ressent effectivement tout ça. Le tout dégage aussi une vraie énergie et fait souvent monter la pression avant d’exploser.

 

Entre la belle histoire (le couple de jeunes et jolis français qui partent vivre leur musique et leur amour à Londres) et le soin porté aux visuels (le groupe travail en étroite relation avec leur graphiste et ami, et les artworks sont toujours très travaillés, leur premier album était par exemple constitué de deux CD, un John et un Jehn), il serait facile pour eux de tomber dans la pose ou le cliché, mais c’est un album avec une vraie épaisseur que nous propose le duo. Écoutez John & Jehn. Et allez les voir en concert ça déchire.

3 thoughts on “Time for the débile.

  1. De toute façon nous avons une ligne éditoriale très stricte en ce qui concerne les titres à la con. :)

  2. et tant mieux !
    en parlant de J&J, je suis censée le chroniquer pour aujourd'hui, et vu toutes les reviews trop bien qui sont sorties dessus, j'ai la pression (oui, c'est un commentaire utile)

Comments are closed.