You don’t have to suck dick to succeed.

J’aime bien Kate Nash. J’aime bien sa voix, sa façon de poser les mots, son accent cockney. J’avais bien aimé son premier album comme agréable ensemble de pop-songs légères et comme introduction  à une chanteuse que je trouve assez fascinante. J’avais donc plutôt hâte de voir ce que pouvait donner un second album. Je ne sais pas d’où me vient cette conviction, peut être d’une trop grande étude de la discographie de Radiohead, mais pour moi, une carrière musicale se doit d’être une évolution de disques conceptuels. Je sais pertinemment que c’est stupide, mais je ne peux pas m’empêcher d’attendre un nouveau disque dans l’espoir d’une quelconque “évolution” (voir à ce sujet le nouvel album de Foals qui me ravis en tout point, mais qui ne sera pas chroniqué ici pour l’instant, car comme je l’ai évoqué maintes fois, je suis fétichiste des dates de sortie d’album. Rendez vous le 10 mai donc).
L’intérêt et “l’évolution” majeure de My Best Friend Is You est qu’il est surprenant, même pour des gens connaissant bien Kate Nash. On savait déjà qu’elle cultivait savamment une schizophrénie très amusante, capable de passer de la tuerie art-punk vulgaire à la comptine guimauve cupcakes-flowers en un clin d’oeil, et pourtant on se demande ce que Mansion Song ou I’ve Got A Secret font dans la tracklist. Non pas qu’elles soit particulièrement nulles, ni particulièrement surprenantes de sa part, mais juste simplement parce qu’elles sont étranges et dérangeantes.
Il est donc très faux de dire que le disque n’offre aucune surprise. Il n’est pas encore l’album de la maturité : plusieurs pistes sont explorées sans grande cohérence générale.  Pour autant, les pop-songs plus classiques de l’album ressortent grandies du contraste avec les pistes les plus expérimentales. Mansion Song et Early Christmas Present sont très drôles l’une à la suite de l’autre. Et puis il y a d’autres contrastes tout aussi amusants : la logorhée absolument géniale de Don’t You Want To Share The Guilt qui précède I Just Love You More où toutes les paroles de la chanson tiennent (quasiment) dans le titre.
Plus varié, plus fou, plus révélateur des multiples facettes de Kate Nash, sans pour autant délaisser ce qui fait son succès (les hymnes pop sucrés que Do-Wah-Doo synthétise parfaitement), ce nouvel album  est donc une réussite,  d’autant plus qu’il est porté par une production bien meilleure que celle de son prédécesseur, même si l’on regrette que, comme Paul Epworth sur Made of Bricks, le nouveau producteur ait méticuleusement détruit tout ce qui faisait le charme des premières demos Myspace, pour balancer la réverbération à tout va, ou pire l’instrumentation un peu hasardeuse des fois. Je reste persuadé que tous ces violons n’étaient vraiment pas absolument indispensables. Mais bon.
Et hop deux chansons à écouter en attendant que Greenwood rentre de vacances et que je puisse me reposer un peu :
Kate Nash – Don’t You Want To Share The Guilt_
Kate Nash – Early Christmas Present_

2 thoughts on “You don’t have to suck dick to succeed.

  1. "Je reste persuadé que tous ces violons n'étaient vraiment pas absolument indispensables."
    Sur ce point, je suis d'accord.
    Je n'ai découvert l'album qu'aujourd'hui et je ne l'ai écouté qu'une fois pour le moment. Non pas que je ne trouve pas cet album plaisant et plutôt réussi, mais je ne retrouve pas le charme du premier.
    Mais je reste toujours aussi admirative devant Kate, KATE NASH quoi :)

    Sinon, sympa ce blog! ;)

  2. Well, ca peut venir au fil des écoutes. J'avais beaucoup de mal avec Do-Wah-Doo au début et finalement je la trouve géniale. Il est moins immédiat, mais au final je le trouve au moins aussi charmant.
    Et merci :)

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