"De toute façon Operator Please, c’est surtout intéressant pour la violoniste hein."

On parle souvent, et à juste titre, des groupes qui “passent le cap du deuxième album” avec brio. Surtout cette année, où bons nombres de groupes s’engagent dans la voie difficile du “sophomore”, tantôt retour de bâton d’une hype vengeresse (Cajun Dance Party, Mumm-Ra) ou tantôt éclatement au grand jour d’un talent caché (The Horrors, qui ne sont pourtant pas des adeptes du grand jour). Dans le second cas est ainsi mis en avant l’extraordinaire capacité du groupe à se réinventer, ou alors à renouveler une formule éprouvée mais qui apporte son lot de nouveauté nécessaire à faire vendre l’album/reconnaître la crédibilité du groupe. On peut ici citer Total Life Forever ou Congratulations, deux récents albums qui méritent d’être reconnus pour ce qu’ils sont : des oeuvres musicales accomplies, riches, et en accord avec les groupes qui les ont produits.
Et qu’en est-il des groupes qui n’ont pas réussi à passer ce cap ? Ce genre de groupe qui sont retombés dans l’anonymat le plus complet une semaine après la sortie du deuxième album, les années 2000 en regorgent : 1990s, The Fratellis, CSS, etc. Plus récemment, j’ai été déçu par le deuxième album de deux groupes laissant pourtant présager de grandes choses : les sautillants Operator Please, et les plus funk-cool The Sunshine Underground.
(Ils ont l’air quand même moins drôles que quand ils s’entretuaient dans un bain de peinture n’empêche.)
Sur Nobody’s Coming To Save You, le deuxième album des lads de Leeds, TSU donc, il y a certes quelques chansons qui renouvellent l’esprit du groupe, leur approche à la musique, qui pousse l’expérimentation sur le sample de guitares et de batteries un peu plus loin, mais rien qui suffise à créer un album vraiment intéressant. De manière plus générale, ce qui agresse les oreilles, c’est la production beaucoup trop lourde, complexe, pour des groupes qui nous avaient habitués à un son très sale, beaucoup moins poli. Pour un peu, on chercherait les caractères S U M 41 au dos de l’album, en petit, quelque part, pour expliquer le caca qui vient d’entrer très douloureusement dans nos oreilles (charmante métaphore, vous en conviendrez). 
C’est le défaut majeur, qui souligne la complexité qu’il y a dans l’appréciation d’un disque, une sorte d’équilibre très fragile entre les différentes pistes, et surtout une affaire d’urgence sonore indispensable chez des groupes comme Operator Please ou The Sunshine Underground. C’est ce son “commercial” qui freine, et ne parvient ni à séduire les fans de la première heure, ni les grosses radios, trop perturbés par les tics de musique indie qui persiste sous la production aux gros sabots. On espère en tout cas ne jamais croiser Operator Please ou un quelconque extrait de Gloves sur NRJ un jour.
Il y aussi parfois un sentiment particulier, associé à un groupe lui aussi très particulier, qui peut expliquer une déception musicale. Un songwriting, des mélodies, un processus d’écriture qui, s’il est modifié, peut risquer de détruire ce qui avait fonctionné à merveille sur le disque précédent.
Heureusement, il y a parfois un troisième album qui peut tout rattraper. Et il y a de toute manière beaucoup de bonnes surprises et d’excellents deuxièmes albums pour ne pas s’attarder sur les mauvais albums et bien vite se remettre Crash Tragic_ ou Borders_.

Operator Please

The Sunshine Underground

Et il y a les mecs qui n’ont que 400 écoutes sur leur Myspace, malgré une élégance de suédois à tomber par terre :

Simian Ghost – Star Receiver_

4 thoughts on “"De toute façon Operator Please, c’est surtout intéressant pour la violoniste hein."

  1. Parce qu'on ne peut pas le dire sur le site sans y être inscrit, la playlist 'Crazy rhytms' est un sans faute, parfait. ;)

  2. Je crois avoir déjà prononcé le titre de l'article dans le cloître. Non ?
    Gautier

  3. Perdu ! C'était à la maison des asso après le spectacle d'articule, mais dans l'idée ouais, spéciale dédicasse à toi + Taylor quoi.

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