"Help yourself, help the rest, inhale/exhale."

Après Hey Hey My My et The Sunshine Underground/Operator Please, c’est au tour de Foals de nous livrer Total Life Forever, un deuxième album très attendu, puisque fini d’enregistrer depuis bien longtemps déjà. Bon, en vrai il a leaké il y a plus d’un mois, mais on s’en fout, on va faire comme si.

Pour comprendre la logique de Total Life Forever, il faudrait dresser un parallèle avec Congratulations, le deuxième album de MGMT. Ce nouvel album est comme celui de MGMT, un disque qui tente d’échapper aux reproches traditionnels du deuxième album, un disque extrêmement complexe qui n’offre que très peu d’immédiateté, et axant sa démarche artistique sur une grande recherche musicale, pour faire chier ceux qui ne comprennent pas l’univers Foals/MGMT, et qui veulent juste gueuler et danser sur Kids/Hummer. Le disque abrite donc des centaines de sons différents, d’échos en cascade et autres superpositions de couche à l’infini.

Et pourtant, impossible de se tromper, ce nouveau disque sonne comme Foals. Un Foals down-tempo et avec un changement de voix, mais quand même. On retrouve les guitares claires et aiguës, les mélodies qui se complètent et tout pleins de belles choses du même style. Le disque gagne en richesse d’ambiance, c’est indéniable, mais sa vraie richesse résulte surtout dans l’harmonie entre les passages les plus lents et les rythmiques à ressort typiques de Foals qui surgissent à la moitié voire au deux tiers de la chanson (là où Antidotes nous les balançaient à cent à l’heure et en guise d’introduction). Les trois plus belles chansons (Blue Blood, Spanish Sahara et After Glow) adoptent  d’ailleurs ce schéma.
Pour les autres chansons, le parallèle avec MGMT peut être repris, car il y a sur Total Life Forever un défaut qui est commun à Congratulations, c’est la construction des morceaux, faite de succession de petits moments fantastiques disséminés tout au long des chansons les plus rythmées, sans parvenir à faire vraiment cohésion, d’où l’absence de “tubes”. L’introduction de Total Life Forever (chanson) est absolument fantastique, puis le morceau retombe, repart, etc. jusqu’à la fin. Il en va de même pour Miami.
Mis à part les morceaux qui remportent toute mon adhésion (et au delà dixit iTunes) et ces morceaux pour lesquels je suis donc plus mitigé, il y a un entre-deux très intéressant, des morceaux très bons qui dévoilent du coup des ressemblances troublantes avec Bloc Party (This Orient) ou Radiohead (2 Trees). Comme si le sentier de Foals était tellement balisé, qu’en dehors de leur style extrêmement resserré, il y avait une mise en lumière des influences que l’on retrouve sur TLF.
L’album semble tellement stratosphérique, ambitieux et novateur (même pour Foals) que cela donne toujours du fil à retordre avec l’envie que chaque morceau soit parfait, ce qui n’est pas le cas ici (loin de là). Néanmoins bien plus de risques sont pris, la recherche est aboutie, fonctionne très bien voire même au delà sur une grande partie de l’album. 
Toujours est-il que je comprend maintenant l’engouement autour de Congratulations, en me référant à mon propre engouement.

Mon engouement va aussi à l’electro au summum du revival 80s qui me fait rire : 

Mecanico – Barcelona_