Jonsi, le rossignol islandais.

Attardons nous un instant sur Jonsi et son pays l’Islande, dont on n’entendra pas beaucoup parler jusqu’au 11 juillet – les islandais de Eidur Gudjohnsen ne se sont en effet pas qualifiés pour la Coupe du Monde ! Le drôle d’oiseau qu’est Jón Þór Birgisson (dit Jonsi) a abandonné sa colonie quelques temps pour voler de ses propres ailes. Le chanteur de Sigur Rós, a en effet sorti récemment son premier album solo Go : l’oiseau a quitté son nid.

Le dernier album des Islandais – le fameux Med Sud í Eyrum Vid Spilum Endalaust – laissait présager une éclaircie dans le ciel brumeux du groupe : (presque) joyeux, (presque) radieux… Avec Go, le « presque » est superflu. Comme Thom Yorke l’avait fait avec The Eraser, Jonsi donne libre cours à ses envies, et Go apparaît comme un Med Sud í Eyrum Vid Spilum Endalaust en plus accompli.

Go est un album avant tout indéchiffrable. La voix tout d’abord est plus un instrument qu’autre chose, car quand Jonsi ne chante pas dans un dialecte connu de lui seul, et qu’il s’essaye à l’anglais, on ne voit pas de grande différence dans le chant du rossignol islandais. Une voix d’ange donc, accompagnée par un millier d’oiseaux : on s’imagine un studio d’enregistrement rempli d’oiseaux chanteurs aux ramages envoutants (Go Do). En dehors des passereaux, Jonsi compose principalement avec des clochettes et des flutes… parfois des cuivres (Tornado) et des violons qui nous rappellent Owen Palett (Kolnidur).

On est très vite emporté dans les plaines islandaises, où les geysers pop et autres envolées lyriques côtoient les chevaux lancés au galop. Jonsi est un peu un Fulgor des temps modernes. Comment ? Vous ne connaissez ni Fulgor, ni le dessin animé Insektors dont il est le héros ? Armé de sa « guitare à couleurs », il luttait contre les méchants Beurks sombres et déprimants… (cf. vidéo à partir de 1min30 pour un petit cours de rattrapage… )

Go peut paraître léger mais il garde une certaine gravité, même dans son lyrisme le plus exacerbé. Jonsi sait se transformer en barde/druide et invoquer à nouveau les esprits nordiques (Grow Till Tall, Kolnidur) de Sigur Ros mais de manière plus « digeste », dans des morceaux de cinq minutes et pas de quinze. Les chants de sirènes et odes funèbres (Tornado, Hengilas) se font ainsi leur place au sein de l’album. Jonsi a réussi avec ce Go un grand album, il a continué sur le chemin qu’avait commencé à emprunter son groupe Sigur Ros sans rien perdre de la mélancolie et de la gravité propre à cette « arctic pop » islandaise.




A la revoyure.

One thought on “Jonsi, le rossignol islandais.

  1. INSEKTORS! Mais oui mais complètement! Comment j'avais pu oublier ça!

    … Insektors … t'as donné un sens à ma journée là.

    (ceci était une contribution essentielle)

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