La météo pour les nuls.

Maybe God is Desperate too…
Ce weekend je redécouvre avec beaucoup de plaisir un album à écouter le soir, de préférence quand il pleut ou encore mieux quand le tonnerre gronde… Let’s talk about l’album de Gravenhurst prénommé The Western Land, une vieillerie de 2007 à côté de laquelle il serait fâcheux d’être passé.

Orage est en effet un mot qui correspond bien à cet album mais pas seulement ; The Western Land balaye à peu près toutes les humeurs du ciel, de la tempête la plus déchaînée au plus paisible couché de soleil et souvent tout cela en même temps – sans mauvais jeu de mots.

Nick Talbot, la tête pensante du groupe, a choisi de donner une ambiance froide voire glaciale à cette album en conservant le folk des premiers opus de Gravenhurst mais en y ajoutant une noirceur très rock. On peut voir cette ambivalence sur le titre Hollow Men qui alterne coups de tonnerre de guitare saturées et retours au calme où viennent se mêler songwriting pop-folk et voix angélique. On est assez proche de ce que peuvent composer les belges de Ghinzu ou même de dEUS.

On retrouve des balades pop toujours teintées de cette profonde mélancolie, Song Among the Pine ou bien Trust qui rappelle Grandaddy. L’instrumental The Western Land n’aurait pas volé sa place sur un album de Mogwaï.

Les deux premiers morceaux sont époustouflants. La voix blanche de Nick Talbot (un peu la même que celle de Markus Acher, le chanteur de The Notwist) s’élève sur Saint, profonde, désespérée au possible (“maybe god is desperate too”), magnifique. She Dances complète le diptyque (je suis très diptyque…), la guitare commence hypnotique, entêtante, bientôt suivie par le piano et la voix s’élève peu à peu de la brume…

Les quatre derniers morceaux forment un tout, une sorte de concerto des Quatre Saisons pouvant chacun servir de conclusion à l’album. L’adieu Farewell, Farewell comme un couché de soleil estival. Le magnifique et très “radioheadien” Hourglass comme une rosée printanière. Le glacial Grand Union Canal, où tous les sons semblent étouffés par la neige. Et enfin le bouleversant The Collector, qui apparaît comme la vraie conclusion de ce très bel album, mêlant espoir et détresse, (presque) à pleurer… À écouter quand il pleut, l’automne arrive, que demander de plus.

À la revoyure.