Retour aux sources…


Dreams of Long Life, What Safety can you Find ?

Poursuite de notre série « Back-to-school » mais cette fois du côté spleen parce ce que retourner à l’école après quatre mois de vacances c’est pas drôle… Après des errements passagers, dus à une euphorie aoutienne vite dissipée, qui m’avait conduit à mettre six cotons-tiges au dernier album des Klaxons, parlons un peu de choses sérieuses et quoi de plus sérieux que la sortie du nouvel album des New-yorkais d’Interpol…



Après un premier album renversant, un second bourré de tubes et un troisième… disons dégrisant pour ne pas retourner le couteau dans la plaie… Nous attendions (en tout cas moi) ce nouvel opus de la troupe de Paul Banks – amputée depuis de son bassiste Carlos Dengler comme un disque aux allures de rédemption… Qu’allait donc nous concocter ces héritiers de Joy Division ? La sobriété du titre de l’album – Interpol suggérait le retour aux sources tant espéré…

Les deux extraits me laissaient tout frétillant, tel une jeune fille en fleur dans la queue d’un Virgin Megastore attendant la dédicace d’un poster de Justin Bieber.
Tout d’abord Light, long crescendo sombre et puissant qui n’aurait pas volé sa place sur Turn on the Bright Lights avec un clip, réalisé par Charlie White, assez malsain… Rappelons que celui-ci avait déjà travaillé sur Antics avec une vidéo du superbe Evil tout aussi dérangeante…


Barricade plus évidente avec une guitare lancinante plus proche de la période Antics – ici au summum de leur classe dans le David Letterman Show…


L’album a fini par suivre, un album où l’on sent que le groupe arrive à maturité, un album où ils ont su garder cette énergie noire qui fait leur force tout en parvenant à faire ce que certains qualifient de “rock adulte”, du rock propre, sérieux, comme The National sait faire par exemple. Je vous conseille d’ailleurs vivement l’écoute du dernier album Hight Violet de ces autres New-yorkais.

Petit extrait pour vous convaincre…


Revenons à Interpol, ils nous livrent donc dix chansons, un album sans fausse note, très dense, assez dur à apprivoiser mais très prenant par la suite. Les Américains soignent toujours leurs entrées en matière, après Untitled, Next Exit et All Fired Up (l’un des seuls morceaux à garder de Our Love to Admire) c’est le très classe Success qui nous fait entrer dans la maison Interpol.
Car Interpol, c’est avant tout un son, une voix incroyable – celle de Paul Banks qui se démultiplie (Safe Without, the Undoing) une guitare glaciale et entêtante (Safe Whithout, Light) qui sait laisser sa place au piano (Try it On, Always Malaise) et dans tous les morceaux la basse tranchante de Carlos D. en guise de fondation (il va sûrement beaucoup manquer à l’avenir…). C’est parfois teinté d’une élégante mélancolie comme sur Memory Serves, d’une froide détresse sur un Always Malaise qui prolonge le très angoissant Try It On. Interpol, c’est aussi une longue plainte (All of the Ways) et une conclusion lancinante en apothéose avec ses orgues, ses cuivres et Banks en mode spannish (the Undoing).

Pas de tube immédiat ? Interpol nous en a déjà assez donné dans ces précédents opus, le groupe est aujourd’hui passé à autre chose et prend ainsi une autre dimension ; difficile de dégager un single tant cet album forme un tout d’une remarquable cohérence. Quoi de mieux qu’un retour au source pour renaître de ses cendres… Un nouveau départ après “un cap du troisième album” très mal négocié. Un excellent disque.


En bonus un truc so 80ies assez prenant :


À la revoyure…