"Tu es un sanglier, tu es un sanglier"

Plutôt que de faire une longue introduction en matière à base de commentaire général sur le mysticisme musical, sur les courants néo-hippies, sur la ré-exploration des sensations psychotropes et psychédéliques au XIXe siècle, je vous propose juste aujourd’hui d’écouter ceci pour comprendre que je ne vous taillerais pas le bout de gras pendant des heures à propos du – légèrement redondant – blues post-rentrée.

Non, pour le moment je suis très heureux à danser tout nu autour du feu en fumant le calumet magique, et je vais même en profiter pour parler un peu de Warpaint, les 4 californiennes que JNSPUF! a eu la chance de croiser au dernier Inrocks Indie Club de la saison, mais qui n’ont malheureusement pas encore été chroniquées sur ces mêmes pages. Certes vous pourriez me jeter la pierre, mais en même temps si c’est ce que vous choisissez de faire, il risque de manquer des mots à la fin de cet article.
S’il m’a semblé important de revenir sur leur cas, c’est tout simplement que leur premier album The Fool ne va pas tarder à sortir et que Warpaint fait partie de ces groupes suffisamment marquants pour instaurer de la première note à la dernière une ambiance particulière, magique et mystique. Warpaint fait également partie de ces groupes qui parviennent à recréer sans une once de difficulté cette même ambiance sur une scène, catégorie à laquelle appartient finalement un nombre assez restreint de groupes actuels.

L’EP Exquisite Corpse sorti depuis maintenant plus d’un an montre les différentes facettes d’un groupe que l’on devine toujours hanté par une force musicale supérieure, d’une beauté sombre et superbe, parfois lisse comme sur le très délicat Billie Holiday, parfois rugueux sur des titres comme Elephants ou Beetles. 
La palette de sentiments est plutôt réduite mais on y trouve le plus mélancolique (Stars) comme le plus direct (Krimson). Dans tous les cas, la batterie s’affole, la basse hypnotise, les guitares angoissent, la voix inquiète s’élève de nulle part.
De manière assez logique, on aime ou on déteste Warpaint. Le compromis semble difficile tant le monde léthargique de ces californiennes est particulier. Pas nécessairement un album à écouter n’importe quand, mais un EP certainement très prometteur. Espérons que l’album soit à la hauteur !
Bon et sinon, les Anglaises de Smoke Fairies font du blues du même acabit depuis longtemps et sont soutenues par Jack White. Et ça non plus on en avait pas parlé.