Twinkle twinkle little star.

On ne va pas se mentir, le seul point commun entre tous les hipsters, c’est d’être énervé contre tous les autres hipsters qui vont aux mêmes concerts qu’eux, et qui écoutent la même chose qu’eux. Parce que finalement, il y a un au moins autant de types de hipsters que de groupes. Ceux qui écoutent des trucs pas connus pour serrer de la meuf bonne (oui j’ai l’impression d’être à maxiviande en disant ça), ceux qui ont juste le besoin compulsif d’écouter toujours plus de musique, ceux qui considèrent que hype machine permet d’avoir l’air cool en 3 minutes 30 et pleins d’autres gens sympathiques comme ça.
Et à côté, il y a Darwin Deez. Un gars pas très connu parce que extrêmement personnel. Un gars qui même avec un album produit nous redonne l’impression d’être un peu chez un adolescent plutôt content de sa puberté et de lui même (parce que un peu musicalement aisé quand même).
Donc l’ami Darwin {insérez ici un mauvais jeu de mot sur la sélection naturelle} nous a livré en mai dernier son album éponyme, une merveille esthétique pour amateur de do-it-yourself. Une collection de petits singles (3 minutes en moyenne) préparés avec une simplicité et une aisance déconcertante. L’instrumental est ultra-basique : des boites à rythmes un rien vintage cadrent des compositions déconstruites sur lesquelles se posent des accords de guitares saturées mais impeccables. La voix de Darwin, quand à elle, lui permet une plus grande marge de manoeuvre (tantôt assurée, tantôt fragile façon Clap Your Hands Say Yeah).  Les dix pistes de l’album nous conte toutes sortes d’histoires cruelles, mesquines ou simplement insouciantes.
Si cette recette est très enthousiasmante sur quelques chansons (Constellations, Radar Detector, et l’excellentissime Bad Day), elle peut s’avérer décevante sur la longueur, et sur certains titres qui manquent de richesse mélodique et d’originalité (The Bomb Song). Ici vient le risque d’une telle formule aussi directe.
Malgré tout, s’il n’est pas exempt de défauts et de manques certains, cet album reste original dans sa globalité et intéressant dans son approche de la pop-song pour 2010. 
Ah oui, et puis le clip de Radar Detector mérite à lui seul un coton tige de plus. 
Ah oui, parce que en fait maintenant on a décidé d’être (un peu) plus clair et on vous met des cotons-tiges à la fin de nos chroniques, histoire de savoir ce qu’on en a pensé au travers de nos digressions multiples. Et donc la règle est plutôt basique : 0 c’est pas bien et 10 c’est bien. On fait fi de notre déontologie professionnelle légendaire du coup.

Là par exemple c’est 5.