"Et Fyfe c’est son vrai nom ou c’est une blague ?"

Arrêtons nous un instant sur un album qui est sorti en début d’année en Angleterre mais qui n’arrive que maintenant en France, une jolie surprise au milieu de la grisaille bretonne… C’est le premier album solo de Fyfe Dangerfield, le leader/chanteur de mes chouchous Guillemots dont je ne peux pas dire de mal depuis leur premier album extraordinaire Through the Windowpane (inévitablement l’objet d’un article un jour), même quand ils dérapent un peu (conf “Un Album Raté Réussi” ). Nous retrouvons donc Fyfe dans un univers plus personnel, pour un disque plus intimiste qui réserve de jolies surprises et quelques moments de grâce. L’album est assez hétéroclite, comme si Dangerfield avait rassemblé ces morceaux après coup, ils défilent comme les scènes au théâtre et auraient certainement fait une très belle bande originale.

Les deux premières chansons illustrent bien ce manque d’unité. Fly Yellow Moon démarre sous les meilleurs hospices (When you Walk in The Room) avec les cris de joie de Fyfe et une balade pop qui rend heureux comme seuls les gens outre-Manche savent le faire. Des sons électriques, de la légèreté, moins lyrique qu’il n’a pu l’être mais mais beaucoup plus digeste que Red… Il ne m’étonnerait d’ailleurs pas que la majorité de ces chansons ait été composées avant le deuxième album du groupe. So Brand News part elle dans un tout autre genre, on ne reconnaît pas tout de suite la voix de Dangerfield dans cette balade folk très Amérique profonde, on pense aux Shins ou à Wilco mais pas immédiatement à Guillemots. La suite alterne lovesong et morceaux plus pop. Barricades (aucune ressemblance avec le morceau d’Interpol ! ) et ses violons, les deux guitares-voix Livewire et Don’t be Shy à la mélancolie exacerbée, le très grave Firebird comme une complainte.

On retrouve la fougue, la profondeur et le lyrisme de Guillemots sur Faster than the Setting Sun et She Needs Me. Deux feux d’artifices, des couplets plein de tension, des refrains sous forme de délivrance, des violons, des cuivres, on croule sous les instruments, une voix qui se dédouble et qui part dans les aIgüe avec grâce. On voudrait que ça dure 7, 8, 15 minutes comme il l’a déjà fait, que ça s’arrête, que ça reprenne… D’ailleurs She Needs Me fini par une phrase “Faster Than the Setting Sun” comme si les deux morceaux n’en formait qu’un, sur Through the Windowpane, il n’y en aurait certainement eu qu’un…

Hight on The Tide mérite à elle seule la note à venir de l’album… La plus cinématographique, très comédie musicale, des cris de mouettes, des rires d’enfants, le bruit des vagues, on est pas loin de Neil Hannon et ses Divine Comedie, magique, on se croirait en front de mer, Fyfe sifflote à la fin, tout est parfait, une carte postale de luxe… Certainement l’une des meilleures chansons que Dangerfiels ait jamais composé (désolé je n’ai pas trouvé de vidéo de qualité…)

L’album finit par Any Direction, une jolie popsong qui pose LA question cruciale quant à l’avenir du bonhomme et de sa band “This could go in any direction, any direction at all”. Dans quelle direction vont-ils s’aventurer ? Fyfe Dangerfield va-il-continuer sur la piste de Red au risque de s’égarer définitivement ou plutôt rebrousser chemin comme le laisse présager Fly Yellow Moon ? La route est longue pour retrouver les sommets de Through the Windowpane mais cet album solo laisse espérer… Comme quoi même si on s’appelle Fyfe tout n’est pas foutu…


Sinon Carl Barat va être papa et du coup il est devenu adulte et ça a l’air cool :

à la revoyure.