Neon Jesus.

Quand on a créé JNSPUF! il y a plus d’un an, ça paraissait plus un projet anglophile que francophile. Finalement, ça a bien évolué. La faute à deux choses bien chouettes : CQFD et les Transmusicales (Bars en Trans inclus).
CQFD (Ce Qu’il Faut Découvrir, le concours des Inrocks quoi), c’est très rigolo :
Déjà on peut retrouver les noms des groupes qu’on a vu une, deux, trois fois dans d’obscures salles et trop les soutenir. Parce que Basse Normandie represent et qu’on a fait une colo avec machin et que c’est un super pote à eux, qu’on a bu un coup avec le chanteur, qu’on a une copine qu’était dans un groupe avec leur bassiste ou que lui là il était dans le même lycée que nous. Coucou Belone, les Lanskies, les Russian Sextoys et autres Shellys.
Et également (même si c’est un peu accessoire) on peut découvrir des nouveaux groupes. Ce qui est plutôt très positif, parce que ça permet ensuite d’avoir un point de départ pour explorer la programmation ultra-pointue des Transmusicales (particulièrement pointue cette année) et également celle des Bars en Trans. Chouette comme tout, la programmation n’est pas encore sortie, mais on peut quand même vous dire qu’il y a quelques petites découvertes vraiment, vraiment géniales. Genre tentez votre chance du côté de Nice, de la Belgique, ou de NTM, sait-on jamais.
Pour ce qui est des Trans, on vous dresse une petite liste des groupes qu’on essayera de pas manquer :
Furs
Toute nouvelle découverte, Furs montre que l’influence de Foals est grandissante sur la jeune scène française. Une electro froide combinée aux guitares cristallines made in Oxford, on a hâte de voir ce que cela peut donner en concert.
Egyptian Hip Hop

On en a pas encore parlé ici, mais on a vu Egyptian Hip Hop en concert à Londres cet été, et c’était particulier. Pas fantastique, mais bizarrement attirant. Tantôt excellent, tantôt bancal, très souvent fragile, les mancuniens sont la relève indie aux côtés de Delphic et Everything Everything. Les moins connus de la bande, leur accoutrement peut vous permettre de sortir vos vêtements moches et criards et passer pour cool. Leur musique est foutraque, mais surtout un véritable et génial mélange de genres. On espère qu’ils ont gagné en prestance live. Sinon, on ira écouter du vrai hip hop égyptien.
Toxic Avenger


De la techno qui tabasse avec autant de subtilité qu’un éléphant remixant les Bloody Beetroots, mais les clips sont vraiment beaux. On sera sans doute pas à leur concert, mais on regarde souvent Toxic Is Dead.

  
Belone


Belone, c’est des gens de Saint-Lô qui partent donc avec un capital sympathie assez grand. En plus, Greenwood en a déjà parlé, on les a vu à la CQFD party au Cargo et c’est vraiment bien. Sunshine pop américaine au refrain fédérateur et avec une pointe d’electro, To The West va vous convaincre, c’est certain. Les Beach Boys ont encore de beaux jours devant eux.

DJAK

Djak, on vous en a aussi déjà parlé à l’occasion d’un article sur le revival 90s, c’est des Angevins très doués, étonnamment complexes, et super forts quand il s’agit de reprendre La Roux. De l’art de marier Horchata et Gin & Tonic, on vous disait.

Concrete Knives

Egalement déjà évoqués sur ces mêmes pages, et également normands (je vais bientôt vous balancer Made In Normandie à ce rythme là), Concrete Knives, c’est juste l’art de prendre le meilleur de chaque décennie musicale pour créer de la musique pop, douce et optimiste, dans tout ce qu’il y a de plus classique.

Is Tropical


Nouveaux venus de Londres, Is Tropical vient de signer chez Kitsuné. Ils tentent de remettre le skate et le foulard de manifestant au goût du jour mais c’est pas tout. Ils ont également l’art de marier le son crade et indie des guitares enregistrés sur un 4-piste (le fameux mouvement shitgaze de Wavves, Vivian Girls, et compagnie) avec ce qui se fait de plus actuel en terme de son 80s, et du coup on arrive presque à du Joy Division en moins inquiétant. Leur nouveau clip est également très beau, et When O’When une petite merveille pop sursaturée.

Salem


Se revendiquer gothique aujourd’hui est toujours une tâche plus ou moins compliquée, Salem le décomplexe à coups d’electro-rock plus sombre que la plus sombre des catacombes. Sorciers psychés et mystiques, les trois américains risquent de donner un concert très particulier.

The Lanskies

La base musicale de tout caennais. On les a vu et revu, approuvés maintes fois et dans diverses occasions, et c’est vrai on devient un peu blasés, mais c’est très bien et il faut aller les voir en concert.

Wu Lyf


Un des groupes actuels les plus singuliers, Wu Lyf (pour World Unite/Lucifer Youth Foundation) se pose contre la sur-médiatisation du monde musical et conçoit tout un projet visuel et artistique autour de sa musique, ainsi qu’une dissimulation volontaire de ses morceaux et de son identité. Ils n’ont accordé qu’une interview à Libération sur un malentendu (ou à moins qu’il soit devenu un journal d’extrême-gauche entre temps). Une voix ridée et torturée reconnaissable entre mille, un instrumental original, Wu Lyf est “épique” et “surpuissant” en live. In Libé We Trust.

Crocodiles

A ne pas confondre avec les Strasbourgeois du même nom (d’ailleurs vous pouvez deviner assez aisément d’où vient l’absence d’image pour ce groupe), les américains de Crocodiles exploitent bien la veine pop et shoegaze actuelle. Mais pas une enième copie plate de Best Coast, on trouve un petit côté bluesy dans les guitares extrêmement chouette. En plus, le refrain de Hearts Of Love est tout simplement fantastique.

Et vu qu’il en reste encore au moins le triple à découvrir, il faut mieux se précipiter pour acheter ses places.

Marion & Cassiu¨s