Quand Pivot devient PVT et trouve sa voi(e/x).

Bon c’est vrai cet article a mis du temps à sortir de terre et j’ai pas trop d’excuse (le changement d’heure ?) mais pour la peine vous avez droit à deux albums et un concert…

Un petit aparté déjà pour signaler que le concert de Crystal Castles vendredi dernier à l’aéronef de Lille fut assez scotchant, épuisant, transpirant. Avec deux premières parties, tout d’abord les très réjouissants suédois de Slagsmålsklubben et leur électro-pop déjantée qui ferait pâlir les compositeurs de la bande de Pokemon… Puis un set de Beat Torrent assez classique et un peu trop long… quand on attend la tête d’affiche depuis 3 heures. Crystal Castles a fini par arriver pour un live survolté d’un peu plus d’une heure, à voir avant de mourir…

Slagsmålsklubben – Malmö Beach Night Party (avec un clip un peu space).

Crystal Castles – Doe Deer (live à l’Aéronef Lille).

Voilà pour l’activité récente, revenons donc à des considérations plus PVTiste. Alors pour éclaircir les choses ils se l’ont joué à la MGMT en enlevant les voyelles après leur premier album, Pivot est donc devenu PVT mais ils sont toujours australiens, ils font toujours de la musique et ils sont toujours sur le très select label Warp Records. Mis à part ça, beaucoup de choses ont changé et le fan de Pivot n’est pas assurément fan de PVT et inversement… Écoute croisée pour choisir son camp : je vote PVT à vous de faire votre choix.

Pivot – O Soundtrack my Heart – 2008.
PVT – Church with no Magic – 2010.

On peut résumer mon sentiment ainsi : dans O Soundrack my Heart, Pivot se cherche, dans Church with no Magic, PVT commence à se trouver. C’est intéressant d’écouter les deux albums ensemble pour voir l’évolution du groupe en avance rapide. O Soundrack my Heart est un instrumental avec tous les inconvénients du genre, trop froid, trop artificiel, souvent surfait, il veut dire beaucoup mais ne dit finalement pas grand chose… Il navigue entre Metronomy-bis (Epsilon), électro-rock rutilant (In the Blood), morceaux atmosphériques (Fool in Rain), voire touche New-wave (Sweet Memory). Il y a tout de même de bonnes intentions, une volonté ambitieuse de faire évoluer chaque morceau (O Soundtrack my Heart, Sing You Sinner) mais aussi des choses à oublier (Didn’t I Furious, My Heart Like Marching).

Nothing Hurts Machine évolue à bon escient, sans démonstration de force, une des plus prometteuses :

In the Blood très efficace.

Première belle surprise, une voix vient se poser sur les notes de Church with no Magic. C’est comme si Animal Collective avait troqué sa pop contre un post-rock torturé. PVT est plus sombre mais canalise mieux cette énergie. On retrouve des basses saturées (Light Up Bright Fires, Crimson Swan) mais elle servent d’avantage le morceau, sa progression. La noirceur sourde cotoie les explosions lumineuses (Crimson Swan) ou aquatique (Church with no Magic). Les morceaux sont entêtants, parfois hypnotiques (Timeless), on pense inévitablement à Radiohead… Toutes les chansons sont soignées (parfois surproduites), une chanson de milieu d’album sans prétention comme The Quick Mile se finit en feu d’artifice. On frôle parfois le mauvais goût sur Window mais le morceau fini par nous emporter si on accepte de jouer le jeu… Même les transitions sont justes (Community, Wave & Radiation).


Contrairement à O Soundtrack my Heart, Church With No Magic apporte quelque chose de nouveau, une étincelle d’énergie noire, un son très personnel, on attend le troisième opus de PVT avec impatience… Enfin en espérant d’ici là qu’ils n’aient pas changé de nom…

O Soundtrack my Heart :

Church with no Magic :

À la revoyure.

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