Soyons original, trouvons un titre utilisant des mots tirés de l’article, séparés par des virgules, et qui ont peu de rapport avec la musique.

C’est vrai, Nantes n’est pas Paris. C’est vrai, on a pas eu la chance de voir sans doute le dernier concert de LCD Soundsystem, et c’est vrai Anna Calvi coucou on t’aime. Mais en même temps, l’Olympic a une très bonne accoustique et des groupes sympas dedans quand même, et les Pays de la loirentais, c’est les copains des bretons. Alors quand le Teazine nous a offert l’occasion d’y aller, on s’est pas fait trop prier quoi. A l’affiche des choses très variées et très intéressantes (The Drums, Surfer Blood, Warpaint, Local Natives) et avec bien sûr une grosse cerise anglaise sur un gâteau majoritairement américain : Carl Barât, venu présenter son album solo (oooh le beau mensonge que voilà). 
(Sache que j’ai eu très envie de faire croire qu’on y était allé pour les échantillons gratuits de Black XS parce qu’on a eu la dose, mais même Chuck Norris arriverait pas à convaincre quelqu’un d’un truc pareil.)

Day 1
Bon. Donc comme entrée en matière, on a eu droit à la dernière chanson de Free Energy (et oui, un live report complet, c’est beaucoup moins drôle que de visiter le Grand éléphant mécanique de Nantes). C’était plutôt basique, assez sympathique, et ça ressemblait beaucoup à du rock alternatif australien des années 70. Un peu trop même des fois.
Et sinon ensuite Surfer Blood. Je suis plus mitigé sur ce groupe. J’ai d’abord détesté Surfer Blood et tout le retour des grosses chansons américaines à la Simple Plan (chanteur insupportable inclus), avant de me rendre compte que non, j’étais étroit d’esprit et c’était mal. Et depuis j’aime vraiment bien leur mélange afrobeat/punk-rock (ainsi que The Soft Pack que je met souvent dans le même sac, mais ça, on s’en fiche un peu). Même si le concert n’était pas tout à fait à la hauteur de leur excellent Astro Coast, j’ai vraiment aimé Take It Easy, Harmonix et Swim avec présence additionnelle (et assez incongrue vu la tête des gars de Surfer Blood) de Free Energy aux percussions. Il manquait peut être quelques ruptures, des breaks de batterie, des solos de guitares, des choses pour rompre la monotonie d’un concert finalement assez linéaire. Mais bon.

Après c’était Carl Barât, et je pense qu’il est superflu d’ajouter que c’était vraiment trop bien. Le dude peut marmonner du yaourt londonien entre les chansons, avoir plus de 30 ans, un marcel noir, et une violoncelliste qui craint pour son emploi précaire (eeeh oui tu es certes plutôt jolie, mais aussi extrêmement dispensable jeune fille), il arrivera quand même à faire remuer l’Olympic plus que n’importe quel autre groupe du week-end. Alors, c’est sur il se l’est mis dans la poche le public en jouant les classiques Bang Bang, Deadwood, Up The Bracket et autres Don’t Look Back Into The Sun, mais en même temps comment lui en vouloir ? Cela permet d’alterner avec les chansons plus intimistes et vraiment convaincantes de son album solo (The Fall et The Magus notamment), et de réveiller le public qui plane un peu trop gentiment quand même.
Pour conclure la soirée, il y avait The Drums. C’est rigolo The Drums en concert, parce que quand tu écoutes le CD, tu vas pas nécessairement t’imaginer que les gars vont être aussi théâtraux et que le chanteur va faire aussi peur. Après Jacob Graham (alias Tambourin pour les groupies gentilles-mais-un-peu-flippantes-d’addiction du Tea Zine et de SPFV) qui virevolte avec sa guitare, c’est toujours sympathique à voir, mais la musique bon, tu fatigues un peu au bout d’un moment. Les chansons de l’EP sont très appréciables et très appréciées en live, mais celles tirées de l’album manquent d’inspiration, sont étouffées par un énervement assez laid du chanteur, et un jeu de guitare pour le coup vraiment minimaliste. C’est toujours frustrant de tomber d’accord avec les papas grognons du dernier rang qui t’ont pourri le concert à brailler : “Change de veste, et achète une basse ducon !” mais bon, c’est vrai qu’il faudrait penser à renouveler la formule les gars des fois.
Day 2
Pour ce deuxième soir, on comptait pas se faire avoir et arriver trop à la bourre, même si ça incluait de finir sa bière en quatrième vitesse sur les quais de la Loire (oui bon on a vu pire comme histoire quand même). Surtout qu’en ouverture c’était La Patère Rose, qu’on vous en avait déjà un peu parlé, et qu’on aime bien ce qu’ils font. Et donc La Patère Rose, un croisement impressionnant de genre, entre chanson franco-québécoise ironique, expérimentations électroniques, et rythmes à ressort survitaminés. On sent le goût des musiciens de Misteur Valaire pour les claviers oldschool et autres vinyls vintages sur plusieurs compositions. Et bien sûr, La Marelle reste une chanson excellente.



Warpaint, c’était beau, grand et mystique. Une batteuse déchaînée (un peu le thème de la soirée d’ailleurs), des guitares hypnotiques et un chant torturé, les californiennes nous avait déjà conquis au dernier Inrocks Indie Club de l’an dernier, mais là, elles ont pris une dimension toute autre avec leurs compositions tirées de The Fool, leur album paru récemment. Un peu contenu sur CD, les morceaux prennent toute leur ampleur en live et transporte le public dans un univers merveilleux composée de drogues psychédéliques et de torpeur sombre et moite. Et je ne dirais rien de leur beauté folle, parce que merde, on est pas là pour ça.

Local Natives, on en a déjà beaucoup parlé, c’est le concert parfait, dansant, impressionnant, millimétré, nerveux et aérien à la fois. Et Sun Hands en conclusion, c’est une très, très bonne idée.

Et pour conclure ces deux jours de festival, il y avait les anglais de The Coral. De la pop anglaise très basique, avec de jolis solos de guitares, et des refrains tout mignons. Pratique pour chanter autour du feu avec une cabine de plage et une bouteille, et sûrement assez proche de ce que les Beatles avait commencé à faire au début des années 60 (d’ailleurs leur reprise de Things We Said Today était vraiment bien), mais bon, loin d’être culte quand même. 

9 thoughts on “Soyons original, trouvons un titre utilisant des mots tirés de l’article, séparés par des virgules, et qui ont peu de rapport avec la musique.

  1. Moi qui n'aime pas Les Dirty Pretty Things et Les Libertines j'avoue que je succombe assez à l'album solo de Carl… (j'en dirai ptet quelques mots..).

    PS : the Drums pas bien en concert ? (t'as pas aimé leur disque ? Jle mets dans mon top 10 de l'année perso !)

  2. "groupies gentilles-mais-un-peu-flippantes-d'addiction" ? Mais nooooon. Ok si en fait.
    Sinon je suis tout à fait d'accord pour le sieur Barât, par contre, mes poteaux m'ont dit que la Patère Rose c'était pas possible (en même temps j'avais qu'à pas aller au Mc Do et j'aurais pu vérifier par moi même)
    Et merci pour le link, c'était coolos de se voir IRL

    (ps : c'est SFTV)

  3. Tu es très fort l'ami parce que comme j'ai bien rigolé j'en oublie de te détester par jalousie. Et c'est relativement balèze.

    Greenwood, pour les Drums moi je met leur disque dans le top 10 aussi mais l'EP, pas l'album! (après "le premier album était mieux", entrons dans une nouvelle ère de "mouai j'aimais mieux l'ep" où comment feindre l'indie cred …)

  4. @Greenwood Si The Drums ca allait c'était bien, mais y'avait quelques longueurs dirons nous.. Leur album je suis assez d'accord avec Marion, c'était mieux leur EP (pareil que Warpaint d'ailleurs, et ça fait peur, on est définitivement dans la feignitude d'indie cred, mais bon)

    @Margaux, je sais pas trop La Patère Rose moi je trouve ça hyper cool, mais après c'est tout le problème du piano et du français, ca peut faire niaiseux pour certaines personnes (ce que je conçois tout à fait), mais de là à comparer à Coeur de pirate, y'a une grosse marge quand même, parce que les mecs de Misteur Valaire te dynamite le moindre passage chiant à coup de bidouillages electroniques ou rythmiques vraiment impressionants ! Et sinon oui c'était vraiment chouette de se voir IRL, on se refait ça une autre fois, avec plus de temps qu'un entre-concert ca serait l'idéal !

    @Marion merci du compliment c'est chouette ! Et pour ce qui est du top 10, il va nous falloir réfléchir sérieusement à cette idée de classement JNSPUF! pour la fin de l'année…

  5. oh ouai mais ça fait chier de classer! faut qu'on trouve un autre plan(afin de nier cette société du chiffre et de la performance tmtc).
    On en discute jour après jour tout à l'heure au Gros Malhon.

  6. Au lieu de faire chacun un classement perso on peut faire un truc un peu "cocopitaliste" genre on choisit 10 albums chacun en leur donnant (10,9,8,7,… points) on fait le total et ça fait une sorte de choix collectif kolkhozien…

  7. C'était fort sympathique juste dommage que Carlou ne soit pas sorti se griller une clope après le concert, contrairement au guitariste des Drums.
    (D'ailleurs les Drums très sympa très abordables et très câlins, du vrai quoi.)

    Je suis tout à fait d'accord avec la critique de Warpaint l'album prend une toute nouvelle ampleur en live et c'est vraiment chouette.

Comments are closed.