2010 en musique. (Partie 2)

Quand on cherche à constituer un classement des meilleurs albums, l’étape indispensable, la plus délicate, consiste à choisir les albums qu’on ne mettra pas dans notre top. Beaucoup trop déçevant, beaucoup trop médiatisés, beaucoup trop ennuyeux, beaucoup trop incompréhensibles, la liste de raisons est longue. On remarquera que bien souvent dans ma liste, il s’agit de deuxième albums décevants, on pourrait peut être penser que le deuxième album permet de trier parmi tous les groupes qui émergent aujourd’hui, lesquels savent faire de la musique, lesquels sont bien trop éphémères pour perdurer musicalement. Voici donc un morceau choisi de ce que nous avons écouté par intérêt/conscience professionnelle, mais que bon, on a pas tout compris à l’histoire.
J’ai écouté pour la forme, mais c’est pas franchement ça :

Cassius


Operator Please Gloves

Alors je sais pas très bien comment il est possible de passer d’un aussi bon groupe de teenage pop (notez combien il est difficile de dépasser ce paradoxe bien souvent) à un aussi mauvais groupe en un album, mais le résultat est là, Operator Please, c’était beaucoup mieux avant. Pour certains, perdre l’énergie, c’est perdre l’identité du groupe. On y ajoute une production dégueulasse, des sons 80s même pas retro, et une voix qui a soudainement perdu toute sa force et sa classe, et on tombe sur Gloves, disque plat. On est bien content de les avoir vu quand ils étaient encore jeunes, frais et fringuants tiens.

The Sunshine Underground Nobody’s Coming To Save You

Toujours dans la série des deuxièmes albums ratés, l’album de The Sunshine Underground est une daube assez impressionnante. Exit le côté indie et funky de l’excellent Raise The Alarm, tout ce qu’on nous propose ici n’est qu’artifice, surproduction et voix beaucoup trop mise en avant. Il y avait des prémices à ce goût pour le gigantisme dans le premier album, mais on imaginait assez difficilement que ce groupe allait muter en quelque chose d’aussi décevant. Certes quelques chansons s’en sortent plutôt bien, mais ce n’est rien à côté des Borders, I Ain’t Losing Any Sleep et autres Put You In Your Place.

These New Puritans Hidden

Ah These New Puritans, la symbolique parfaite de la musique hype : expérimentale, faussement profonde, et surtout très, très vide. Beat Pyramid avait un effet étrange sur moi : j’aimais bien, mais je n’étais pas trop sur de savoir pourquoi. Mélanger avec aussi peu de cohérence le beat electro hip hop, les guitares énervées et un chant scandé mal-assuré, j’aurais du dire non direct, mais Elvis et Infinity Ytinifni avaient quelque chose d’intéressant. Par contre leur espèce de bouillabaisse Wu-Tang Clan – cuivres dissonnants – voix flippantes – aggressivité abstraite – discours mystique incompréhensible et pseudo-intelligent, c’était vraiment de trop.
MGMT Congratulations
Contrairement aux autres disques que je viens d’évoquer, MGMT ne m’a pas déçu sur cet album, mais il m’a laissé indifférent. Je ne sais pas si c’est une meilleure chose. Je ne sais pas non plus s’il était indispensable de revenir encore sur la polémique de l’année, toujours est-il que je trouve cela absurde de considérer que cet album est inaccessible. Cet album est bien construit, très riche musicalement, et sans doute un peu trop pour ma part. Trop riche, c’est certainement le défaut majeur car il est constitué de très bonnes chansons, mais il manque quelque chose de moins ambitieux, des mélodies accrocheuses, un but final dans les chansons, un projet pré-établi pour rompre l’impression d’errance constante à l’écoute du disque. Le psychédélisme a peut-être été mal fait, ou peut être que je suis un connard qui aime uniquement leurs gros tubes.
Greenwood
Les déceptions de l’année, hélas elles ont été assez nombreuses, principalement des seconds albums voire des premiers que l’on attendait sûrement un peu trop… Vampire Weekend, MGMT et même Foals n’ont pour moi pas réussi à transformé l’essai avec leur deuxième opus. Ils ont limité les dégâts avec des disques corrects (je suis tout à fait d’accord avec l’analyse de Cassius sur MGMT) mais qui n’ont pas réussi à m’emballer. Vampire Weekend n’a pas réussi à se renouveler, Foals s’est peut-être trop renouvelé ? Peu de groupes savent faire face au fameux cap du deuxième album qui nous est cher à JNSPUF! Ceux qui m’ont le plus déçu restent les Klaxons qui nous ont pondu un truc assez indigeste avec seulement deux ou trois chansons à sauver…
Autres déceptions : les albums solo des leaders de Bloc Party et des Killers. Kele a tout de même livré l’un des pires albums de l’année avec un bouillie-sonore à la limite de l’audible… et un Brandon Flowers qui s’est auto-caricaturé à souhait… On leur conseille de retourner auprès de leurs acolytes et d’éviter à l’avenir ce genre de pérégrination même si Kele semble avoir coupé les ponts avec ses compères. Enfin toute petite déception personnelle en cette fin d’année, l’album des Bewitched Hands sympathique mais pas aussi incroyable qu’on a pu le dire…
Conf :

Rendez-nous Bloc Party ! 

Marion

Moi ce ne sont pas tellement les deuxièmes albums qui m’ont déçu (bon ok, pour Operator Please c’est à pleurer), certains des albums cités plus haut font justement partie des choses qui m’ont le plus plu cette année. Pas grand chose à signaler pour moi dans cette catégorie dans la mesure où n’ayant aucune conscience professionnelle, seule mon incapacité à faire le deuil des Libertines et du premier album des Dirty Pretty Thing peut me faire écouter en entier un album qui ne me plaît pas. Et triste à dire mais avec l’album solo de Carl Barat je me suis quand même bien ennuyée.

3 thoughts on “2010 en musique. (Partie 2)

  1. Il semble que vous soyez un expert dans ce domaine, vos remarques sont tres interessantes, merci.

    – Daniel

  2. Oh loin de là, on fait simplement partager notre ressenti personnel vis-à-vis de la musique en 2010, mais merci beaucoup quand même !

  3. Tout le monde est sévère avec l'ami Carl je trouve… la chanson Irony of love de l'édition bonus japonaise est super belle !

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