WAQT.

Il y a maintenant un petit moment, les Quadricolor avaient donné un excellent concert à l’Antipode, et nous avait fait comprendre qu’ils jouaient dans la cour des grands. Et en plus, ô merveille des merveilles, ils reviennent jouer à Rennes à l’occasion des Bars en Trans. C’est ce soir, c’est au Sambre, c’est pas cher, ça va être blindé de monde, mais ça va être aussi très, très bien. On a parlé avec eux il y a vingt jours, et je pense qu’aujourd’hui ils sont toujours intéressants et très drôles.

 


JNSPUF! : Salut les Quadricolor ! Pour commencer vous pourriez présenter chacun un membre du groupe ?

Billy : Ouais, ok. Qui fait quoi ? Bon, du coup je vais présenter David. David, c’est le bassiste et électronicien du groupe, c’est bien qu’il fasse partie du groupe parce qu’il faut toujours un bout-en-train dans un groupe, en plus il est très investi, il écoute pleins de choses nouvelles et différentes. Il est aussi très beau.
La responsable des loges de l’Antipode : Bonjour, bonjour je vous apporte des yaourts !

Billy : Très bien ça.

David : Romain, c’est le batteur du groupe. Que dire de plus ? Il joue bien de la batterie et c’est tout ce qu’on lui demande.

Romain : Billy, c’est un des deux guitaristes et c’est bien qu’il fasse partie du groupe parce qu’il apporte des parties de guitares très intéressantes et originales. 

Guillaume : Et du coup je vais me présenter tout seul, vu que personne ne m’a présenté.

Billy : Je te présente si tu veux ! Guillaume, c’est le compositeur, le chanteur, le pianiste et le guitariste du groupe. Il compose les chansons, il a du charisme, on l’aime bien.

JNSPUF! :  Ca vous fait plaisir de venir jouer en Bretagne, c’est votre première tournée hors région PACA non ?

Guillaume : Ouais carrément, on est super contents de venir jouer en Bretagne, c’est notre première fois et tout. Bon après c’est pas vraiment une tournée parce que c’est assez éloigné dans le temps, et qu’on tourne beaucoup pendant les week-ends surtout. Mais on peut considérer que c’est la même session depuis la rentrée, vu qu’on a pas mal visité l’Ouest, Angers, Laval et compagnie. 

JNSPUF! :  Est-ce que c’est quelque chose que vous attendiez ou ça vous est tombé dessus par hasard ?

Billy : La célébrité est venue vraiment trop vite, on a pas eu le temps de se préparer. 

Guillaume : Non plus sérieusement, c’est quelque chose qui s’est fait très doucement, on a commencé à se faire connaître d’abord dans la région et puis de festival en festival, on s’est fait repérés par d’autres programmateurs, et voilà.

JNSPUF! :  Internet vous a quand même beaucoup aidé pour ça non ?

Guillaume : De nos jours, Internet est clairement le moyen de communication le plus approprié, parce qu’à part quelques magazines spécialisés qui ont parlé de nous, la promo se fait surtout comme ça. Avoir une page facebook, un myspace, tout ça permet de se faire connaître plus facilement.

Billy : Pour trouver des dates au début aussi c’était pratique, même si maintenant c’est vrai qu’on fait ça plus en direct et par téléphone.

JNSPUF! :  Votre musique emprunte beaucoup de références musicales très variées, et très différentes, est-ce que vous pensez que c’est une tendance actuelle ?

Guillaume : Vu que le rock a quand même plus de 50 ans, c’est vrai que c’est très dur d’innover aujourd’hui. C’est pour ça aussi qu’on voit apparaître des groupes qui mélange des musiques africaines et du rock’n’roll, et d’autres choses encore plus expérimentales parfois.

Billy (avec l’accent du sud, enfin plus que d’habitude je veux dire) : Mais bon après c’est aussi la force du XXIe siècle, j’ai envie de dire.

JNSPUF! :  On trouve aussi quand même la tendance inverse, avec de retours fréquents à un style musical particulier, où au rock basique, non ?

Billy (toujours avec le même accent) : Un peu des deux je pense. Bon sinon qui veut une bière ? Tu nous sort une binouze Sylvain ?
(Intermède vraiment plus du tout en rapport avec la musique, mais en rapport avec la Tri Martolod, une excellente bière bretonne artisanale)

JNSPUF! :  Et sinon comment voyez vous le futur de la musique en matière de diffusion ?

Guillaume : Je sais pas si c’est à nous de réfléchir à ça, on a déjà suffisamment de problèmes à trouver une maison de disques, alors je pense qu’il faut qu’on laisse des groupes plus vieux comme Radiohead essayer des choses sur ce plan.

Billy : Laisser les vieux s’en occuper et les jeunes s’amuser en fait.

JNSPUF! :  Votre formation classique a-t-elle influencé votre manière de composer ?

Guillaume : C’est clair que ça influence beaucoup l’harmonie, mais surtout la réflexion qu’on a autour de notre musique, on fait pas quelque chose de brut comme certains groupes peuvent le faire (très bien d’ailleurs), on a tendance à réfléchir beaucoup à ce qu’on fait. L’idée est d’être très objectif, se dire “pourquoi je joue ça comme ça ?” dès les premières notes d’une composition.

David : (Burp). Pardon, je suis désolé.
Billy : Tu vois, on pourrait commencer à réfléchir à partir de ce rot, ce son pourrait faire partie d’un de nos morceaux.
JNSPUF! :  Et à ce propos, comment se passe le processus de composition ? J’ai lu que vous aviez un parolier.

Romain : On fait le morceau et dès qu’on sent que la mélodie ne va plus bouger, Guillaume chante en yaourt dessus, et Sylvain nous écrit les paroles.

JNSPUF! :  Vous êtes content de cette technique ?

Guillaume : On est très content, ca marche bien, même si on met de plus en plus de temps à composer à cause de ça.

JNSPUF! :  Vous en êtes où sinon dans l’écriture de votre album ?

David : On y travaille, on essaye d’être prêts à dégainer les morceaux une fois qu’on aura trouvé une maison de disques.

JNSPUF! :  Vos nouveaux morceaux sont-ils différents des anciens ?
Guillaume : Oui, c’est quelque chose qu’on nous a reproché, de changer de style tous les trois mois, mais je pense que c’est impossible de faire une musique complètement différente d’un morceau à l’autre, ca reste les mêmes personnes qui écrivent les chansons.

JNSPUF! :  Si les What For se reforment vous faites quoi ?

Romain : Je sais pas qui c’est les What For.

Guillaume : Ouais pareil, aucune idée.

David : J’ai cherché Bruno Vandelli sur Google mais j’ai pas trouvé, David Vendetta ouais, mais lui non.

JNSPUF! : Donc c’est juste parce que vous vous êtes dit, il y a quatre couleurs primaires, c’est parti on s’appelle Quadricolor ?

Billy : Ben ouais, il y a vraiment quatre couleurs primaires, en fait c’est ça qui est bien. Et ca nous correspond vachement en plus. Par exemple David c’est le marron, Guillaume c’est le kaki.

David : Et Billy c’est le vert vomi.

JNSPUF! :  C’est quoi la question qu’on vous pose trop ? Pourquoi Quadricolor ?

Billy : Ouais, on change souvent de réponses parce qu’on nous la pose vraiment tout le temps.

David : Mais vu qu’on sait pas quoi répondre souvent, des fois on rote tous en même temps, alors tu vois t’as échappé au pire.

JNSPUF! :  Ca doit demander un gros travail de synchronisation n’empêche.

Billy : Ca va en fait, on se regarde et puis après c’est l’instinct qui parle.

JNSPUF! :  Et la question qu’on vous pose pas assez ?

Guillaume : On ne nous pose pas assez de questions sur la musique qu’on fait. J’ai l’impression que tout pendant qu’on aura pas sorti d’album, on pourra pas avoir de questions là dessus et c’est dommage. 

Billy : Genre «Pourquoi vous avez fait un ça là, pourquoi pas autre chose ?», parler des morceaux qui seraient sur l’album ça serait bien, mais vu qu’on en a pas, on peut pas trop avoir ce genre de questions, ça parait logique.

Guillaume : Après c’est normal que les gens nous demandent ça, on est encore dans les interviews découvertes pour l’instant, vous venez d’où, pourquoi Quadricolor, etc.

JNSPUF! :  Vous pouvez quand même parler d’Euphony déjà !

David : Ah bah oui voilà ! Bon donc Euphony, c’est un morceau avec une montée progressive par paliers, avec des ajouts d’instruments au fur et à mesure.

Guillaume : C’est aussi le morceau le plus vieux qu’on joue toujours sur scène.

Billy : C’est un morceau qui nous ressemble vraiment en fait, c’est parfaitement ce qu’on veut faire.

David : Si ça ne tenait qu’à nous, on aurait fait uniquement des morceaux comme ça, mais on peut pas car ça reste des morceaux très compliqués à composer.

Billy : Si on l’aime autant, c’est aussi parce qu’il est unique dans son genre, on a mis beaucoup de temps à le composer, on a failli l’abandonner, et on a réussi à le retravailler et à en faire quelque chose dont on est fiers, et en plus il a du succès, donc c’est super plaisant à jouer.

JNSPUF! :  Ce serait quoi votre meilleur souvenir musical ?

Guillaume : On a tous bien aimé le concert de PVT à Tourcoing, c’était un super souvenir musical, mais sinon comme souvenir de fou, je me rappelle de Reckoner de Radiohead au Reading Festival il y a quelques années, c’était incroyable.

David : Moi c’était pour mon premier vrai concert de rock, Muse à Nice. J’ai pris une claque, j’avais l’impression d’avoir changé de vie après. Je connaissais pas encore tout ce monde du spectacle, ce truc de jouer avec les lumières, les écrans, tout ça. Je m’en suis jamais vraiment remis je pense.

Billy : Il s’appelle David Bellamy depuis.

JNSPUF! : Et votre meilleur souvenir musical au sein de Quadricolor ?
Billy : Rock en Seine, définitivement. On était ravis de jouer là bas, on a tout donné pour ce set, c’était tellement gratifiant de voir un public aussi nombreux, on avait jamais vu ça.

Guillaume : Sinon plus récemment, on a eu de très bons moments en studio. En fait, quand on est en studio, on a toujours une tradition à la fin d’un enregistrement : on met le son très fort, et l’ingé son danse (de manière très étrange). C’est un moment vraiment appréciable quand le morceau plaît enfin à tout le monde.

(Second intermède où l’ingé son nous exécute la petite danse étrange, guidé par les conseils du groupe.)

JNSPUF! : Sinon, vous êtes pas dégoûté de louper le super fest-noz organisé à Rennes le même soir que votre concert ?

Billy : Je sais pas ce que c’est un fest-noz.

JNSPUF! :  Un peu comme une feria mais avec des bigoudènes qui dansent avec les petits doigts. En gros.
Billy : Et y’a pleins de crêpes aussi non ? Avec du sirop d’érable ?

David : Non ça c’est au Canada.

Billy : C’est bon les crêpes.

JNSPUF! :  Et pour conclure le mot de la fin ? Une blague dégueulasse à propos d’une pizza peut être ?

Billy : On est ravi d’être à Rennes pour la première fois, on est content de revenir dans 20 jours d’ailleurs pour les Bars en Trans ! La blague de la pizza c’était toute une histoire. En sortant du bar stylé de Nice après un concert, il y avait un clochard qui nous attendait pour nous raconter cette blague. C’était merveilleux, j’ai été charmé.

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