Des fauteuils au Maroc.

Croyez le ou non, en tant que webzine rennais, nous n’avions encore jamais eu l’occasion d’interviewer les Popopopops. On a donc profité de leur concert à l’Ubu en compagnie des Wankin’ Noodles, de Success, de Florian Mona et à l’occasion des 10 ans de l’association Human’Hora pour leur poser quelques questions.


JNSPUF! :  Ok, donc pour commencer, est-ce que chaque membre du groupe pourrait en présenter un autre et nous expliquer pourquoi c’est bien qu’il fasse partie des Popopopops ?
Victor (Chant, claviers) : Trop mignon la question.
Guillaume (Batterie) : Simon Carpentier, notre bassiste adoré que je regarde dans les yeux en ce moment même si ca voit pas. Il aime bien faire des courbettes en jouant de la basse, c’est pour ça que je trouve ça bien qu’il fasse partie des Popopopops.
JNSPUF! : Ouais classique.
Guillaume : Non mais des courbettes façon XVIIe siècle, c’est ça Simon XVIIe ? J’ai pas fait fac d’histoire en fait. C’est un garçon très organisé. Non mais c’est vrai ! C’est aussi le seul à avoir un appart’ du coup on va souvent chez lui. C’est un mec qui gagne à être connu.
Simon (Basse) : Bon moi je vais présenter Guillaume, le batteur, très proche de moi puisqu’on forme la partie rythmique basse-batterie. C’est le conseiller juridique et stylistique du groupe. Jamais j’achète quelque chose sans lui avoir demandé.
Guillaume : D’ailleurs à propos, il faut que je te montre un truc que j’ai repéré.
Simon : Voilà, il est déjà en train de m’en parler. Oui je l’enlève ma capuche, je l’enlève. Dès que j’achète des fringues je passe par lui, et s’il aime pas c’est rédhibitoire.
Vincent (Guitare) : Bon donc moi je vais présenter Victor Solf. Solf qui se prononce Zolf à la française et Solf à l’allemande.
Victor : Non c’est l’inverse.
Vincent : Ok, mais bon, il est un peu allemand donc on dit Zolf. Victor, Victor que dire de lui ? Victor le chanteur, Victor amant, Victor parolier, Victor écrivain, Victor la voix du groupe, le leader charismatique, Victor le grand.
Guillaume : C’est pas vrai, c’est Simon le parolier, mais Victor l’incarnation des paroles. (nous désignant la coupe de cheveux de Victor) Victor, le wesh depuis peu.
Vincent : Victor précurseur, Victor introspection, réglementation, juridiction et annulation des fois.
Simon : Victor lunatique, Victor étrange mais Victor doux et affectueux parfois.
(Bruit étrange de Victor pour nous montrer sa sympathie)
Simon : Voilà.
Victor : Et moi je vais terminer par Vincent, guitariste d’abord mais avant tout un ami.
Vincent : Je suis super content de savoir que je suis d’abord guitariste avant d’être ton ami.
Victor : C’est le casse-cou du groupe, il aime prendre des risques, mais c’est aussi ce qui fait son charme. Il est radical, sans concession, quand il est ami avec quelqu’un, c’est quelque chose d’important, je l’ai compris avant hier. (Gros regard entendu) Vincent c’est avant tout des valeurs : protéger les autres, le courage avant tout. Il a sauvé Simon de la noyade.
JNSPUF! : On dirait vraiment un documentaire animalier tout ça. Quelqu’un pourrait-il présenter le cinquième membre qui vous a malheureusement abandonné ?
Guillaume : Simon tu as de l’inspiration ?
Simon : Le 5e membre c’était Léonard.  On est très tristes qu’il soit parti, on pensait vraiment partager toute cette histoire avec lui, ça nous a fait un choc de voir qu’il nous quittait, ça a rompu un équilibre musical. On a du retravailler une partie de notre répertoire pour l’adapter, certaines chansons ont mis longtemps avant de sonner à nouveau correctement en live. On retrouve cet équilibre depuis quelques mois.
JNSPUF! : Comment est-ce que vous décririez l’évolution musicale que vous avez suivi depuis vos morceaux rock plutôt basiques comme Dance Tonight vers des choses plus recherchées comme Gunshot par exemple ?
Simon : Je pense que c’est lié au fait qu’on consacre plus de temps à notre musique désormais, et donc on a naturellement envie de complexifier nos morceaux, ça me paraît assez logique. A un moment, on répétait à peine deux fois par semaine, et donc on avait envie de s’amuser avant tout et de pas se prendre la tête, alors que maintenant on est beaucoup plus perfectionnistes et exigeants vis-à-vis de nos compositions. Et plus ça va, plus on a la pression de composer des morceaux aussi biens que ceux qu’on a pu faire par le passé. On a aussi changé beaucoup notre technique de composition. Avant on apportait une base et on travaillait tous ensemble sur cette base, mais ça prenait énormément de temps pour aboutir à quelque chose de satisfaisant pour tout le monde, les morceaux changeait plusieurs dizaines de fois avant de se fixer définitivement, et depuis peu on essaye de faire plus de chansons et chacun essaye d’en mener une jusqu’au bout, comme ça on en a plus, et on peut choisir au final lesquelles garder !
JNSPUF! : Le morceau dont vous êtes le plus fiers ?
Vincent : Plus le temps passe moins je sais, mais je dirais quand même It’s A Sign, la plus rock de nos dernières compositions. Elle est vite devenue ce qu’elle est actuellement, et c’est ce qui fait son charme je trouve.
Victor : Moi ce serait Circle je pense.
Simon : Moi c’est This Is It, je sais pas si tu la connais, on la joue plus, c’est une vieille chanson, personne ne l’aime mais moi je l’adore.
Guillaume : Moi je sais pas, celle que j’apprécie en live c’est… Suspense ! Gunshots, je l’aime vraiment beaucoup.
JNSPUF! : Le morceau que vous jouez depuis le plus longtemps sur scène, c’est Dance Tonight ?
Tous : Ouais, c’est ça.
Vincent : C’est notre première composition, et c’est une des seules qu’on continue de jouer, c’est la seule qui a été commercialisée, donc on se force à continuer à la jouer tant qu’on a pas autre chose à proposer aux gens.
JNSPUF! : Et ça vous fait chier un peu non ?
Simon : Y’a toute une période où ca nous embêtait de la jouer, mais depuis qu’on l’a retravaillé pour la jouer à 4, et qu’on a rajouté une fin plus dansante c’est mieux. C’est une des chansons qui marchent le mieux en live, c’est pas évident de la retirer.
Vincent : Disons qu’elle a un rôle dans un set, on peut pas se permettre de l’enlever pour l’instant.
JNSPUF! : C’est quoi un bon concert pour vous ? Est-ce que vous passez du temps à travailler votre live ?
Simon : On a misé tout sur le live l’an dernier surtout, on le travaillait vraiment beaucoup.
Victor : On composait pour le live même.
Simon : Depuis cette année, on est dans une autre optique, on commence à aborder l’approche studio de la musique où tu peux te permettre de faire des choses plus lentes, mais étant donné qu’on a toujours pas d’album, le live reste très important pour nous c’est clair.
Guillaume : Après pour répondre à ta question, un bon concert pour moi, c’est quand tu vois que le public est pas trop dedans au début, il nous prend pour des branleurs parce qu’on est jeune, tout ça, mais où tu sens quand même que l’a priori change au fur et à mesure et puis quand il termine le concert avec le sourire au final, ça c’est génial.
Vincent : Par opposition à un concert où le public est fou dès le début et où tu te demandes si finalement c’est vraiment parce que ce que tu fais est bien.
Victor : On aime bien convaincre.
Simon : En live parfois, tu peux prendre du plaisir à jouer avec le groupe même si y’a pas d’ambiance, alors que des fois tu peux pas trop aimer du point de vue de la scène mais prendre du plaisir parce que l’ambiance est géniale. C’est les deux façons d’apprécier un concert pour moi.
Guillaume : Dans les deux cas t’écoutes de la bonne musique, donc c’est normal.
JNSPUF! : Du coup vous en êtes où dans votre premier album ?
Vincent : En tout on doit avoir entre 20 et 25 chansons, donc normalement suffisamment pour sortir un premier album, mais dans les nouvelles qu’on a écrites, il y a un travail d’arrangement à faire vu qu’on compte bien les mettre dans l’album. Et puis entre nous qui sommes pas tout à fait prêts pour les enregistrer et puis les maisons de disque qui sont intéressées sans pour autant se lancer, c’est un processus qui prend du temps. On est surement dans une dernière phase, mais il manque encore un petit déclic pour lancer la chose.
Simon : On est clairement dans cette optique d’enregistrement maintenant, quand on se voit c’est pour préparer notre album. On espère que ça va se faire avant l’été.
JNSPUF! : Est-ce que c’est pas difficile du coup vu que vous écrivez depuis assez longtemps de trouver une cohérence dans tous ces morceaux pour en faire un bon album ?
Vincent : C’est clairement ça le risque, de sortir l’album trop tard et de se retrouver avec limite un best-of de nos chansons.
JNSPUF! : J’avais lu que les styles qui vous influencez le plus, c’était le math-rock, la pop des années 80 et la new-wave, est-ce que c’est valable selon vous ?
(Débat acharné pour savoir si la new-wave, c’est la même chose que la pop des années 80)
Victor : On écoute beaucoup de musiques à synthé.
Guillaume : Wham notamment.
Simon : Depuis peu, on se met à écouter tous un peu la même chose mais à la base c’est vrai qu’on a pas du tout les mêmes goûts musicaux. Globalement, ces trois styles nous permettent de nous entendre à peu près tous.
Guillaume : On se contente pas d’écouter la musique des années 80, on passe beaucoup de temps à découvrir ce qui se fait aujourd’hui.
Vincent : Mais après c’est des tendances qui reviennent aussi beaucoup aujourd’hui, donc finalement les deux se rejoignent.
JNSPUF! : Ce que je voulais savoir, c’était comprendre ce qui vous intéressait dans ces styles musicaux, pourquoi vous vous êtes dit : “Tiens ça pourrait être sympa de mettre ça dans notre musique.”
Vincent : On aime bien en général le goût des musiques assez riches, pas forcément complexes, mais où on trouve beaucoup de choses dedans, les chansons que tu peux écouter et ré-écouter en boucle en découvrant de nouvelles choses à chaque fois. C’est des choses que tu trouves dans le math-rock ou le rock de Foals notamment, qui sont des choses très énergiques en général mais aussi très riches. Malheureusement, on peut plus trop la jouer à la Foals depuis que Léonard est parti.
Simon : C’est pour ça que le côté pop en live nous plaît, parce que ça permet d’apprécier le live pour l’immédiateté et la facilité d’accès malgré tout, et ensuite chez toi tu peux redécouvrir d’autres choses que t’avais pas spécialement entendu pendant le concert.
JNSPUF! : C’est Foals qui vous a initié au math-rock ?
Vincent : Non pas uniquement.
Guillaume : En fait, c’est surtout Vincent qui écoute du math-rock, moi j’en écoute très peu.
Victor : Moi je voulais juste dire que par contre j’ai remarqué qu’il y avait une nouvelle influence qui s’était glissée dans le groupe sans trop qu’on s’en rende compte j’ai l’impression, c’est des rythmes hip-hop.
Simon : Ouais, c’est vrai. J’écoute beaucoup de hip-hop, j’ai adoré le dernier album de Kanye West par exemple.
Vincent : Mais c’est un truc qui nous arrive souvent en fait. C’était la même chose pour les guitares cleans jouées aiguës et étouffées qu’on avait intégré sans trop y réfléchir à force d’assimiler la musique de Foals. Et c’est la même chose pour les beat hip-hop qu’a amené Simon.
Victor : On essaye vraiment de se laisser libre d’aller vers tous les styles, notamment It’s A Sign où s’il y avait pas quelques nuances pop electro, on aurait été proche de l’énergie brute  du garage-rock. Mais on s’interdit jamais de faire des chansons plus violentes, ou plus pop comme Julian ou Voices.
Simon : On teste beaucoup en live, ça nous permet de voir ce qui fonctionne bien comme style, et puis on sait de toute manière que ca reste notre musique, puisque c’est nous qui jouons tous ensembles, donc on a pas vraiment d’inquiétude de ce côté là. Ca nous permet de commencer à réfléchir à la direction qu’on prendra pour notre album.
JNSPUF! : C’est quoi la question qu’on vous pose trop ?
Guillaume : “D’où vient votre nom ?”.
Simon : “Présentez vous.”
Vincent : Non, la question un peu bateau, c’est : “Comment vous vous êtes rencontrés ?”. C’est pas idiot comme question, mais on a mis la réponse sur le Myspace pour qu’on arrête de nous demander, ça apporte pas grand chose je trouve.
Simon : Y’a pas mal de gens qui font des interviews sans poser une seule question vraiment musicale, c’est une des premières fois où on a l’occasion de parler un peu de musique, et c’est plutôt bien quand même.
JNSPUF! : Ouais, des trucs pas personnalisés quoi.
Vincent : Ca dépend, certaines interviews sont personnalisées mais différement genre “Si vous étiez un fruit vous seriez quoi ?”
Guillaume : C’est marrant quand même.
Vincent : Ouais un peu ça va, mais à un moment tu te demandes quand même ce que tu fous là. Disons que c’est bien quand le journaliste s’intéresse un peu à ce qu’on fait quand même.
JNSPUF! : A l’inverse, c’est quoi la question qu’on vous pose pas assez ?
Guillaume : “C’est quoi la question qu’on vous pose pas assez ?”.
Simon : On a vraiment hâte que les gens nous posent des questions sur notre album quand il sera sorti en fait.
Victor : La question qu’on nous pose pas assez, c’est “Pourquoi vous avez choisi cet artwork pour votre album ?”.
Simon : Les gens nous posent assez peu de questions sur les paroles aussi. Genre pourquoi Julian par exemple ?
JNSPUF! : Et alors pourquoi Julian ?
Vincent : Parceque Julian Casablancas, à la base ca vient de ça clairement.
Simon : Non, pas que ! Bon ok, si en fait.
JNSPUF! : Le mot de la fin ?
Simon & Victor : “This is the end my frieeend, the onlyyyy end.”
Vincent : Foals.
Simon : Une fois une fille nous a dit “Et sinon vous écoutez quoi à part Foals et The Whitest Boy Alive ?”. Là on s’est dit qu’on allait devoir changer nos réponses.
Victor : Espérons que le concert de ce soir soit bien, et qu’on puisse envoyer pleins de fauteuils au Maroc.