Australie suite et fin.

Une petite parenthèse pour commencer et vous annoncer que JNSPUF! se délocalisera pour un an en 2011-2012. J’aurai le plaisir de vous écrire depuis Stockholm alors que Cassius sera notre envoyé spécial à Édimbourg.
Je continue dans ma thématique “Australie” en évoquant ce soir le nouvel album de Cut Copy qui s’est engagé dans une voix comparable à celle de Midnight Juggernauts ou Tame Impala. Encensé par Pitchfork, c’était aussi mon disque de ce début d’année même si j’ai bien peur que la surprise de Radiohead ne vienne l’éclipser un peu vite…
Comme les membres de Cut Copy se plaisent à le dire, Zonoscope n’est pas seulement une collection de chansons pop taillées mp3, le groupe s’est appliqué à rechercher une cohérence globale, une histoire suit l’album tout en laissant s’épanouir dans chaque morceau un développement propre, un monde caché. Il faut aussi dire que les Australiens ont parfaitement compris la recette du tube électro-pop et qu’ils l’appliquent à merveille tout au long de l’album.
Comme beaucoup de groupes aujourd’hui, Cut Copy a su s’émanciper de la structure refrain-couplet. Le groupe à tendance à l’appliquer uniquement pour la forme avant que la chanson ne démarre vraiment. On pense à beaucoup de chose évidement, au côté “aquatique” d’Animal Collective, au groove de Wave Machine, aux envolées électro de Yeasayer et bien sur à tous leurs cousins australiens dès que les synthés démarrent et que les nappes prennent la place des guitares. Plus frais que Midnight Juggernauts (on retrouve par contre le même côté clair-obscur), moins psychédélique que Tame Impala, Cut Copy a vraiment un son.
C’est dans l’application portée aux rythmes et au moindre petit son qu’on comprend la richesse et la qualité de chaque chanson. On trouve un peu la même application que dans LCD Sounsystem, son par son, comme un mille-feuilles. On retrouve également le parlé-chanté de James Murphy sur certains titres.
Mais comme on l’a dit c’est surtout sur la structure des morceaux que le groupe s’est appliqué. Pharahos and Pyramids (un des tubes de l’année assurément) est le symbole de la “formule Zonoscope”. La chanson est coupée en deux, une première partie au rythme répétitif, aux basses profondes, où l’accent est mis sur les percussions et la voix, puis le pont arrive aérien, la voix s’élève à nouveau et le tube électro est lancé. Cut Copy joue vraiment sur le contraste entre passages bruts, monocordes et envolées lumineuses, aériennes et surtout ultra-efficaces. Sun God longue montée de quinze minutes qui flirte entre pop atmosphérique et électro french-touch vient clôturer ce Zonoscope qui finira sûrement dans les tops de fin d’année…
Le premier extrait du nouvel album de Radiohead pour ceux qui seraient passés à travers les mailles du filet…

À la revoyure.