Killersification.

Il fallait bien que ça arrive, on finit par se pencher sur un album sorti cette année : Mine is Yours des Cold War Kids. À l’écoute des premières chansons on a du mal à reconnaître le groupe de Long Beach : exit le rock rugueux, plein d’aspérités, hanté et les guitares lancinantes. On a plutôt l’impression d’écouter le nouvel album de The Killers. Apparemment les Californiens veulent changer de dimension et remplir des stades désormais. Ils sortent donc l’artillerie lourde et malgré mon goût prononcé pour le rock triomphant, il faut avouer que le résultat est finalement assez inégal…
Au bout de deux ou trois écoutes, on connaît déjà la plupart des chansons, je ne suis pas sûr que ce soit bon signe pour un groupe qui avait fait de l’enchevêtrement mélodique sa marque de fabrique. Le problème avec ce genre c’est qu’il faut assumer à 200% les hymnes franchement pompier pour que ça tienne la route ; là, les Cold War Kids ont une fâcheuse tendance à dérailler, à ne pas assumer totalement le mauvais goût… Il faut le dire, certaines chansons sont vraiment mauvaises – à commencer par Mine is Yours – mais s’il est facile de trouver tous les défauts du monde cet album, avouons tout de même que quelques titres sont assez irrésistibles, notamment Louder than Ever et Royal Blue.
Mine is Yours n’est donc pas le Bulldozer qu’il voudrait être (allusion subtile à un des titres) mais plutôt une expérience assez inattendue de la part des Californiens qui, on l’espère, reviendront vers plus de subtilité. Comme quoi, et contrairement à ce que certains pensent, n’est pas The Killers qui  veut…





À la revoyure.