J’aimais mieux le sautillant vs J’adore les mouettes.

Cassius
Etre méchant et critiquer négativement un album, c’est un truc hyper facile à faire et hyper rigolo en théorie. Mais moi en général j’aime pas tellement, parce qu’en vrai, je suis quelqu’un de très gentil, et j’aime pas dire du mal du travail des autres, alors je vais dire gentiment que ce nouvel album de Metronomy, il me déçoit quand même vachement.
De manière toute simple et toute égoïste, ce disque n’est pas ce que j’attendais d’un nouveau Metronomy. Alors certes, il est extrêmement bien produit, il se renouvelle joliment, il est très cohérent et habité par une ambiance très distinctive, mais malgré tout, je n’arrive pas à rentrer dans cet disque bien trop long et monotone pour moi. Mon dieu ces deux dernières chansons de 6 minutes qui ne disent rien de bien intéressant.
Je vais pas non plus vous mentir, j’aime bien les harmonies mais la lenteur de la chose me fait regretter le bon temps où Joseph Mount avait la gueule de bois, mais nous faisait danser malgré ça. Maintenant, non seulement il a la gueule de bois, mais visiblement il a plus trop envie d’en faire grand chose. Heureusement pour moi, la folie Metronomy est encore présente sur The Look, seule chanson vraiment géniale de l’album, où l’ancien sautillant et suranné cohabitent avec le nouveau minimaliste et tropical de manière vraiment dynamique et novatrice.
Pour autant, je ne dis pas que mon jugement est définitif et sans appel, loin de là. Je trouve désormais que She Wants est très chouette avec son bruit caractéristique de synthé/animal marin et son groove profond, alors qu’au début, je pouvais pas la supporter. Donc peut être que je finirais par changer d’avis, et je l’espère vraiment parce que je suis hyper frustré de ne pas pouvoir apprécier tout le potentiel de sympathie que ce disque semble porter. Et je vais pas me faire de copains, mais Everything Goes My Way a sans doute une des mélodies les plus insupportables que j’ai pu entendre depuis le début de l’année.

Greenwood
Alors pour le coup je ne suis pas d’accord mais alors pas d’accord du tout ! Je me fais une joie de faire partie de l’accueil unanime qui va entourer la sortie de ce disque. Cédons à l’euphorie collective : c’est bien sûr l’ALBUM pop de l’année. Dans le sens où il s’écoute tout seul : immédiat mais pas pour autant léger, imparable mais complexe. On connaît rapidement toutes les chansons mais leur force c’est qu’on ne s’en lasse pas : de la belle, de la grande Pop.
J’adore les mouettes. Elles mettent tout de suite dans cette ambiance si particulière que le groupe a réussi à créer. Il faut écouter cet album sur la plage, les yeux fermés avec le bruit des vagues pour apprécier chaque son. Chaque bruit, chaque note, chaque accord est parfaitement posé, cohérent, appliqué, d’une propreté synthétique incroyable, rafraîchissant, pétillant. Cette application dans la production me fait un peu penser à LCD Soundsystem (oui je n’arrive pas à faire le deuil…).
Et là où je suis encore moins d’accord c’est que Every Thing Goes my Way est tout simplement (au sens premier) parfaite : la voix pure, les “ouh ouh ouh” irrésistibles, les cuivres joyeux à la fin, on se sent apaisé quand on écoute cette chanson. La suite est un enchaînement de petites perles pop, electro ou dance avec comme facteur commun ce clavier entêtant au son extra-terrestre. Du très cinématographique Trouble au méga-tube Corinne, tout est réussi et très bien réussi.
Pour ce qui est des deux dernier morceaux “interminables” ? Moi je dirais aboutis, évolutifs avec une tension crescendo-decrescendo et un clavier daftpunkien sur Love Underlined qui en fait l’une des meilleures chansons de l’album à mon avis. Mais c’est tellement bien de ne pas être d’accord en musique que je n’en veux pas à mon collègue qui devait sûrement être accaparé par l’album des Kills… Sans rancune ;)



Marion

Une fois n’est pas coutume, je suis plus l’avis de Greenwood.
L’album est illuminé par quelques morceaux vraiment géniaux : The Look, She Wants, Corinne et The Bay sont en boucle sur mon ordinateur depuis un moment et toujours impossible de m’en lasser (ou de m’en passer d’ailleurs).

Mais on ne va pas réduire ce très bon disque aux titres les plus tubesques, l’album parle autant à la fille facile musicale que je suis (mais si, toi aussi qui me lit je sais qu’une part de toi est cette personne binaire qui trouve une musique soit géniale soit naze, avec comme critère objectif les oscillations de ta tête et ton aptitude à la chantonner en yaourt), mais n’oublie pas pour autant d’élever le débat.

La couleur n’est pas la même que dans Nights Out, mais je trouve que ça marche de la même façon (on va dire qu’on passe de la mélancolie sautillante à l’optimisme évaporé) avec un genre de lumière d’ambiance (ouais, je me la joue métaphore visuelle aujourd’hui) qui unifie l’album et encourage l’écoute en boucle.
Et puis bon y’a des mouettes quand même.