Faire des liens là où il ne faudrait pas.

[Avertissement au lecteur : Si tu t’en fous de ma vie et que tu as juste voulu voir ce que je raconte sur les Strokes et les Kills, rend toi directement au paragraphe numéro 4]
Taraudé par tout un tas de cruels dilemmes moraux, je me retrouve devant l’impossibilité de ne pas vous parler des deux grands disques des deux très grands groupes qui sont sortis cette année.
Il y a d’abord eu l’Angles des Strokes paru en grande pompe et le Blood Pressures des Kills, plus modestement annoncé. A priori, il n’y a pratiquement pas de liens entre ces deux albums, si ce n’est la procrastination de l’équipe expliquant leur absence commune sur ce blog. Et pourtant, au fur et à mesure que je repoussais sans cesse les deux articles à leur sujet, je me suis rendu compte qu’on pouvait quand même faire un parallèle entre les deux. Idée complètement stupide et sans doute très artificielle, mais maintenant que je suis lancé, autant tenter d’en faire quelque chose. Comme quoi, la procrastination peut sauver le monde des fois, mais pas trop quand c’est moi.
Je n’ai pas soumis l’idée au comité de rédaction de JNSPUF!, mais je pense que l’idée du diptyque, du face-à-face et du parallèle, ça leur aurait vachement plu (peut être plus que les albums en eux-même d’ailleurs ?).
Donc voici pour l’introduction sur le pourquoi du comment.
Dans l’apparence et les détails, j’ai un peu de chance, les deux albums se ressemblent sur beaucoup de points. Un excellent opener pour les deux (Machu Picchu, Future Starts Slow), et un single habilement placé derrière pour un combo d’ouverture qui parvient habilement à renouveler la formule des deux groupes qui en sont quand même à leur quatrième galette. Sur Angles comme sur Blood Pressures, on distingue les souhaits de changement, mais on retrouve assez bien nos marques dans les premières chansons. The Kills choisissent le skank et les Strokes lissent leurs guitares distordues pour un son définitivement plus années 80 qu’à leur habitude, mais dans l’ensemble, on est loin de crier à l’imposture.
Puis, de manière similaire, des gimmicks connus reviennent (Metabolism, Heart Is A Beating Drum), une ballade réussie sépare l’album (Call Me Back, Wild Charms), et tous deux tentent de nouvelles choses (le calme pour les Kills, les synthétiseurs pour les Strokes).
Mais si les deux albums présentent des points communs, il faut reconnaître que l’esprit général des disques n’est pas véritablement comparable. Alors que les Kills sont dans une progression constante vers une soul plus apaisée depuis le blues fiévreux des débuts, progression qui s’est toujours fait sans compromettre une production lo-fi, les Strokes nous présentent un album beaucoup moins cohérent, avec des erreurs de parcours*, des chansons hors-sujets (You’re So Right, excellente au demeurant), de la grosse production, mais une variété de styles assez étonnante.
Et si je dois reconnaître que j’aime énormément Angles, malgré tout les défauts sus-mentionnés, son côté approximatif souffre beaucoup de la comparaison avec l’excellence et la concision de Blood Pressures. Et dans ce sens, les pochettes reflètent plutôt bien mon sentiment.
The Kills – Blood Pressures
The Strokes – Angles
Et pour aller avec mon sentiment mitigé, je vous dirais que je suis également très déçu par l’album des Wombats (malgré mes attentes assez faibles) mais que j’attend avec impatience le nouvel album des Sons & Daughters, dont le teaser fait quand même un peu briller mes yeux.

* J’ai quand même pensé à Mika et à Muse à l’écoute de certaines chansons.