Un peu d’animation.

Après vous avoir parlé de Misteur Valaire en très bien , on a enfin eu la chance de voir nos nouveaux québécois préférés au festival Rock’n Solex. C’était un excellent “show”, avec  un concentré d’énergie et de morceaux géniaux et inventifs. C’était alors l’occasion de se servir à nouveau de notre libellé “entrevue”, un peu en déperdition depuis notre causerie fort sympathique avec We Are Wolves. On a donc tenté pour vous de comprendre de quoi ils nous causaient au juste, mais c’était pas bien évident.
 
JNSPUF! : Commençons vite et bien : Qui est Misteur Valaire ?
Luis (Percussions, voix) : Misteur Valaire, c’est 5 personnes qui habitent à Montréal mais qui viennent de Sherbrooke. On fait de la musique dite électronique, qui va du hip hop à la pop parfois orientée vers le rock, avec une instrumentation variée et dansante. Voilà.
Kilojules (Batterie) : Sans guitare l’instrumentation !
JNSPUF! : Comment est-ce que vous composez vos chansons ?
France (Basse) : T’as déjà fait des legos ?
Tous : Oh ouais, ça commence !
France (avec l’air de nous donner l’astuce pour échapper à la fin du monde) : Composer une chanson, c’est comme faire des legos. Tu prends une brique, puis après tu en met une deuxième à côté. Puis après ça tu met une troisième brique sur les deux premières et ça leur permet de tenir ensemble. Et à la fin quand on aime ce que ça donne, on dit tous «Yes on a une nouvelle compo !».
JNSPUF! : Et si vous aimez pas vous cassez tout ?
France : Ouais. Et on recommence. D’abord une brique, puis une deuxième, puis une..
JNSPUF! : Ouais, ok. Plus sérieusement, vous composez à partir de quoi, l’électronique, l’harmonie ? Plutôt instrument virtuel ou classique ?
Roboto (Piano, Trompette) : On n’a pas d’ordinateur pour composer, on en avait un mais on l’a cassé.
DRouin (Synthés, Saxophone) : On l’a ouvert, mais pas dans le bon sens.
Kilojules : Les chansons sont basés sur des beats qu’on programme et on ajoute les instruments dans l’ordre.
France : Mais il faut quand même dire que les paroles dictent vraiment la chanson, en général elles arrivent avant. C’est Luis qui les écrit.
Roboto : Luis, il anime en quelque sorte les chansons.
Luis : Pour toutes les chansons qu’on a composé, j’écris une sorte de texte introductif pour exprimer la direction qu’on veut que la chanson prenne. Après ça, on brûle ces paroles là, et on demande à d’autres gens de composer d’autres paroles par dessus.
Roboto : Mais tu continues au fond de toi de les animer malgré tout.
Luis : Oui, je les anime, c’est sur, même quand on les jouent. C’est comme une ligne directrice en prose que les gars expriment en musique. Souvent autour des couleurs.
DRouin : Ca fait combien de temps que t’animes d’ailleurs ?
Luis : Ca fait un bon bout de temps que j’anime.
Kilojules : Mais dans l’ensemble cette prose là tourne toujours autour d’un même sujet : les doigts qui puent.
Luis : C’est vrai qu’en général, même si ça m’arrive de m’écarter un peu du sujet, de parler de couleurs, d’odeurs, effectivement ça tourne souvent autour de mes doigts, ou les doigts de quelqu’un d’autre qui vont aller sur un clavier, jouer d’un instrument, mais toujours ces doigts qui puent, jamais ils s’arrêtent de puer. C’est le fil rouge de notre discographie.

JNSPUF! : Euh ok. Sinon c’est quoi pour vous la différence entre le français et l’anglais quand vous écrivez les paroles ? Qu’est ce que vous préférez utiliser et quand ?
Kilojules : Alors les différences principales c’est qu’en français on dit «Ze» et en anglais on dit «The» par exemple.
Luis : Toutes les paroles qui vont inspirer les chansons, les odeurs, les couleurs, tout ça c’est écrit en français, mais après les paroles qu’on retrouve sur l’album, c’est indépendamment en anglais et en français, mais c’est important pour nous qui venons du Québec que la démarche de base soit une démarche en français. Les doigts qui puent.
Kilojules : No «fingers» !
JNSPUF! : C’est quoi la question qu’on vous pose trop et pas assez ?
Luis : Il y a deux questions où on est un peu tannés de répondre c’est pourquoi Misteur Valaire et notre meilleur et pire souvenir de concert. Mais dans l’ensemble, une chose que j’ai remarqué, c’est qu’en France, les gens lisent les entrevues des autres, et donc du coup ils posent des questions sur des réponses qu’on a donné la veille, souvent un peu sorti du contexte malheureusement et c’est dommage. Mais c’était quoi la question déjà ?
DRouin : La question qu’on nous pose trop et celle qu’on se fait pas assez poser !
Luis : Ah oui, on parle un peu trop de modèle économique aussi et c’est vrai que c’est important, mais bon nous on aime aussi parler de notre musique un peu quand même. Alors oui on donne notre musique sur internet gratuitement, mais c’est plus un outil que le centre de notre démarche.
Kilojules : On se fait pas assez poser la question “Vous bossez pas pour des peanuts ?” je pense.
JNSPUF! : Même si vous en avez marre, vous voulez pas nous dire quand même votre pire et meilleur souvenir de concert ?
Luis : Si, si, ça nous dérange pas, bien au contraire ! En plus France, il a une super anecdote à raconter !
France : Est-ce qu’en France vous avez ça aussi la diarrhée ? C’est un phénomène répandu chez vous ? Parce que chez nous pas trop en fait. Bon mais en gros une fois on donnait un concert au Canada et dès la deuxième chanson, j’avais envie de tracer. J’ai quand même tenu presque tout le concert, mais bon les gars ont du m’attendre pendant le rappel. Tout le public qui criait «Let’s Go France !» c’était un grand moment.
DRouin : Et donc maintenant on va vous raconter notre pire souvenir de concert !

Kilojules : On jouait dans un festival extérieur, sous un grand chapiteau démontable, et il s’est mis à faire vraiment mauvais, de la pluie, du vent enfin tout quoi, c’était un espèce de cataclysme et le plafond à vraiment failli nous tomber dessus. C’était pas l’fun.