Procès Staliniens.

Après quelques teasers assez intriguants, les anglais dévoilent un premier single de l’album à paraître dans l’année. Une fois de plus nous ne sommes collectivement pas d’accord… Donc profitons de cette sortie pour nous déchirer et régler nos comptes sur le sujet…

Réquisitoire :

Je suis pas de mauvaise foi, donc je tente l’expérience : écouter un morceau de Coldplay, plusieurs fois de suite, pour essayer de comprendre pourquoi cette chanson est nulle. Difficile.

Avec ce nouveau single, Coldplay réussit l’exploit de faire encore moins bien qu’avant, sans pour autant nous donner l’impression d’avoir changé quoi que ce soit de la recette romantico-cheesy qu’on leur connaît. Donc c’est toujours les mêmes accords que pour tous les albums précédents, toujours le même son fadasse, toujours la même voix pseudo-triomphante, mais on récupère des vieux claviers bien niaiseux qu’on croyait enterrés quelques part dans les années 80 (merci Peter Allen) et on abandonne toute batterie un tant soit peu rythmée (OK la fin est époustouflante de dynamisme).

Le moment le plus insupportable, c’est le moment où survient le bon gros refrain qu’on sent placé stratégiquement pour optimiser l’usage des briquets dans les stades. On s’énerve un peu pour montrer qu’on est un groupe passionné, parce que quand même sinon c’est chiant, mais au final, c’est chiant quand même. Et merci bien pour les paroles façon emo.

Bref, on trouve déjà plus de vidéos de mecs qui jouent cette nouvelle chanson sur leur super synthé dans leur chambre que de gens qui ont regardé les vidéos de Battles pour la Blogothèque, alors je sais même pas pourquoi je suis encore là à vous parler de ce single dégoulinant. Bon il faut reconnaître quand même que la guitare un peu afro est plutôt sympa (bien qu’extrêmement répétitive), et que la mélodie reste tolérable, passé le haut le coeur qu’on éprouve à la première écoute. Voilà je l’ai dit. Le problème majeur vient surtout du fait qu’on va entendre cette mélodie jusqu’à n’en plus pouvoir dans les prochains mois à venir (qui a dit : “On n’en peut déjà plus !” ? Marion ?). Je déteste Coldplay. Désolé je suis irrécupérable.

Plaidoyer :

Bon… C’est vrai que Coldplay tend une nouvelle fois le bâton pour se faire battre. Les grincheux qui tapent sur eux depuis X&Y voire A Rush Of Blood to the Head vont se réjouir voire se complaire dans la critique (facile?) de ce nouveau single. Les anglais compilent tout ce qui a fait leur succès mais aussi tout ce qu’on leur reproche : c’est propre, c’est mainstream, c’est emphatique, plus que joyeux, innocent pour ne pas dire niais, ils surfent sur la vague clavier et c’est du déjà vu (assez similaire à Life in Technicolor je trouve) voire du plagiat (même si cette fois c’est assumé : on peut parler de quasi-sample).

En bref, ils font plutôt très bien ce qu’on attend d’eux depuis Viva la Vida... Peut-on pour autant leur jeter la pierre ? Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire à la première écoute, sourire un peu coupable mais finalement assumé : ÇA MARCHE. Alors NON je ne suis pas perplexe et voilà j’aime Coldplay, j’ai du mal à le dire mais rassurez-vous c’est une bonne maladie !

La mélodie est accrocheuse, le son évolue un peu, vers quelque chose de plus électro (I Turn the Music Up ! ) et cette guitare qui fait penser à une cornemuse est plutôt sympa. Ce single c’est de la pop de stade, on le retient dès la première écoute, c’est ce qu’ils font de mieux depuis plusieurs années et la pop de stade c’est bien de temps en temps, surtout dans les stades. Vivement le Mainsquare Festival !

Alors oui, Coldplay a sûrement définitivement préféré U2 à Radiohead mais à choisir j’aime autant que ce soit eux qui vendent des millions de disques. C’est peut-être la goutte qui fait déborder un vase déjà bien rempli pour certains, mais désolé je suis irrécupérable.

PS : Et c’est pas pour autant qu’il faut louper la Blogothèque de Battles !