Tête-en-l’air.

On ne parle pas souvent d’électro dans ces pages (en tout cas pas sans le “-pop” qu’on aime y ajouter), alors essayons de réparer cette faute surtout quand un grand disque sort et surtout si c’est un petit frenchie. Avec son deuxième album Rising Doom, Mondkopf remplit toutes ces conditions, c’est donc le cobaye du jour. Le français revient pour un album plus sombre, aux beats qui savent se faire tranchants sans pour autant nuire à des harmonies souvent ensorcelantes.
Mondkopf littéralement “tête de lune” en Allemand rend justice à son patronyme avec ce qu’on nomme dans la course effrénée au qualificatif de “l’électro-spatiale”. Et c’est vrai que cet album pourrait servir de bande-son à un Space opera aux allures un peu glauques. Comme si le rythme martial de ces nouveaux morceaux avait besoin de la galaxie toute entière pour exprimer sa violence sourde et s’émanciper des facilités de l’électro-atmosphérique.

Mondkopf arrive à rendre subtils et hypnotiques les beats surpuissants, les transforme en parenthèses cernées par la délicatesse d’un piano (Day of Anger) ou d’un passage en apesanteur (Where the Gods Fall). L’ambiance est parfois claustrophobe, parsemée de sons d’engins électroniques et de plaintes malsaines (Girls Don’t cry partII). On est d’ailleurs parfois assez proche de l’ambiance que Crystal Castles arrive à mettre en place.

Mais au-delà de cette obscurité galactique, des comètes étincelantes jaillissent, des fulgurances sous forme d’aurores boréales soniques (Intrus) qui transpercent ce grand trou noir qu’est Rising Doom. C’est dans cet exercice que le français excelle et les deux derniers morceaux en sont la preuve : des envolées grandioses comme des tempêtes solaires. Mondkopf peuple ses morceaux de puissances occultes, inquiétantes, qui font de cet album une grande fresque galactique.

 

 

 

 

À la revoyure.