C’est pas la guerre, y’a des barrières #2

Festival Beauregard Day Two
(rappel : Marion, Blou, Cassius)

17h
Comme d’habitude, incapacité chronique à voir les deux premiers concerts de la journée, car en retard (la faute aux 6 navettes passées devant nous la veille, mais nous reviendrons sur ce sujet sensible). Dommage, vu que Jesus Christ Fashion Barbe me faisait un peu rêver, et que ça semblait intéressant en live. Tant pis, ils sont du coin et je trouverai bien un moyen de les voir un jour ou l’autre. Toujours est-il qu’on arrive avec une bonne heure et demie de retard, et dans mon cas avec des courbatures aux cervicales (les festivals sollicitent beaucoup cette partie du corps trop souvent oubliée : on passe 7 heures à regarder en l’air parce qu’on fait 1m65, on secoue sa tête d’avant en arrière pendant Kasabian et Motörhead, ou de gauche à droite pendant Two Doors Cinéma Club, et après on couine. Amis festivaliers pour cet été voici mon conseil : mobilisez vous et n’hésitez pas à proposer des massages à vos amis pour combattre ce fléau et préserver vos nuques délicates). BREF.

Donc, on est arrivé à temps pour la demie-finale nationale de Air Guitar, à 17h. Honnêtement c’était pas vraiment nécessaire. Dans l’idée c’est chouette mais on était loin du combat au sommet. Et il a été envisagé d’abattre le présentateur, passablement relou malgré quelques éclats : “Elle était venue pour faire un Scrabble et pensait faire un mot compte-triple, elle a fait un Motörhead.” et une certaine lucidité : “Le public me dit ta gueule”…

18h05
Le Day Two commençait encore sous le soleil et dans la poussière, mais avec une fraîcheur toute danoise puisque c’est Agnès Obel qui ouvrait le bal pour mes oreilles. Du piano délicat, une voix somptueuse pour un joli vrai premier concert posé. Une belle introduction pour ma part.

18h55
Suivaient les Franco-Suédois de Herman Düne, première vraie grosse claque surprise du festival, avec des compositions antifolk/americana relevée d’une pointe de rock bluesy pour le live, soit un excellent moment, visiblement partagé. Leur dernier album va définitivement venir faire un tour dans notre mp3, et on vous en reparle rapidement. Big up pour la peluche et les visuels.

Il était prévisible que ce soit merveilleux. C’était mieux que ça. Sobre sur scène mais avec une présence pas possible. Pour moi, meilleur moment du festival, depuis je n’écoute plus qu’eux.

20h
Pour Morcheeba mea culpa, j’ai cédé aux tentations du parc et écouté mollement allongée sur l’herbe, un peu comme nous tous, le concert qui était pourtant vraiment bon. Avec la chanteuse en mode gourou à traine rouge, super classe dans le vent. Il y a eu tout au long du festival un courant d’air à l’avant de la scène qui donnait un effet “vent dans les cheveux” classe-américaine du meilleur effet.

21h05 
On a pas tout aimé des Cold War Kids (l’absence de piano sur Hang Me Up To Dry, ça craint sérieusement du boudin, et un léger sentiment d’alcool mou qui flottait dans le groupe) mais l’ambiance était plutôt bonne, les chansons du dernier album pas aussi exécrables que je l’avais imaginé, et le bassiste vraiment amusant.

Début de concert super bordélique : problèmes de son, musiciens à l’ouest, chansons du dernier album… Puis, grosse montée en puissance sur la fin. De plus en plus désarticulés et désorientés, voire complètement foldingues. Le bassiste, niveau “j’ai pris des produits, je suis incapable de contrôler les mouvements de mes yeux, mais je ne lâche pas ma basse” supplante celui de The XX l’an dernier, pourtant perché bien haut. Du coup, les trois dernières chansons issues du premier album étaient épiques, et pour tout dire absolument géniales. St John en clôture c’était de la pure folie.
De 21h à 00h dans les loges

Pendant ce temps, à l’accueil des artistes… La chanteuse de Morcheeba n’aurait vraiment pas dû opter pour ce leggins vinyle couplé avec ce qui semblait être une tunique classieuse de loin, mais qui finalement s’avérait plutôt être un Tshirt décathlon découpé et plissé. J’aurais aimé voir les barbes des ZZ Top de près, mais ces capricieux avaient demandé une loge à l’écart… Les artistes de ce samedi soir n’étaient pas vraiment tournés vers le jeu ludique, mais plutôt sur la boisson, à l’instar des Da Brasilians : de bons vrais normands, à un pack de bières chacun avant leur concert (voire deux ou trois pour ce petit claviériste heureux de vivre). Mais n’empêche, comme j’ai pu voir leur concert plus tard, je peux affirmer que c’est de la bombe, même s’ils sont ivres. Les chœurs ont des airs de Fleet Foxes/Gush, planant à souhait, doux et joli… 

Mais puisque les artistes ne voulaient pas jouer, j’ai papoté et fait un peu d’animation avec les enfants V.I.P, filles et fils de la bourgeoisie normande et parisienne… Un autre monde. Ainsi,Timothé, 11 ans, a pu me raconter toute l’affaire DSK à sa façon, avant de me confier que si ses parents voulaient qu’il soit avocat plus tard, il préférait “faire du skate et élever des chevaux” comme plan d’avenir. 

 

23h15

Je continue mon récit épique seule, puisque nos deux bénévoles travaillaient ce soir là… 
La prestation de Concrete Knives a plus que confirmé tout le bien que je pensais d’eux après les Transmusicales. Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils sont de plus en plus forts ces normands. La chanteuse est un genre d’ersatz de Karen O sautillante en pantalon patte d’ef taille haute. Et pour une fois on est pas dans le cas habituel de la chanteuse charismatique qui fait son show avec un groupe de musicos taciturnes au fond de la scène. Puisqu’ici, tout les membres du groupe sautent partout (big up au mec en short vert), et quand il y a une chanson dans laquelle la chanteuse ne sert à rien, elle va se cacher en coulisse. Je vous les recommande chaudement.
00h05
Bon alors les ZZ Top… Mouais, bah même au second degré, ca reste vraiment très kitsch. Avec des images très moches projetées sur un écran très grand (des clés à molettes en 3D qui volent… Mais pourquoi ?) et des potiches en body à plumes. En plus il s’est chuchoté que c’était du playback.
01h25

Pendant Stromae, nous avons bu d’autres bières dans l’herbe, mais on aurait réellement pu aller danser avec les gens, et même s’il a recommencé huit fois sa chanson phare, c’était quand même un peu drôle et on avait presque envie d’y aller. En plus, je crois qu’il est cool en vrai ! Je n’ai pas eu la chance de le croiser dans les loges, pourtant j’avais parié que je ferais une pétanque avec lui…

2h30, Cassius revient du parking
Un final plutôt amusant avec les St-Lois de Da Brasilians, programmés après toutes les têtes d’affiches, mais qui ne se sont pas démontés et ont fait dansé gentiment le public sur leur sunshine pop très chouette (oui, ça implique de chanter en cœur entre garçons et de jouer du ukulélé. Si tu es une fille, tu risques de perdre des neurones sur ce coup là, mais ça vaut le coup.) Je commence à penser sincèrement qu’au moins la moitié des gens de St-Lô jouent dans un groupe de rock (et ont une bonne descente), et que sous ces airs de bourgade normande renfrognée se cache en vérité une métropole à hipsters, prête à envahir l’East End londonien à tout moment. La théorie du compLô en fait.

End of Day Two !