C’est pas la guerre, y’a des barrières #3

Festival Beauregard, Day Three !
16h15
En ce dimanche 3 juillet, nous n’avons loupé qu’un seul concert, celui de Lull, petit groupe de pop-folk de la région du festival Musilac, à Aix-les-bains…

C’est donc pendant Anna Calvi que nous sommes entrés dans le parc du château de Beauregard. Sa voix douce et grave était plutôt canon, on peut le dire. On n’est pas rentré dans la foule normande parce qu’on voulait rester sur le qui-vive pour Eels une heure après, mais vraiment, c’était joli, assis dans l’herbe.

Très belle voix, très belle guitare, très belle mise en plis. Pas vraiment la claque promise par une bonne partie de la presse musicale, mais c’est tout de même vraiment bon.

17h05

A ce moment précis du dimanche après-midi, on a assisté à un concert de fou, et mes aventures dans les loges me rendent peut-être pas très objective, mais vraiment, Eels, c’était merveilleux. La cohésion parfaite entre tous les membres du groupe se faisait ressentir, même si tous les musiciens ont changé depuis la création du groupe en 1995, par Mark Olivier Everett. C’est à la fois rock’n’roll et un peu électro comme on aime. Fresh Blood et Novocaine for the soul restent évidemment nos préférées, mais Mr. E. Beautiful Blues et Saturday Morning se défendent vraiment bien également.

Le concert de The Kooks était essentiellement un bon gros moment de nostalgie de années lycées, mais on a bien aimé avoir 15 ans again, d’autant plus qu’il faut souligner que les Kooks restent d’excellents musiciens, et assurent bien sur scène. On a pas tellement compris pourquoi ils nous avaient joué la moitié de leur nouvel album inconnu au bataillon, parce que pour mettre l’ambiance, on a vu mieux.

Effectivement, l’ambiance lycéenne était au rendez-vous, mais je n’ai vraiment pas trouvé ça désagréable. Je n’avais pas dansé et sauté comme ça dans un concert depuis longtemps (sans doute les Wombats à Arras en 2008…), et ma foi, c’était plutôt cool. Il y avait, certes, toutes ces adolescentes folles du chanteur, qui couvraient les guitares avec leurs cris aigus, mais on le savait avant d’y aller, ce sont les Kooks, quand même… On aurait bien sûr préféré plus de vieux morceaux, histoire d’y aller à fond dans la nostalgie pré-adolescente.

19h15 20h2021h25
Keziah Jones, c’était chouette, mais Zazie et Patrice pas franchement ma tasse de thé, donc je vais en profiter pour parler d’autre chose. J’éprouve beaucoup d’affection pour Beauregard, mais il fait reconnaître que John le châtelain ne manque jamais une occasion de s’embourgeoiser. OK, l’herbe est verte et on est dans le parc d’un château.
OK, il y a des bars à huitres, c’est rigolo. Mais il reste une poche de résistance pour le festivalier primaire qui sommeille au fond de chacun d’entre nous. Car s’il n’est pas franchement envisageable de se bourrer la gueule à la bière tiède et cheap (puisqu’à Beauregard, les bières se font fraiches, souvent normandes et donc chères), il reste un dernier endroit où les instincts sauvages ont droit de cité : la navette. Dans un premier temps, grosse déception : alors que l’an dernier la cohue était totale et sanguinaire pour rentrer dans les bus mis à dispositions par l’agglomération caennaise, cette fois çi, horreur : c’est pas la guerre, y’a des barrières. (Impossibilité donc de sauter sur les gens, de doubler tout ce qui bouge et de s’agripper au bus jusqu’à ce qu’il démarre.) Mais, finalement, une dégénérescence salvatrice a redonné progressivement aux navettes leur vrai rôle : une zone de non-droit où les activités pratiquées sont :
a) Boire des bières,
b) Chanter des chansons paillardes
c) Pratiquer le air-vomi, discipline qui surpasse souvent dans son exécution le air guitar

Et moi, pendant ce temps, je travaillais. Enfin, exactement, je buvais des bières avec Mark Olivier Everett des Eels en regardant les autres membres du groupe jouer au badminton… Parler de Radiohead avec ce mec est plutôt hallucinant quand on y pense. Encore aujourd’hui en y repensant, je n’arrive pas à réaliser comment j’ai pu converser tout naturellement un peu moins de deux heures avec ce type.J’ai également pu observer Keziah Jones faisant une merveilleuse battle de Air Guitar sans musique, avec Gunther Love (ou visiblement sa doublure, selon les propos d’un des prétendants au titre de Champion du monde de Air Guitar 2011… Info ou intox ?). Bref, tout cela confirme vraiment le caractère exceptionnel des rencontres que l’on peut faire…

22h40
Après ces parenthèses de première nécessité arrivait la tête d’affiche de la dernière soirée, les Anglais d’Archive. Leur concert était comme on peut l’imaginer, immense et sombre, alternant passages surpuissants et mélodies en apesanteurs. Trip hop lourd, pop hypnotique, un vrai bon compromis entre Mogwai, Massive Attack et Radiohead. 

 

00h35
Et pour conclure ces trois jours de festival, les Ting Tings nous ont joué leurs tubes tapageurs, et le public a soulevé la poussière une dernière fois. C’est toujours mieux de finir avec une anglaise blonde en short.
End of Beauregard

Bonus : On a bien aimé les gentils bénévoles,
+ discuter rock de papa avant Archive (moi mon père il a vu Trust 17 fois)
+ croiser Katerine tout perdu dans le festival
+ tenter de gagner un iPad et récupérer des bonbons pas bons

+ aussi, proposer au groupe, et surtout les navettes air-vomi et Space Mountain