John Division

“Composer, performer, producer” et… “professor of philosophy”, ce sont les “Occupations” de John Maus selon Wikipedia. Ce à quoi on peut sans doute ajouter, sans grands risques, collectionneur de claviers rétro-futuristes sortis tout droit des années 1980… Si on veut être très flatteurs on peut dire que le bonhomme fait du New Order avec la voix de Ian Curtis. Et pour cause, Maus a une voix assez troublante, nappée de brume et agrémentée d’une reverb’ gothique à la limite du bon goût.

“Honestly, I though I was making Top40 kind of stuff”. A l’écoute de “We Must Become the Pitiless Censors of Ourselves” (rien que ça), on réalise que l’Américain s’est un peu fourvoyé… ou du moins s’est trompé de décennie. Entre grandes orgues glaçantes (And the Rain) et requiem morbides (We can break through) l’album semble avoir été enregistré dans les catacombes d’une Église glauque (d’un phare comme le suggère la pochette ?), sous la pluie, en hiver, tout seul. Même si quelques morceaux sont plus sobres et peuvent faire penser à The National (Hey Moon), le son fait tout de même penser à un album de New Wave un peu mal vieilli… Mais comme on peut apprécier New Order aujourd’hui, John Maus réussit un tour de force en rendant cette “presque caricature” assez bluffante une fois dépassée la première impression. Streetlight, Keep Pushing ou encore le dernier morceau Believer, en apothéose, dans le même genre de froid désespoir qu’un Ceremony (la chanson en hommage à la mort de Ian Curtis). Pour les fans du genre.

A la revoyure.