Le regard du jeune con.

Le sens commun musical répète inlassablement que c’était mieux avant, que le rock des sixties et des seventies, c’était quand même aut’ chose que vot’ musique de merdeux là, et qu’au moins à l’époque il y avait encore des vrais groupes qui déplaçaient vraiment les stades. Et des fois je pense pareil et j’écoute de la musique de vieux. Mais ma musique de vieux préférée, c’est celle des années 80. Là vous venez de m’imaginer en train de chanter et danser la chenille. Si si j’ai bien vu. Bon c’est pas bien grave, mais vous êtes un peu à côté de la plaque, parce qu’en vrai moi j’ai profité de l’inactivité musicale estivale (disquairement parlant entendons nous) pour venir vous parler du post-punk et de la new-wave. C’est un genre relativement populaire, parce que remis au goût du jour avec Franz Ferdinand, Bloc Party and co, mais en vrai moi l’influence parentale m’avait de toute manière plus orienté du côté du trio qui va suivre que du côté des hippies.
Pour moi, la passion de cette époque part du punk anglais, des Clash avant tout, un groupe dont il est inutile de démontrer par A + B l’importance et l’excellence. En vrai, c’est sans doute l’explosion simultanée des Clash et des Sex Pistols qui lance la machine, mais les Sex Pistols sont surtout un symbole plus qu’un groupe aujourd’hui. Et d’un coup débarque un de mes groupes préférés de l’époque, Killing Joke. Ils posent tout simplement les caractéristiques sonores des années 80 en dévoilant des guitares tranchantes, des synthés devenus caractéristiques, une basse bondissante, une batterie tribale et un chant scandé. La voix écorchée a influencé de gens comme Nirvana, Metallica, Korn et compagnie. Oui la fin de la liste vous fait peut être moyen rêver, mais n’empêche que Killing Joke est un groupe à l’humour noir génial, moins bourrin qu’il n’en a l’air, et qui a même fait des merveilles pop et kitsch telle que Love Like Blood par la suite.
Au même moment paraît Entertainment! de Gang Of Four, un disque aussi génial que méconnu, bien plus influent que son succès commercial ne le laisse paraître. Si vous n’avez jamais écouté Damaged Goods, Anthrax ou Natural’s Not In It, il est temps de vous y mettre. En plus de 30 ans, leur son n’a quasiment pas vieilli, fait rare pour être mentionné.
Et puis les Talking Heads pour finir, les plus connus de mon trio gagnant, parce qu’il est important de rappeler le génie de ces quatre new-yorkais capable de réconcilier avec une simplicité affolante le funk et le punk. Leurs mélodies surprenantes et l’excellence de disques comme Fear Of Music ou leur chef d’oeuvre Remain In Light en font un groupe culte des années 80.