La Route du Rock.

Avant de nous aventurer dans une nouvelle saison musicale très particulière car assez multiculturelle sur JNSPUF!, on a été tâter de la cagoule à la Route du Rock, et honnêtement, ça valait carrément le coup. Le live report de la Route du Rock le plus en retard de toute la blogosphère, here we go !

 

Day 1
Ce qui est cool avec la Route du Rock, c’est qu’il y a une super bonne ambiance dès que tu te pointes sur le camping. Ce qui est moins cool c’est qu’on a par conséquent loupé tous les concerts de début de soirées avec une constance admirable.
En arrivant, on a pu voir un tout petit bout de Sebadoh, mais on était trop occupé à faire la queue pour acheter de l’argent pour pouvoir apprécier à sa juste valeur les riffs de la formation Domino-approved.  Du coup ça nous a permis une entrée en matière royale avec comme premier vrai concert du festival Electrelane. Et autant vous dire que ça envoie. On peut pas vous dire d’aller les voir parce qu’elle ne font quasi aucune date, because le goupe est séparé depuis 2007. Mais la reformation pour quelques concerts était une très très bonne idée, et du coup il faut faire chauffer spotify parce que la discographie est clairement à la hauteur du live. De l’hypnose légère sous piano sympathique au rock noisy et franchement bourrin, on a été surpris et transcendés, chose peu aisée quand tu ne connais qu’un vague titre d’un groupe et que tu viens seulement de débarquer au Fort Saint Père de Marc-en-Poulet (oui, c’est comme ça). Apparemment le groupe est culte. C’est d’ailleurs là où ils sont bons à la route du rock, parce que du coup tu peux te sentir super privilégié en allant voir le concert d’un groupe culte, alors qu’à la base tu savais même pas qu’il étaient cultes. On doit pas être hip depuis assez longtemps.
Dans le genre culte : Aphex Twin qui clôturait la première soirée. Bon on est pas resté vu que c’est de l’electro méchante ultra agressive, et qu’on a compris le concept de musique fonctionnelle faite pour être dansée et non écoutée que le lendemain matin avec une conférence excellente de Christophe Brault sur le label Warp. Même si l’ami Aphex est sensé faire de l’intelligent dance music, terme qui signifie électro écoutable quand tu ne danses pas, il a beaucoup usé de son versant pas très intelligent, en fait. Mais on a quand même des infos de seconde main qui décrivent sans doute assez bien l’ambiance de la chose : “C’était très désagréable mais on a beaucoup aimé” nous expliquerons nos voisins de camping.
Mogwai, c’est le concert parfait pour passer un bon moment à planer, mais le souci, c’est que planer sur leur concert peut te faire partir dans tes propres pensées, ce qui ne facilite pas la concentration sur le show. Leur musique est assez phénoménale pour ça, même si quelques chansons du dernier album restent plus terre à terre, ce qui est appréciable (Mexican Grand Prix notamment).
Suuns valent le déplacement, leur album n’était pas transcendant, mais sur scène ça fonctionne. Un poil ennuyeux par moment (et inutilement criard, me soulignent mes pauvres oreilles martyrisées), peut être, mais Armed For Peace et Arenaen live, c’est quand même assez puissant. Et le chanteur est super fort en grimaces.
Day 2
Le samedi c’était un peu la folie pour la programmation. Cults, Blonde Redhead, The Kills et Battles tout d’un coup comme ça, c’était limite trop. Du coup il a plu comme pas possible pour mettre un peu de tension dramatique.
L’occasion de s’abriter sous une tonnelle de grande qualité (et de louper les deux premiers concerts) et nous étions prêts à danser sous la pluie et dans la boue au son de l’antithèse de la boue et de la pluie, nos chouchous très très pop de Cults. Des chansons légères et sucrées qui aurait été parfaitement accompagnées avec du soleil, mais à défaut, c’était quand même le concert idéal pour se motiver pour la rude soirée qui s’annonçait.
Blonde Redhead a globalement fait le même effet avec ses ambiances éthérées, avant de réveiller tout le monde à grand coup de titres no-wave tirée de la première période du groupe. Kazu Makino semblait mal en point à certains moments (un problème de voix si on a bien tout compris), mais qu’importe, le public lui a apprécié les compositions variées du groupe, et nous aussi.
On était bon pour un tandem de folie en guise de conclusion, puisque The Kills puis Battles devaient se relayer pour essayer d’achever un public apparemment increvable (et c’est tant mieux).
The Kills donc fût un excellent concert où une large part de la setlist était consacrée à leur dernier album que je trouve vraiment bon pour ma part, donc rien à redire de ce côté là, et si quelques classiques ont été oubliés (genre Superstition ou Fuck The People), et que le duo a apparemment perdu de sa tension sexuelle et animale, on a quand été super ravis de les voir enfin après tant d’années à les louper pour des raisons franchement mauvaises. Ils avaient l’air plutôt contents d’être encore là (enfin ça c’est difficile à juger quand même), et plutôt contents de nous jouer ce dernier album.
Battles pour conclure, c’était l’explosion suprême, le feu d’artifice, la puissance musicale à l’état pur. Une simple tuerie tant au point de vue des capacités musicales du trio (que personne ne met en doute) : un double claviériste-guitariste-joueur de cloche à vache-danseur acharné, un batteur-machine et un guitariste-bassiste-électronicien qu’au niveau de l’énergie déployée. Mais le plus fort avec Battles, c’est surtout que ces capacités sont au service d’une machinerie ludique et folle. Les morceaux sont minutés, les sonorités sont paramétrées et les morceaux sont remixés en live pour assurer des transitions cohérentes. Mais qu’importe : le plus important étant que le tout forme une grande montagne russe musicale qui surprend constamment et donne l’impression de n’être régie que par les cerveaux fous de Battles. Une grande montagne russe qui donne parfois mal au coeur, parfois des frissons, souvent un grand sourire béat d’admiration. On adore ou on déteste, en fait.
Day 3
Etant donné que nous sommes des personnes hyper-influençables, on a pas été voir Here We Go Magic pour cause que la Plage Bon-Secours est vraiment géniale quand il fait un peu beau, et qu’en plus oh ils passaient des titres de Domino Records, ainsi qu’un concert de Frànçois & The Atlas Mountains sur la plage. Le genre de choses parfaites qui n’arrive jamais à un festival normal. Du coup, on était hyper occupé à ne rien faire, en se laissant bercer par la pop multiforme de la première signature française de Domino.
On est quand même arrivé pour Cat’s Eyes, parce que faut pas déconner non plus. Au début du concert, c’est plus ou moins Faris et son orchestre, et c’est pas franchement convaincant. D’autant plus que ce qui est chouette avec The Horrors, en live c’est qu’ils ressemblent à des vampires et et jouent à faire peur en agitant les bras. Alors forcément quand il se retrouve seul à faire l’oeil torve de corbeau menaçant, ça perd un peu. La partie garage rock 60s fonctionne plus ou moins bien, mais le set décolle dès que Rachel Zeffira (sa girlfriend chanteuse d’opéra) ouvre la bouche. Ce qui est dommage c’est que les deux univers ne fusionnent pas aussi bien qu’on avait pu l’espérer. Et en fin de compte de toute façon pour le théâtre de geste on a eu Alisson Mossart la veille ce qui console.
Le set des Fleet Foxes était quand même la grosse sensation de cette journée, donc on attendait avec impatience de voir ça, et c’était vraiment une pop lumineuse et généreuse comme sur les disques, avec un bonus chaleur humaine vraiment très bien. Le deuxième album est au moins aussi bon que le précédent en live (même si je le connaissais moins pour ma part, à l’exception de The Shrine/An Argument qui est un vrai chef d’oeuvre). Le leader est peut être trop mis en avant, mais ça semble assumé par tout le monde donc on va dire que c’était normal.
Après on a eu Crocodiles, et je sais pas si c’est la fatigue accumulée des trois jours ou quoi, mais le set ne m’a pas semblé franchement à la hauteur de mes attentes. Trop long et trop répétitif, une fois les morceaux de bravoure passés (I Wanna Kill & Hearts Of Love notamment), la machine rock’n’roll tourne un peu à vide. Dommage.
De toute façon, tout le monde attendait avec impatience Dan Deacon dans la foule. Et il faut avouer que la performance était surprenante. Un mec seul qui joue dans le public avec une console de mixage qui ressemble plus à une console de jeu vidéo, il y a de quoi être perturbé. Des indications franchement étranges nous sont donnés, indications couplées à une musique électronique joyeusement tapageuse et complètement folle.  Il est nécessaire de s’investir à 100% pour apprécier une telle bizarrerie. C’est en tout cas le seul concert vraiment original et intéressant que la scène de la Tour (une cabane planquée derrière la régie son) a eu à nous offrir sur le festival.
Et pour conclure Mondkopf, de l’electro super bien produite et assez inventive.Et du coup, on était assez large en pain de mie.Marion & Cassius