Auto-asphyxie

Alors que leur dernier album constituait pour moi une merveille de pop fantôme, qui fait peur, mais qui possède de sacrés refrains bien catchy quand même, les Sons & Daughters se sont renouvelés sur leur nouveau opus Mirror Mirror, un disque plus complexe.

Ceux qui avaient l’habitude de nous offrir une pop légère avec des paroles flippantes donnent maintenant dans le psychédélisme froid d’influence clairement gothique. Alors sur c’est plutôt sympa d’écouter ça à quelques jours d’Halloween (qui en a encore quelque chose à foutre de ça d’ailleurs ?), mais c’est pas non plus la meilleure idée du monde. Explication :
Si certaines chansons supportent bien ce changement de forme (Rose Red, et l’ouverture Silver Spell, malgré quelques longueurs), c’est essentiellement grâce à la science du songwriting dont fait preuve le quatuor glaswégien, capable de tirer chorus et refrains entêtants d’à peu près n’importe quoi (peut être pas du haggis ceci dit). Le groupe ne semble pas tout à fait à l’aise avec l’univers très étrange qu’ils souhaitent inspirer, apparemment proche de The Birthday Party, un groupe certainement culte, mais surtout très flippant. Ca donne donc un album mitigé, avec des chansons parfois vides et parfois molles, qui forcent trop l’hypnose pour qu’on puisse y croire véritablement.
On retrouve donc parfois les excellents refrains qui avaient l’habitude de foisonner auparavant, mais on reste avant tout un peu frustrés, face à tant de potentiel gâché. Quatre très bons titres (The Orion, Red Rose, Silver Spell, The Model) ne suffisent pas pour sauver le lot.
A trop s’enfermer dans un revival précis (sans y apporter franchement de grande nouveauté, au passage), les Sons & Daughters se sont un peu auto-asphyxiés. Dommage.