De l’Ecosse, partie I.

Il y a quelques jours, j’ai malencontreusement mis mes doigts dans la prise. Non, pas au sens littéral, bien évidemment j’ai arrêté d’avoir 5 ans il y a longtemps déjà, mais lorsque j’ai écouté la première chanson de ce groupe qui m’était alors complètement inconnu, les We Were Promised Jetpacks. Pourtant, à Edimbourg depuis un mois, j’avais bien compris que quelque chose se tramait de ce côté là (les campagnes de com’ sur la sortie du nouveau disque, le concert du groupe au Liquid Room, ce genre d’indices subtils).
Un coup de coeur sur un disque de rock, j’avoue que je ne m’y attendais pas franchement. (Quoi !? Y’a même pas un petit synthé de temps en temps? Ah si quand même.) Il m’a quand même fallu un certain temps d’adaptation pour comprendre dans un premier temps qu’il ne s’agissait pas là d’un mauvais groupe de pop-punk à l’américaine, mais bien d’un vrai groupe de rock extrêmement malin et pleins de richesses.
Car si l’énergie et les riffs de guitares explosifs sont puisés chez les américains (on pense à Sonic Youth notamment, ce qui n’est pas une mauvaise chose loin de là), les quatre écossais ont également pris soin de travailler les structures de leurs morceaux afin d’emprunter au post-rock des constructions alambiquées et progressives, ce qui fait constamment osciller leurs chansons entre explosions sonores et mélancolie latente.
Mais loin de donner dans la répétition, In the Pit of the Stomach, leur nouvel album, sait parfaitement doser les explosions, pour procurer divers degrés de puissance, parfois au sein d’une même chanson. Si on se concentre un peu sur l’ouverture Circle & Squares, on remarque qu’en à peine une seconde, les oreilles sont déjà saturées de cymbales crash, et de distorsions en tout sens, puis le tout retombe avant de repartir sur une cascade de guitare apaisées qui construisent un build-up immense que ne renierait pas Sigur Ros. Un titre très varié, donc. Medicine enchaîne lui sur un note clairement plus post-punk que post-hardcore, avant d’emporter le tout dans un refrain puissant et irrésistible. Et si l’ensemble est très bon (avec parfois quelques longueurs, avouons le), certains morceaux se distinguent nettement, comme Boy In The Backseat ou Picture Of Health, sans doute mon titre préféré. Pour les amateurs de Danananaykroyd et Mogwai.