Us Against the World

En tant que défenseur acharné de Coldplay, c’est à moi qu’incombe la responsabilité de parler de Mylo Xyloto. Pour une fois, je pensais avoir toute la blogosphère et la presse musicale de mon côté. J’allais dire que cet album est celui qui me fait basculer du côté des détracteurs de Coldplay. C’est vrai que les premières écoutes m’ont un peu effrayé, surtout ce duo avec Rihanna, mon dieu c’est vraiment pas bien du tout : “Chris tu tends le bâton pour te faire battre”. Et puis il y a eu cette chronique de Pitchfork, qui met 7/10 à Mylo Xyloto alors que Parachutes et A Rush of Blood to the Head ne recevaient que 5 et des poussières, qui m’a donné envie de réécouter l’album et de lui trouver des points positifs. Parce que quand même, Martin c’est un bon gars et que le commerce équitable c’est bien pour la planète.

C’est certainement le moins bon album des Anglais, mais est-ce pour autant un mauvais album ? Il ne finira pas dans les top-list de fin d’année, mais je pense que ce n’est plus vraiment ce qui les intéresse. Coldplay renonce totalement à innover ici et suit la voie dégagée par Viva la Vida (la chanson pas l’album – qui à mon sens était l’un de leurs plus ambitieux). Car ce ne sont pas ces sonorités un peu plus électro ni ces effets vocaux douteux qui vont marquer une profonde rupture musicale. Au-delà de cette stagnation, Coldplay a même perdu quelque chose avec les années, ce songwriting, cette innocence qui avait fait le succès de Parachutes et qui peu à peu a disparu et fait place à production au son dévastateur de Brian Eno…
Ce qui était leur fond de commerce, les “love-songs” (UFO, Up with the Birds, Us Against the World) sont d’ailleurs globalement assez faibles, sinon ratées sur MX (“Mylo Xyloto” c’est vraiment au moins aussi laid que la pochette de l’album), elles ont définitivement perdu l’étincelle de Trouble ou Amsterdam. Le reste est débordant de joie, à un tel point qu’on ne peut pas y rester totalement hermétique malgré les solos de guitares assommants de Jon Buckland…

Il ne faut pas tout jeter… Paradise, Charlie Brown, Don’t Let it Break your Heart et même ETIAW (dont on avait parlé assez longuement ici) vont remplir nos oreilles pendant des mois ; et oui, je pense qu’on “turnera la music up” comme dirait Martin (ETIAW) à leurs milliards de passages-radio… Des chorales, des nappes, des paroles débiles, des mélodies racoleuses mais au final imparables c’est ce qu’il va désormais falloir attendre de Coldplay… Quoi que ?  Up in Flames, une merveille de sobriété et l’excellente Major Minus peuvent nous laisser espérer des lendemains qui chantent.

La rumeur parle de dernier album. Ce serait dommage de finir avec MX, car Coldplay et ses 50 millions d’albums vendus a marqué les années 2000 comme sûrement aucun autre groupe, en bien comme en mal à la différence d’autres… Mais le groupe a focalisé une grande partie de l’attention, de la presse et des fans devenus davantage “clients” qu’autre chose aujourd’hui. Car MX se consomme plus qu’il ne s’écoute au final, il n’a sûrement pas de grandes ambitions mais il atteint ses objectifs d’objet de distraction, au final très plaisant. Coldplay ne cherche plus à innover, les Anglais se complaisent dans la facilité : remplir des stades avec des hymnes pop plus ou moins grandioses et réussis. Le manque d’ambition et de profondeur est flagrant, on comprend où ils veulent en venir seulement après quelques écoutes… Mais pour les avoir vu cet été, on prend toujours un malin plaisir, peut être un peu coupable au début, à entendre les premières notes de Yellow, de Viva la Vida ou même celles de ETIAW et à voir Chris Martin sauter comme un cabri ou milieu de papillons en papier aux couleurs criardes… 

A la revoyure.