J’M83

Aujourd’hui M83 c’est un homme, un petit Frenchie d’Antibes exilé à L.A. depuis quelques années. Car aux US, à l’image de Phoenix au Madison Square Garden, la French Touch séduit, triomphe même, alors qu’Anthony Gonzalez, en France c’est davantage un mec qui a construit ta terrasse qu’une pop star en puissance. Il a quitté la côte d’Azur pour la West Coast : M83 c’est le rêve américain et HurryUp, We’reDreaming c’est mon album de l’année.
Phoenix on les connaît depuis leurs débuts et leur premier album United reste pour moi leur meilleur. Je ne vais pas être hypocrite, M83, il y trois semaines, je connaissais de nom, pas plus. Mais à la fin d’un épisode de la dernière saison de How to Make it in America, il y avait ce truc qui “sonne tube” dès les premières notes :
Note à moi même : How to Make it in America + M83 + “je préfère le premier album de Phoenix” ça fait beaucoup trop de hype pour trois lignes.
HurryUp, We’reDreaming est donc le sixième album de M83, pour la première fois Anthony Gonzalez est seul aux manettes après le départ de Nicolas Fromageau, pour la première fois il se met au chant, pour la première fois l’effort a donné un double-album de 22 titres. M83 suit cette tendance qui atteint beaucoup de groupes électro cette année: se mettre à la pop avec un certain succès (au hasard : JUSTICE, Yuksek, Metronomy, Cut Copy…).
22 titres c’est (souvent trop) long. Il faut du temps pour digérer 2x 11 morceaux. Si ça tient la route c’est un grand disque, sinon on écoute jamais le CD2. Résultat, c’est un grand disque, un disque de pop totale, complet, cohérent, simple, dont on ne se lasse jamais, la quintessence de l’électro-pop. Les 22 chansons se succèdent sans temps mort, sans morceau faible, ils rayonnent tous, chacun avec son ambiance et son étincelle propre.
De l’Intro magistrale à l’Outro majestueuse on vit une chevauchée fantastique vers les sommets de la pop musique. Tout est là (certains diront un peu trop d’ailleurs) : les super-tubes (Midnight CitySteve McQueenOK Pal), les love-songs délicates (Wait), les pop-songs psychédéliques (Claudia LewisYearOne/OneUFO) ou emphatiques (Soon my FriendMy Tears are Becoming a Sea), les morceaux concepts (Raconte-moi une HistoireEchoes of mine) ou les transitions chatoyantes (Train to PlutonFountains).
Les détracteurs ont argué du fait que Gonzalez avait réalisé un album d’une grandiloquence insupportable, aux accents 1980’s douteux. Je n’étais pas né dans les années 1980, pour moi cet album est simplement grand.
Je ne trouve rien à redire, tant cet album synthétise tout ce que j’attends.
Je vous laisse avec la Grande Évasion :
À la revoyure.