La science politique nuit à votre santé (mentale).

Le patron de Ryan Air étant prêt à vendre sa propre mère pour remplir ses avions, l’aller retour Edimbourg-Stockholm se trouvait suffisamment peu cher pour me permettre d’aller admirer la capitale suédoise pour quelques jours. Et de profiter de l’occasion pour voir John Maus dans une étrange salle au bord de l’eau et sous les ponts, le Debaser Slussen. Tout ceci en compagnie de mon hôte que je rebaptiserais Greenwoodsson pour l’occasion.
Première surprise à l’entrée de la salle : le monde qui afflue et qui ne peut que surprendre lorsqu’on sait à quel point l’homme est confidentiel. L’effet Pitchfork sans doute, qui a eu la bonne idée de classer le deuxième opus, We Must Become The Pitiless Censors of Ourselves, parmi les best new albums.
On ne s’étendra pas sur la première partie Gary Way, qui nous a servi une sorte de bouillie sonore même pas parfumée à la menthe. Une bonne heure s’est écoulée sans que l’on puisse vraiment comprendre quoi que ce soit. Du phaser, chorus et écho à n’en plus finir, il était impossible d’identifier ce que faisait la guitare et la voix par dessus la piste enregistrée très agressive qui était jouée. Alors pour le concept de mélodie, on repassera.
Entendons nous ensuite sur le cas John Maus. Lorsqu’on écoute l’album, qu’on regarde les photos et qu’on se documente un peu sur la personne, on imagine un docteur en sciences politiques – prof de philo à Hawaii bien propre sur lui nous jouer une new-wave dramatique mais distante, hypnotique à souhait avec pleins de musiciens et d’effets visuels derrière. Oui mais non. Un concert de John Maus, il faut le savoir, c’est exactement l’inverse.
Le bonhomme entre sur scène, règle le micro puis se met à s’arracher les cheveux, crie, saute sur place, se frappe violemment le visage. OK. Il enchaîne les chansons sans aucune pause et semble même passer volontairement les fins de chanson qui suscite moins de réaction du public qu’espéré. On ne sait pas très bien ce qui est souhaité, et ce qui est fortuit. Une chose est sûre, à trop intellectualiser un concert pareil, on passe à côté d’un grand moment de n’importe quoi, peut être une vraie performance artistique et sans doute surtout un bon gros exutoire. Alors c’est sûr, le spectateur n’en a pas pour son argent quantitativement parlant, 25 minutes c’est un peu court pour un concert, mais on a sans doute croisé la route d’un OVNI du concert, un artiste qui s’acharne à détruire systématiquement en live ce qu’il construit méticuleusement en studio. Un mec qui ne donne décidement pas dans la musique de top 40.
Donc voilà un aperçu. Et là il est sage en fait si l’on compare avec ce à quoi on a eu droit.