Los Epilepticos!

S’il y’a un truc qui est chouette au mois de Décembre, c’est quand même les tops de fin d’année. Qu’on aime ou non le principe, on peut pas franchement nier que ça permet au moins de lutter (un peu) contre l’effet zapping qui semble être une des caractéristiques de la décennie. Au moins grâce à ça, on a l’occasion de se replonger dans les disques qu’on écoutait au tout début d’année (et qui paraissent forcément être sortis en 2008, genre) ou alors mieux, vite vite découvrir qu’on en a laissé pleins alors que pourtant ‘c’est trop les meilleurs franchement’. Donc voilà comment -tout en préparant mon top de l’année bien sûr je suis sérieux vous croyez quoi- j’ai écouté le nouvel album de Los Campesinos!, un disque plutôt surprenant de leur part.
Déjà le titre de l’album interpelle légèrement : Hello Sadness. Alors, en fait, vous avez vendu vos glockenspiel et votre bonne humeur communicative ou c’est juste une bonne grosse blague (les Gallois aiment beaucoup l’auto-dérision, rappelez vous l’album précédent s’appelait quand même Romance Is Boring, parce que oui ils n’aiment pas parler d’amour, non pas du tout). Donc on écoute attentivement les premières notes, et on constate que leur style s’oriente définitivement vers de plus en plus de maturité et de moins en moins d’épilepsie. On constate aussi que la complexité des morceaux a encore progressé. Plus question de faire des chansons de moins de 2 minutes et surtout pas sur 4 accords. On se rappelle forcément le premier album et  le mythique ONE! TWO! THREE! FOUR! qui agressait les oreilles dès les premières secondes de Broken Heartbeats Sound Like Breakbeats et on se dit que finalement Los Campesinos! ne perd pas vraiment de sa puissance ni de sa violence même après 4 albums (les Gallois restent -sous des airs pop gentillets- un groupe de punk et on a tendance à l’oublier). Certes, l’ensemble paraît moins incontrôlable que les précédents albums et c’est sans doute la maturité qui parle.
Hello Sadness est en fait très proche de l’esprit de Romance Is Boring, c’est à dire un album mature en apparence mais jamais totalement stable, constamment prêt à exploser (ou imploser à défaut). C’est précisément cette tension entre refrains puissants et guitares sur le fil qui fait de Hello Sadness un excellent disque, mature mais jamais complètement désespéré, doté d’une vraie force intérieure.
Comme sur Romance Is Boring, on retrouve un excellent single, Songs About Your Girlfriend, qui montre une fois de plus (si c’était nécessaire) que les Gallois n’ont plus rien d’adolescents et peuvent  écrire des pop songs géniales et nerveuses sans avoir à se compromettre d’aucune manière.
Et si la tristesse est clairement le thème central du disque, elle s’exprime plus véritablement sous les traits d’une force désespérée qui peut venir d’un tel sentiment. Voir à ce titre Baby I Got The Death Rattle ou même Light Leaves, Dark Sees Pt II qui valent quand même mille fois mieux qu’une pleurnicherie inintéressante et morne. Et puis il y a quand même de sacrés riffs de guitare à l’intérieur.