Mixer de la soupe.

Alors que 2012 s’annonce déjà comme une bonne année musicale (une assomption qui est liée à 99% à la probable sortie du nouvel album de Franz Ferdinand, soyons honnête), il serait de bon ton de signaler déjà les sorties d’album qui m’ont rendu plutôt heureux. Le Stuck in the Sound m’a pour l’instant l’air sympathique, le Chairlift excellent et le Cloud Nothings un peu rébarbatif. Bien sûr rien de tout cela n’est définitif et si je me suis permis de rompre avec cette fascinante productivité qui fait que JNSPUF! publie désormais l’extraordinaire total de deux articles par mois, c’est avant tout pour tenter de faire partager les très troublants Black Dice.

Un coup d’oeil rapide à la discographie révèle des New-Yorkais stakhanovistes, enchaînant EP sur LP avec une régularité impressionnante. Cette discographie révèle également un groupe biscornu, réputé d’approche difficile, étrange et expérimental. Soit.

Je tente donc le grand saut et écoute Pigs, le “single” extrait de Mr Impossible, nouvel LP prévu pour avril prochain. A la première écoute, on se dit rapidement qu’il n’y a aucun moyen qu’un individu normalement constitué ne puisse décemment choisir de s’infliger un tel supplice. Et puis on se surprend à ré-écouter une fois “pour être sur”, puis une autre “pour rigoler un peu”. Sans avoir vraiment compris comment, on devient donc fou (c’est le mot) de cette voix aussi flippante qu’incompréhensible, de cette basse immonde qui ressemble à une pieuvre qu’on écrabouille, de cette rythmique aussi élaborée qu’un mec tapant sur un caillou avec un bâton, et surtout de ce son qui ressemble plus à un blender mixant de la soupe qu’à une guitare électrique digne de ce nom.

On se dit ensuite que 1. On ne sait pas comment Black Dice a réussi un truc pareil. Et 2. que cela signifie sans doute que Black Dice est soit très fort, soit très, très bizarre. Sans doute les deux.

En bonus : le clip, qui reste dans l’ambiance lui aussi.