I have a dream…

On avait beaucoup aimé Beach House l’année dernière, on sait maintenant que le prochain album est pour avril depuis une bourde de la maison de disque (voir ici). En fin d’année dernière sortait l’album des Youth Lagoon qui s’avérait encore plus réjouissant même si on le découvrait un petit peu en retard (voir ici). Le concert d’hier à Stockholm était d’ailleurs archi-comble mais sans moi, tachant de ne pas me faire piétiner au live de Justice… Tout ça pour dire que ces deux groupes peuvent être assimilé à ce qu’on appelle la Dream Pop, un genre éthéré, lascif et voluptueux, parfois un peu froid mais souvent très beau et mélancolique. On peut ranger pas mal de chose dans cette catégorie, il faut le dire.

Aujourd’hui trois nouveaux groupes, Memoryhouse, Mint Julep et The War on Drugs.

Memoryhouse ce sont deux canadiens, Denise et Evan, signés sur un label digital brestois nommé BEKO. Le résultat de l’alliance atlantique est plutôt éthéré, vaporeux mais surtout très réussi. Une voix féminine mi-diaphane, mi-ingénue vient se poser sur des mélodies pleines de langueur. Les morceaux cristallins (Old Haunts) ou plein de délicatesse (Pale Blue) côtoient quelques chansons plus pop (The Kids Were Wrong) mais toujours aussi lascives. Parfois ensoleillé (Punctum), parfois crépusculaire (Bonfire), mais toujours plein de grâce, le groupe Canadien excelle dans le registre mélancolique et réserve quelques finals Dreampop merveilleux (All Our Wonder) et beaucoup de ritournelles entêtantes.

 

 

 

Mint Julep ce n’est pas qu’un cocktail à la menthe c’est aussi un couple de Portland qui fait de la musique. Quoique le nom du groupe colle plutôt bien, Mint Julep c’est assez mentholé. Plus que de la Dreampop, les américains vagabondent du côté de l’electro en parsemant leurs compos de nappes synthétiques au clavier voire même à la guitare, laissant apercevoir quelques envolées assez “rock” (toutes proportions gardées). Tous les morceaux partagent ce son très détaché, aérien, portée une nouvelle fois par une voix féminine évanescente assez charmante. Des morceaux de Save Your Season se détache une fraîcheur indéniable sans tomber dans une froideur excessive, toujours en clair obscur.

 


Cassius
Je rajouterais à cette liste de dream pop parfaite les Américains de The War On Drugs que je ne découvre que maintenant (à mon plus grand regret). Je triche un peu là, parce qu’on est plus proche dans les faits d’une folk positive et psyché, mélancolique et pleine d’espoir. Mais puisque la définition de la dream pop est assez vague, autant en profiter pour parler d’un groupe qui me tient à coeur. L’idée toute simple mais géniale de The War On Drugs, c’est de reprendre les codes très normés de l’americana (Bob Dylan et Bruce Springsteen notamment) et de les pervertir à l’aide de sonorités psychotropes et euphorisantes. Et quand le chanteur nous rappelle parfois également l’exceptionnel Win Butler, un grand disque naît. Slave Ambient contient 12 morceaux aussi passionnants les uns que les autres, le tout formant le portrait tout en finesse d’un groupe injustement méconnu. Slave Ambient est l’album parfait pour rêvasser au volant d’une voiture qui n’existe que dans les films américains. Un paradis perdu accessible en quelque sorte.





 

Petite piqûre de rappel au cas où :

 

 

“Bonus Dreampop” from la BO de Drive: