Encore des geeks?

S’il y’a un truc qui est cool avec le fait de vivre en 2012, c’est que c’est plus facile d’assumer certaines manies. Au début des années 2000, certes tu pouvais collectionner les boîtes de camembert et on te disait rien (on jugeait en silence seulement), mais c’était pas évident d’avouer une passion pour les synthés des années 60, 70 et surtout 80. Bah si rappelle toi, on jurait que par les guitares qui elles ne mentaient pas.

Et puis on a eu toute une flopée de groupes geeks auto-proclamés pour nous vanter les mérites du synthétiseur analogique, et maintenant on se retrouve à pousser des soupirs en écoutant encore un groupe obsédé de synth-pop. Egyptology, le nouveau projet de deux français Olivier Lamm et Stéphane Laporte pourrait appartenir à cette catégorie, mais il est bien trop expert en la matière pour cela. Il faut dire que les deux se sont déjà bien rôdé depuis les années 90 au sein des groupes Domotic ou Olamm.

Pour résumer leur premier album The Skies, il faudrait dire qu’il est une double déclaration d’amour : à la fois aux instruments vieillis et authentiques, boîtes à rythme qui crépitent et synthés qui déconnent, mais également aux musiques triomphantes et épiques, façon générique TV ou films d’aventures.

Sur le fond, le plaisir de faire du bruit blanc et de bidouiller tous les boutons, et sur la forme, une sorte d’opéra pop grandiose et riche, qu’est-ce que ça donne au bout du compte ? Un album un peu particulier, qui scinde des chansons en 5 parties, en fait d’autres de 10 minutes, entrecoupe le tout de passages bruitistes et très (trop?) progressifs. On pourrait crier au massacre ou à l’indigestion, mais non, c’est un album classieux et modeste, qui ne tombe pas dans les travers de la pop épique et qui nourrit une richesse musicale exceptionnelle sur un format vraiment peu commun.  Et puis l’enchaînement Orbis Part I, 2 & 3 fonctionne vraiment bien.