I survived to Sébastien Tellier and Surkin’s radio

Deux disques m’ont marqué ces dernières semaines. D’un côté le majestueux My God Is Blue de Sébastien Tellier, et de l’autre USA Club Mixes de Surkin (surtout de ses petits copains, de fait). Plutôt que de faire deux chroniques élogieuses, bêtes et méchantes, je vais tenter de les confronter ici alors que tout les oppose.

Nous avons donc ici deux entités que tout oppose, même les artworks sont diamétralement opposés : bleu pour l’un, sombre et rouge pour l’autre (bravo à Gaspard Augé qui signe encore une fois une image impeccable sous le pseudo de Gaspirator). Je dois avouer que je me savais convaincu d’avance pour Sébastien Tellier, depuis quelques années que je le suis il ne m’a jamais déçu et toujours surpris. Là où USA de Surkin (l’album contenant les mixes d’origine) ne m’avait pas convaincu, sa révision m’a laissé sans voix. Il faut dire que les invités sont de choix : Rustie, le Club Cheval au complet sur une seule track, Jackson and his Computer Band, Das Glow, L-Vis 1990, Para-One (dont le LP “Passion” devrait bientôt pointer le bout de son nez sur Marble, un extrait de Lean On Me avec Teki Latex a été dévoilé sur le podcast 66 de Sound Pellegrino), Bok Bok, Brodinski, etc. Autant de remixes que d’invités ou presque, ça donne quelque chose de très très lourd. Un mégamix de Canblaster ouvre le LP, le ton est donné et la touche Marble est bien présente.

Tellier signe ici un album mégalo, produit par Mr. Flash du crew Ed Banger (encore une fois on reste assez éloigné de ce que proposent les morceaux d’USA Club Mixes). Tout est grandiose, tout est immense, l’Alliance Bleue est un projet fabuleux qu’il faut rejoindre pour défendre et admirer la liberté : voici ce qu’on nous offre sur un plateau d’argent. Il suffit de quelques clics sur Youtube pour remarquer que Sébastien Tellier est un original et que tout ceci n’est pas un coup de pub. “Yes, It’s Possible” à l’instrumentation aérienne, “My Poseidon” qui est mon coup de coeur, “Russian Attractions” qui incarne une folie à elle seule, et toutes ces paroles incohérentes. “Coiffeur pour lui, coiffeur pour elle, c’est quoi cette histoire de coiffeur ? C’est n’importe quoi”. Et oui c’est n’importe quoi, “mais c’est beau”. Souviens-toi c’est l’amour véritable.

Là où l’oeuvre de Surkin laisse la part belle à l’électronique et au mix de par son statut de DJ, Sébastien Tellier s’entoure d’instruments et et folie (sans compter Brodinski ou The Magician). Il faut donc avoir une approche différente pour les écouter, l’analyse n’est pas la même. Naturellement je me rangerais du côté des instruments de My God Is Blue, les notes de piano, les guitares en wah-wah, la basse qui groove, etc. mais USA Club Mixes élève vraiment le mix, l’électronique et les controleurs à un autre niveau. Surkin, de base, c’est déjà quelque chose, il fallait le voir retourner la foule et s’énerver sur ces machines aux Vieilles Charrues 2009 (si mes souvenirs sont exacts ils avaient lancé des feux d’artifices au tout début de son set, c’était pas franchement cool pour lui) ou encore écouter la montée de la bassline de Fan Out. Il m’est donc impossible de choisir, d’ailleurs personne n’a demandé de choisir. Ce sont deux disques m’ayant marqué, et qui permettent d’aborder les choses de manière originale (puisque My God Is Blue va au delà de la simple musique) et d’explorer intelligemment en faisant se croiser deux approches de la musique. Écouter les deux oeuvres en parrallèle est une expérience assez drôle. L’un a fait ses preuves sur la scène électronique mondiale et est actuellement très présent sur le label Marble, l’autre est totalement marginal et fan de Christophe, c’est plus sympa de voir les choses différemment non ?