Le ƒIN de John Talabot.

Disons que c’est la semaine des albums de l’année, même si ça fait un bon mois que je voulais aborder le sujet ƒIN. John Talabot, c’est un DJ barcelonais et ƒIN, sorti en début d’année, c’est bien entendu la première pierre à l’édifice de sa discographie. C’est surtout un condensé d’influences hétéroclites qui broyées et digérées donnent una pepita de 50 minutes. 

Depak Ine ouvre les portes de ƒIN avec un son crépusculaire et anxiogène. Premier titre à la profondeur assez malsaine, ce bricolage atteint le pari osé de se révéler peu à peu dance. C’est ce qui fait la force de John Talabot: marrier des ambiances sombres en gardant un côté dancefloor… mais un dancefloor glauque au possible: au milieu d’une Sagrada Familia qui résonnerait au son des synthétiseurs du barcelonais. Si bien que When the Past was the Present n’est pas sans rappeler un tube à la Moby. 

L’album est globalement glaçant plus que glacial, marqué par les claviers 80’s d’une New Wave froide, mais pas que. On retrouve cette vague glacée particulièrement sur tout le début de l’album avec une mention spéciale pour Destiny que la production madrilène de Pional (également présent sur le dernier titre) rend hypnotique au possible . 

John Talabot partage avec Caribou ce côté dance blanche et détachée mais alors que le Canadien arrive toujours à y insuffler une étincelle d’espoir, l’Espagnol se complaît dans ce côté sombre qui peuple les chansons de Suuns notamment. On ne peut pas non plus s’étonner que Talabot assure les premières parties du génial londonien SBTRKT, tant Missing You ou So Will be Now débordent de ce post-dubstep synthétique si entêtant. Au milieu de cet album au son menaçant: Journeys, une merveilleuse parenthèse psyche et naïve fait son apparition. Échappée des excellent Delorean (eux aussi espagnols), Ekhi vient prêter sa voix à ce morceau réjouissant, tout plein d’un aquatisme-floral on ne peut plus animalcollectivesque. 

Amateurs de post-dubstep, dance, new-wave, electro, pop psychédélique et les autres aussi, jetez-vous sans hésiter sur cet album qui s’écoute et se mange sans ƒIN.