À quoi bon changer…

Le duo de Baltimore Beach House revient deux ans après son excellent Teen Dream. Acclamés par la critique après leur dernier effort, Victoria Legrand (nièce de Michel) et Alex Scally sortent Bloom. Le bien nommé? (bloom=floraison/épanouissement) C’est un peu la question… C’est à coup sûr une nouvelle fois une jolie leçon de dream-pop sérieuse et appliquée. On ne change pas une recette qui gagne. Bloom n’est pas un séisme musical dans la discographie de Beach House. Il ne s’aventure pas bien loin de ce que nous avait dévoilé leur précédent opus. D’ailleurs Alex Scally déclarait il y a peu à Pitchfork: “I hate when bands change between records” (“je déteste que les groupes changent entre leurs disques”), et bien oui, ça se voit.

 

 

Bloom est pourtant sûrement plus ambitieux que Teen Dream, plus grandiose par moment, même si la surprise n’est plus vraiment au rendez-vous. Les Beach House sont brillants dans leur song-writting, ils ont cette grâce rare qui se suffit à elle-même. Mais l’album est globalement tout de même assez impressionnant par le seul fait qu’il parvient à surpasser Teen Dream dans le même registre. Et puis le duo peut toujours compter sur cette voix incroyable que Victoria Legrand vient poser négligemment sur leurs mélodies délicates, sur des arrangements à la sobriété bienvenue et sur une production à la propreté irréprochable.

L’album recèle son lot de pépites à commencer par Wild, parfaite illustration de leur génie mélodique, idéale pour chiller au printemps en Suède, face à la mer baltique… ou la simplicité désarmante de Other People, langoureuse et gorgée de soleil. La deuxième partie de l’album est particulièrement remarquable. Le final époustouflant de Troublemaker, les changements à la marge que dévoilent New Year dans leur manière de composer (chanson la plus aboutie de l’album avec un refrain magique) ou encore la majesté de Wishes.

 

 

Au final, ne faut-il pas avoir mieux un style bien particulier, s’y perfectionner et y exceller? Beach House, porte-étendard d’une dream-pop on ne peut plus réveuse ne prend certainement pas beaucoup de risques stylistiques, mais après tout, le plus important n’est-il pas de faire de bonnes chansons plutôt que de s’aventurer dans une croisade parfois bien vaine à la recherche DU nouveau son?